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V U K DES PAVILLONS K T DU JARDIN CHINOIS

événements n'ont point trop démentie, il était naturel de passer de la Russie à la Chine, voisines au Trocadéro comme sur les cartes.

L'énigmatique Empire du Milieu, qui aurait dû s'abstenir pour être logique avec ses principes, avait au contraire organisé une exposition très importante et très jolie, il faut bien le dire, avec son jardin encadré de quatre constructions pittoresques et d'une porte monumentale.

La plus grande de ces constructions, qui contenait à l'étage supérieur le restaurant où le tllet de bœuf remplaçait les nids dliirondeUe, reproduisait partiellement une des portes de la Grande Muraille. Les meubles y montraient leurs ébènes ou leurs bois de fer incrustés de nacre, et les bronzes leurs foi'mes tourmentées. Une curieuse reproduction d'un enterrement de pêcheur faisait même pénétrer dans la vie intime des Célestes. Des costumes remarquables, triomphe de la soie brochée et brodée, occupaient un second pavillon. Deux autres étaient consacrés aux porcelaines anciennes et modernes. Toutes ces choses étaient bien fabriquées. Le Chinois ne se répand pas en inventions nombreuses; il ne faut pas lui demander des conceptions nouvelles, le champ de son imagination est clos; mais il soigne ce qu'il fait, et la valeur du temps ne compte pas pour lui.

Dans une rangée de petites boutiques, des artisans placides sculptaient dans

la stéatite, sorte de pierre savonneuse, de petites statuettes grimaçantes, qu'ils vendaient assez facilement aux passants.

L'art chinois est peu varié et sa fantaisie apparente ne sort pas de données toujours semblables. L'architecture a même été codifiée dans des lignes immuables où les toits se relèvent comme les tentes des anciens nomades. L'opposition estllagrante entre la pérennité des institutions et la fragilité des choses, et les mêmes objets se répètent à l'infini depuis des dizaines de siècles.

Les jardiniers chinois savent torturer de jeunes chênes de façon à maintenir nains des arbres destinés à devenir géants ; c'est le svmbole du caractère national, qui a un goût prononcé pour les ruines et les déformations de la nature.

C'est aussi la condamnation de la race. S'il ne s'ensuit pas que l'Europe ait le devoir d'aller imposer ses idées à main armée, au moins a-t-elle l'obligation de prendre les mesures nécessaires à la protection réelle de ses nationaux, qui ont le droit d'aller, en Chine comme ailleurs, exercer leur pacifique activité.

Tant est grand l'esprit de justice de nos foules qu'elles ne songeaient pas, même par des reproches, à rendre les Chinois de l'Exposition responsables des atrocités qui se perpétraient chez eux; tel est au contraire l'unique respect de ces gens pour la force, qu'ils en paraissaient plus surpris que reconnaissants.

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