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LA FOIRK DE TOURCOING AU XV"- SIECLE

(Reproduction en figures du jeton de la chambre de commerce.)

abeilles de l'Empire voisinaient avec les fleurs de lis de la Royauté, le trône de Charles X était entouré des tentures mêmes de la salle du trône des Tuileries. Des drapeaux et des étendards se mariaient à des vêtements sacerdotaux surchargés de broderies.

Le musée se continuait dans une seconde salle en retour et de décoration imprévue.

Narcisse s'y mirait dans un bosquet de treillages Pompadour, sans doute pour exprimer que si la beauté nue est attirante, elle plaît encore davantage quand elle est bien habillée.

Dans cette salle, les collectionneurs s'étaient donné rendez -vous pour y remplir de nombreuses vitrines. Éventails, breloques de montres, boutons emblé-matiques de l'époque révolutionnaire ou couverts de perles contemporaines de l'ancien régime, manches de parapluies, châtelaines, boucles de ceintures, peignes et diadèmes, lorgnettes, parasols, gants brodés, jolis bonnets de femme et vilains chapeaux d'homme, mille objets dont la seule nomenclature fait deviner l'amusement.

Une collection de sonnettes était d'autant plus en situation qu'elles affectaient la forme des costumes d'antan.

Une chronologique exposition de vêtements commençait au xviii* siècle avec des habits plus originaux que somptueux, passait par le Directoire peu étoffé, montrait les lourds costumes de gala de Napoléon et de sa cour, avec le mantelet de baptême du roi de Rome, s'attendrissait aux dernières robes portées aux Tuileries par la duchesse de Berry et faisait l'éloge de nos grand'mères. Pour avoir inspiré des passions, de 1S30 à 1845, sous des falbalas d'une pareille coupe, elles devaient être bien aimables! La note comique était donnée par les crinolines et les bavolets du second Empire et par un chapeau de Napoléon i"', de haute forme celui-là et en soie — déjà!

Rappelons aussi l'aspect des Galènes Modernes, oi;i se pressaient, dans toutes les classes, une étonnante quantité de vitrines toutes remplies de choses attirantes et douces aux yeux.

Aussitôt franchi la porte Rapp, les soieries de Lyon développaient autour d'un vaste salon une exposition collective dont la richesse générale ne faisait que mieux ressortir les mérites particuliers de chaque exposant.

Dans cette ville de labeur perpétuel, où l'on \-oit des raisons sociales comme <' Le petit-fils de... >/, parmi ces hommes d'initiative qui n'hésitent pas à envoyer dans les pays lointains des missions d'exploration commerciale, il existe des traditions fidèles qui donnent à la fabrication ce cachet d'art particulier par lequel les soieries lyonnaises se reconnaissent à première vue.

Malgré les concessions nécessaires au goût du jour, qui s'éloigne des somptuosités

d'autrefois, la fabrication française a conservé cette apparence de solidité qui provient de la franchise des matières premières employées.

Saint-Etienne, dans un salon élégant, montrait son incomparable virtuosité d'exécution, qui lui permet de produire des rubans jolis à miracle pour cies prix minimes.

La soierie française se montrait à la hauteur de son rôle, car elle produit à elle seule le tiers des étoffes de soie du monde entier.

La laine avait somptueusement encadré ses produits. Une peinture murale couvrait l'immense tympan du porche sur le Champ de Mars, et la petite reproduction que nous pouvons en donner reproduit bien imparfaitement l'effet de cette large composition.

Le jeton de présence de la Chambre de Commerce de Tourcoing commémore une ordonnance de 1491 par laquelle Maximilien d'Autriche y instituait le 25 juillet de chaque année une foire franche pour les draps. La Chambre avait eu l'originale idée de faire revivre cette foire dans un tableau animé de personnages en cire habillés à la mode du temps. Honneur oblige, et notre industrie du drap ne se dérobe pas à l'obligation.

Le coton se filait devant le public par quelques machines très regardées. Ce sont ses tissus qui ont subi depuis peu d'années les plus grandes transformations et qui sont appelés à se développer encore. Ils pourraient être chez nous d'une production dix fois supérieure à ce qu'elle est aujourd'hui sans dépasser encore celle de

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