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A CHINE ROTATIVE POUR JOURNAUX QUOTIDIENS

sur son vélin pourpre sans atténuer la splendeur de son ornementation et de ses enluminures.

Ce musée parlant du livre, organisé par M. Delalain, était complété par une série de volumes de toutes les époques, consacrés à l'histoire de l'imprimerie.

La gravure, la lithographie, les périodiques et les placards offraient des images d'autant plus frappantes que les mœurs de chaque époque y revivaient avec leurs représentations graphiques.

Depuis la fin du xv' jusqu'à la moitié du xix" siècle, une suite de reliures, réunies et disposées par M. Gruel avec un art qui lui est familier, montraient avec quel goût le cuir a été de tout temps doré et gaufré en France.

Une frise d'affiches mettait la note gaie de son art moderne le long des cloisons de la grande salle du rez-de-chaussée. Au premier étage, le musée se complétait par une collection de ces anciennes cartes aux ornementations si décoratives et de ces plans de villes à vol d'oiseau si pittoresques.

L'art du livre et celui de la reliure ont produit, dans la seconde moitié du XIX' siècle, plus de belles choses que dans toutes les époques précé-

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dentés; c'est une histoire à écrire, et les preuves à l'appui s'accumuleraient facilement.

Les machines à imprimer n'attiraient pas la curiosité comme dans la grande Galerie de i88q, et il était difficile d'en discerner les causes, car un bon nombre étaient fort intéressantes. Les machines à journaux sont arrivées à une simplification de rouages d'autant plus remarquable que leur puissance de production s'accroît en proportion de cette simplicité.

L'Allemagne présentait des instruments d'une fabrication parfaite, pour les plus petits comme pour les colosses. On y sentait une union intime de prospérité entre la fabrication et l'édition.

Dans une annexe du quinconce des Invalides, placée là on ne savait pourquoi, les Américains montraient des machines à composer d'apparence pratique, au milieu d'une atmosphère industrielle où les ouvriers semblaient exercer le métier en dilettanti.

Sa Majesté Notre Imprimerie Nationale, dans un vaste salon, étalait avec gloire sa majestueuse infériorité. Ne pouvant pas toujours produire ses caractères orientaux, reconnus une bonne fois et tant de fois pour parfaits, elle avait pensé sauver la mise en demandant au savant iconographe A. Claudin une Histoire de ]' iinpritneric du W an xvT siècle. De beaux caractères fixaient sur le beau papier d'un bel in-4" un texte assurément digne de louanges, mais quand la difficulté

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commençait pour les hors-texte en couleur, elle n'était pas vaincue, oh non ! et l'ouvrage '< décidé par M. le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, pour l'Exposition de iQoo // n'avait naturellement, pour la date solennellement indiquée, que son premier volume de prêt. Ce qui n'empêchait pas les parois du salon d'être totalement, pompeusement et naïvement couvertes — tous ces adverbes joints font administrativement bien — de petits lac-similés au trait rappelant les bâtons ilottant sur l'onde.

Des reproductions répétées à satiété d'ornements de Cholïard — nouveauté datant de 1786 — n'étaient pas pour adoucir la tristesse de ce spectacle. Et voilà quel était notre Conservatoire de l'Art tvpographique quand, à deux pas, l'Imprimerie de la Cour de Vienne et l'Imprimerie impériale de Saint-Pétersbourg montraient de véritables merveilles.

Voici ce que M. Robert de La Sizeranne dit en tête d'un admirable volume que vient d'éditer le Photo-Club de Paris:

« La photographie n'avait promis que des images, et elle a l'ait des découvertes; qu'un souvenir, et elle a suscité des divinations... Elle a contrôlé la marche des machines, compté les vibrations des insectes, dénoncé de fausses empreintes,

analysé des trajectoires, relevé du haut des ballons des plans cadastraux... Elle a pénétré les visages différents des frères et des sœurs jusqu'à cette face invisible : le type unique de famille. Elle a découvert dans les fresques de Michel-Ange de nouvelles ligures et, dans le ciel, des étoiles nouvelles... Enfin, elle a dépassé les promesses de la science. Elle ne nous avait promis que de la vérité; elle nous a donné de la Beauté. »

Ce beau langage n'est pas au-dessus de la vérité. Chez toutes les nations, et en France pas moins qu'ailleurs, l'exposition photographique, dans ses résultats directs comme dans ses applications, a produit une infinité de choses qui sont des chefs-d'œuvre. Chaque jour amène un progrès nouveau, et la lutte où professionnels et amateurs se disputent la victoire, promet d'être féconde.

L'exposition rétrospective, qui ne pouvait remonter bien haut pourcette science

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si avancée malgré sa jeunesse, montrait, entre autres curiosités, des épreuves dagucrriennes de 1845, réunissant deux cent soixante-une petites têtes d'une netteté parfaite, et des épreuves obtenues en 1870 par Ducos de Hauron, oîi tout le procédé des trois couleurs était déjà nettement appliqué.

Les éléments de l'histoire, du matériel et de la mise en scène de l'art théâtral avaient été groupés d'une façon qui aurait pu être plus somptueuse. Il eût été facile de rendre plus hospitalière l'obscurité nécessaire de ces galeries, où les décors devaient ressortir en lumière. Les grandes maquettes d'Amable, de Carpezat et de Jambon étaient sèchement présentées, avec des premiers plans mal soignés et des explications nulles.

Les amateurs remarquaient, parmi les petites maquettes de la partie rétrospective, les décors de la Favorite, par Cambon ; de la Source, par Chéret ; de Patrie, par Poisson; de la Farandole, par Lavastre ; de Faust, par Rubé; de Messidor, par Bailly; de Notre-Dame de Paris, par Chaperon. Ils s'amusaient des jolies poupées représentant Molière dans Arnolphe (i0b2i; Jeliotte dans Thésée (1744); Lekain dans Gengis-Khan (1755), ^t les avatars successifs à' A nui de sous les traits de M'"" Le Rochois (1686), et Maillard (1787-1803).

A considérer la reconstitution de la chambre de M"' Mars, dont le mobilier avait été donné par Napoléon, il fallait reconnaître que lartiste était bien modeste, ou le souverain peu généreux.

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