VUE PRISE D AMONT
pont pour servir de débouché à sa gare de l'Esplanade, il fut décidé en prolongement de la rue de Constantine. Heureusement l'Exposition arrêta à temps ses grandes lignes : l'avenue et le pont à sa suite furent décidés en premier lieu et le projet de la rue de Constantine devint inutile. La Compagnie de l'Ouest fut dégagée de l'obligation de le construire, à charge de verser à l'Exposition une somme équivalente à ce qu'il aurait coûté.
Le 7 octobre 189(5, avec une solennité inusitée, eut lieu la pose de la première pierre du pont, et le Tsar Nicolas II le baptisa du nom de son père, Alexandre 111. L'Impératrice et le Président Félix Faure étaient à ses côtés; des jeunes filles de la haute société parisienne lui offrirent les hommages de la Ville, et la symbolique truelle d'or qu'il tenait à la main sembla faite pour cimenter l'alliance franco-russe. Ce fut un jour de fête nationale.
Le pont devait le commémorer. Il devait aussi, en joignant les deux rives sur lesquelles, pour la première fois, se déroulerait une Exposition, être digne des splendeurs attendues. Destiné à demeurer, il lui fallait enfin présenter des conditions parfaites de durée et d'utilité. Monumental et pratique, sa tache était double. Les plus résistants au principe, ceux mêmes qui ont suivi sa construction avec inquiétude, sont unanimes à le reconnaître aujourd'hui comme une des plus belles œuvres de ce genre qui se puissent voir.
La gloire en revient aux ingénieurs Resal et Alby, auteurs des calculs, aux architectes Cassien-Bernard et Cousin, chargés de la partie décorative. Il faut rendre aussi justice aux entrepreneurs et aux ouvriers qui ont mené les travaux avec une surprenante maestria.