LE VILLAGE RUSSE
NATIONS ET COLONIES ETRANGERES
TEREM RUSSE (CHAMBRE DES FEMMES) DU XVIl" SIECLE
l'immense épine dorsale du monstre sibérien.
Tout cela était largement exposé, le présent et l'avenir, pour que nul ne lïgnore plus. Les Français auraient pu penser que leur appoint était p our quelque chose dans cette prodigieuse expansion, si la brochure officielle n'avait pris soin de les ramener à la véritable compréhension de la situation en imprimant : '< Le total général des dépenses de construction du chemin de fer de Sibérie dépasse deux milliards; il aura été construit par les Russes, avec des capitaux russes. »
L'empereur de Russie est personnellement propriétaire de surfaces immenses ; une partie de la Sibérie lui. appartient. Les domaines impériaux, que ce soient les forêts du centre ou du nord, les terres transcaspiennes où se cultive le coton, la vigne de Crimée ou du Caucase, sont régis avec le plus grand soin par l'Administration des Apanages, qui occupait une salle spéciale. Toutes ces exploitations pouvaient être données aussi bien comme des modèles à imiter que comme exemples des rendements obtenus.
Malgré la meilleure volonté inspirée par le sujet et par le peintre, il était
impossible de ne pas regretter le prix du spectacle, qui aurait pu être gratuit, donné par le grand tableau de Gervex : le Coiironnemcnt du Tsar à Moscou.
La raideur des personnages de cette toile panoramique glaçait l'enthousiasme.
Les vues des puits de naphte, de l'industrie pétrolière et du temple des Adorateurs du feu, exposées dans la salle Nobel, étaient plus amusantes; et plus curieuse aussi la collection ■'-'-''■ des objets du culte thibétain,
LE PAVILLON DES APANAGES IMPÉRIAUX réunle par Ic princc Oulcht omskv ,
et des dieux des Bouriates et des Kalmouks. semblables aux Bouddhas de l'Inde.
Nous parlerons du Panorama transsibérien dans le chapitre des attractions. En sortant du palais, nous trouverons le village russe.
Entre les murailles du Kremlin et les galeries du Trocadéro, il avait été construit d'après les dessins du peintre Korovine, inspirés eux-mêmes par les anciennes habitations rurales des contrées du Nord. Ces pittoresques chalets, formés de troncs de sapins, contenaient l'exposition des objets de l'industrie rurale,
organisée sous le patronage de la rande- duchesse Serge, sœur de l'Impératrice de Russie.
Pour occuper leurs longues veillées
d'hiver, de nombreuses familles de paysans russes, artisans momentanés nommés koustari. se livrent à de petits travaux manuels qui leur rapportent un salaire d'autant plus mince que l'écoulement n'en est point assuré d'avance. Par la création de magasins centraux d'approvisionnement de matériaux et de vente, le Gouvernement les aide et les encourage de son mieux.
On pouvait voir et acheter les produits de cette industrie, tels qu'on les trouve aux foires de Russie : broderies aux vives couleurs, bois sculptés et dorés, cuirs et cornes curieusement travaillés, ivoires et bijoux, le tout d'une facture naïve, mais pleine de saveur, préférable aux essais de l'art moderne russe exposés dans une salle à part.
Une petite église contenait les objets du culte orthodoxe grec, d'une orfèvrerie surchargée. L'appartement qui attirait le plus l'attention était la reproduction d'un terem du xviT siècle, ou chambre réservée aux femmes dans les habitations des boyards. Elles y vivaient parées comme des idoles et éloignées de la vie guerrière et aventureuse de leur maître et seigneur.
DIVKRS COfRRlKRS DK POSTK EN RUSSIE
Puisqu'en partant de Moscou on arrive à Pékin, et que l'avant-propos du Guide officiel de la Russie faisait ressortir avec soin l'amitié sino-russe, que les derniers
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