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I.F.S FILS. TISSUS ET VETEMENTS

LK TROXK DE CHARLES X A L E X P O S I 1' I U N R E T R O S H E C T 1 V E DES ETOFFES

Il s'agit ici des toilettes de haut luxe, qui sont comme les beaux équipages : la foule intelligente les admire sans mauvaise 'envie ; c'est de l'argent qui roule.

Le propre de notre époque, nous montrait encore l'Exposition, est d'avoir démocratisé le luxe. La soie pourpre valait exactement son poids d'or (^.400 francs le kilog.), sous Dioclétien. Moins chère, la soie était encore employée sans mélange pour les robes de nos grand'mères. Aujourd'hui elle n'entre parfois que pour 10 pour 100 en poids dans des tissus de coton ou de laine. Elle y produit un joli effet. En descendant encore les prix, on sait à quel bon marché atteignent des étoffes très convenables. C'est un mal, diront les esprits chagrins ; c'est un bien, répondront les autres. La ménagère qui s'habille avec soin tiendra à donner au logis les agréments d'où découlent les vertus familiales.

Le palais du vêtement montrait d'autres progrès. 11 faut bien couvrir sa tête et protéger ses pieds. A quel prix les progrès de la machine permettent-ils de le faire aujourd'hui! Et ces étoffes où se découpent à la grosse des confections encore confortables, n'ont-elles pas contribué à donner aux foules françaises leur aspect actuel de propreté qui séduisait tant les étrangers?

L'industrie moderne met à la portée de tout le monde une décence de vêtement qui s'allie avec le respect de soimême. Chaque chose a son mauvais côté. Quand le bien l'emporte, il ne faut pas voir ce qu'il y a de moins bon, ou même parfois de ridicule, dans le plus léger plateau de la balance.

Bien que l'impression des étoffes

fût connue de toute antiquité, elle

était surtout pratiquée en Perse et dans

l'Inde; d'où les noms d'indienne et de

perse restés en usage. La première

fabrique d'indienne s'établit en France

en 17s 7. mais on sait que ce fut

Oberkampf le véritable créateur de

cette industrie, dans son usine de

Jouy-en-Josas, d'où sortaient les

fameuses « toiles de Jouy ». Napoléon

allait volontiers le visiter en voisin et

le félicitait de faire " mieux que lui » la

guerre aux Anglais.

Le véritable auteur des principes de la filature mécanique, d'où naquit le tissage

à la machine, fut Philippe de Girard, de Vaucluse. L'Empereur y fut aussi pour

quelque chose, ayant promis une prime d'un million à l'inventeur. Mais Philippe

de Girard n'eut pas la destinée heureuse d'Oberkampf.

On connaît la révolution opérée par les métiers Jacquard, toujours sous le premier Empire, et aussi par Richard-Lenoir.

En 1830, deux Français encore inventèrent, Heilmann, la machine à broder, et Barthélémy Thimonnier, la machine à coudre.

Si elles furent appliquées en grand à l'éti^anger, en Angleterre surtout (on y compte aujourd'hui cinquante millions de broches contre six millions chez nous), c'est de France que partirent toutes les inventions capitales qui devaient transformer l'industrie textile.

Le Musée rétrospectif aurait pu le marquer de façon plus éclatante. 11 avait tout au moins une importance proportionnée à celle du groupe.

Quatre petits salons d'angle avaient été ménagés dans la salle centrale du palais, d'où partaient les escaliers du premier étage. Sur leurs parois et dans des vitrines se pressait une multitude de pièces d'étoffes dont beaucoup avaient une histoire; les

LE BOSQUET DE NARCtSSE

(2">« salle de l'exposition rétrospective des étoffes.]

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