EXPOSITION TUNISIENNE
Escaliei- de la Mosquée de Sidi-Mahrès, à Tunis.
Notre occupation de la Tunisie date de 1881, et nous y avons conservé un régime de protectorat dont les avantages sont inappréciables. Le premier est d'en bannir la politique, et, Te second, de nous avoir fait accepter par les nationaux sans aucun esprit de révolte.
En vingt ans, le commerce extérieur a quadruplé et a dépassé 100 millions. Depuis 1887, les budgets se soldent en bénéfices, dont le total est de 33 millions. L'enseignement français se donne dans 135 établissements, fréquentés par 17.000 élèves dont beaucoup de musulmans parmi les garçons tout au moins, car les filles sont maintenues dans leur sainte ignorance. Les chemins de fer. les routes et les aménagements des eaux sont en développement constant.
Les avantages matériels ne sont pas au-dessous de l'excellente organisation administrative. Les terres se payent, mais un prix minime et avec de grandes facilités;
Tente de nomades, au pied du pavillon de la Manouba
1<|:PRODL'CT1i>N UES souks de TUNIS. au TROCADER'l
l'immatriculation donne à la propriété une sécurité absolue et de sérieuses facilités de mobilisation. La vigne, dont S.ooo hectares sont plantés, produit de bons vins. Les céréales et l'élevage donnent des profits assurés. Planter des oliviers, c'est placer à très gros intérêts.
La culture maraîchère est très rémunératrice. Les pêcheries, les phosphates, les carrières, les forêts de chênes-liège offrent à l'initiative industrielle de vastes horizons. La population est douce, le climat sain; il n'y a pas ombre de danger et réloignement de la France est insignifiant.
Et cependant 20.000 Français seulement, dont à peine 3.000 colons agricoles, habitent la Régence, tandis qu'on y compte 90.000 Italiens et Maltais. Cette indifférence ferait vraiment désespérer de notre faculté colonisatrice, si le mouvement ne commençait à s'accentuer; il y a neuf ans, cette population encore si faible était moitié moindre.
Seule de toutes nos administrations coloniales, celle de la Tunisie avait ouvert un bureau de renseignements capable de répondre de vive voix et par la remise de documents à toutes les questions sérieuses.
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LES COLONIES FRANÇAISES
PAILLOTES DU D Ail O M K Y TO U R D K S S U P P L I C K S A V B n M K \
M. Saladin, l'architecte en chef de l'exposition tunisienne, l'avait installée dans une série de monuments rappelant les édifices les plus curieux du pays. Ils entouraient une grande cour d'arrivée et en formaient plusieurs autres plus petites, d'un caractère local tout à fait réussi.
Le morceau principal était la mosquée de Sidi-Mahrès, de Tunis, qui contenait les produit > agricoles et à laquelle on accédait par un vaste perron. La reconstitution du pavillon de la Manouba avait été exécutée au Bardo même, parles ouvriers indigènes appelés «(7^(îc/z5, qui sculptent en pleine craie les méandres des arabesques et les entrelacements géométriques qui sont tout l'art musulman, à qui la reproduction de la Nature est interdite. Apportés dans des caisses, ces fragments de voûte aux arcades tréflées furent montés sur des colonnettes légères, et la réalité ne pouvait être représentée avec plus de fidélité.
On pénétrait dans l'enceinte par des portes reproduisant les plus célèbres du pays, comme celles de la Casbah et de la mosquée du Barbier de Kairouan. La porte Bab-Djeddid donnait accès aux rues couvertes des souks, qui sont la vie et la curiosité de Tunis. A Paris comme là-bas, sous le jour tombant des ouver-
turessupérieures des voûtes, dans des boutiques ressemblant aux alvéoles d'une ruche, empiétant sur l'irrégularité d'un sol i^aboteux, des marchandises amoncelées étaient vantées par des vendeurs obséquieux et loquaces, joignant volontiers le geste à la parole pour