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LA FAMILLE ET LES AMIS DE NATTIEB, PORTRAITS AU CRAYON PAR LE MAITRE

(Colleclion Pierre Deeourccllc.)

fondation récente et qui vont être complétées par des écoles d'apprentissage pour toutes les industries mères. Les Ecoles Diderot et Dorian sont consacrées particulièrement au fer et au bois, l'École Boule aux industries de l'ameublement, l'École Estienne à celles du livre. Il existe une École spéciale de phvsique et de chimie appliquées. Les Écoles Germain-Pilon et Bernard- Palissv enseignent le dessin d'ornement et ses applications. Six écoles apprennent aux jeunes filles tous les métiers des modes, de la lingerie, des Heurs et plumes, si variés dans les multiples divisions du travail.

Des bibliothèques municipales, un musée pédagogique, des cours, des excursions scolaires complètent cet ensemble, auquel rien ne pourrait être comparé.

Aussi la récolte est en proportion de la semence. Si les galeries du pavillon de la Ville de Paris montraient une étonnante collection de tra\aux d'élèves à qui rien ne semble étranger dans le domaine pratique et décoratif, le résultat s'amplifiait

L'EXPOSITION DU SIKCLE

dans l'Exposition tout entière. Depuis les délicats objets de la mode jusqu'aux décorations colossales des monuments, à travers toutes les classes de l'industrie, l'art des ouvriers parisiens affirmait sa maîtrise.

Les services de l'Architecture, de la Voirie et des Promenades publiques exposaient de nombreux plans d'architecture paysagère et monumentale. Si la ville de Paris est sans rivale pour la première, les nombreuses vues d'édifices publics exposées dans les sections étrangères des Beaux-Arts et du Génie civil auront permis des comparaisons dont elle fera sans doute son profit pour l'avenir. Non pas que les monuments élevés par ses soins manquent de grâce, ils en ont une plutôt légère; ni de proportion, car ils sont adaptés au milieu qui les entoure; ni de confortable, car les dispositions intérieures sont plutôt luxueuses; ni de choix de matériaux, car ils y sont quintessenciés; ni d'art, car il y abonde dans les détails. Quoi alors? On y voudrait souvent plus de majesté. Pour donner la sensation indispensable de la durée, les monuments publics ne doivent pas craindre de paraître puissants.

Parmi la série des plans où toute la vie de Paris est consignée avec tant de soin, une grande carte faisait ressortir en petits carrés rouges toutes les constructions édifiées depuis 1870. L'aspect en était stupéfiant, particulièrement pour les VllL', XVI" et XVIL arrondissements, mais aussi pour tous les autres, à faire croire que Paris a été reconstruit depuis trente ans. 11 a été dans tous les cas augmenté, aéré, embelli, et l'œuvre d'Haussmann et d'Alphand se continue sans interruption.

Le service des travaux historiques a la charge de conserver le souvenir d'un passé que tant de changements pourraient faire disparaître. 11 s'en acquitte avec un zèle dont les quarante volumes exposés de l'Histoire gcncralc de Pciris, avec leurs innombrables planches, étaient le meilleur témoignage. Quelle France revivrait si les municipalités des grandes villes imitaient cet exemple et si le Gouver-

TiiOMIRE ET ODiOT : Le IhTct'Ju Ju roi .fc- Rome.

Daprts les dessins de Prudhon, offert par la Ville de Pans

à Napoléon.

(Prête par S. M. l'Empereur d'Autriclie-Hongrie.)

LE PAVILLON DE LA VILLE DE PARIS

nement encourageait le moiu'ement !

La direction des Beaux- Arts exposait les maquettes des artistes pour les grandes décorations exécutées dans les mairies et principalement à l'Hôtel de Ville. Ces petits tableaux, d'une facture libre et colorée, volontiers plus expressifs que les grandes toiles, montraient avec quel éclectisme éclairé la Ville sait rendre hommage à tous les talents. Aucun parti pris d'école; le seul désir d'approprier les sujets à la manière des maîtres. Le nombre, la variété, la valeur

Le l'jssjg-c des l'jiinrjmjs en /.ïy 7. (Collcclion Albert Lclimann.)

DEBUCOURT ; I.e Marché Jes Iniwcenls en /.S'oo. {Colk'ctioii de M'"» Edmond .Imibert.)

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JE

iSABEY : M'"" la duchesse J'Orleans.

{Collection Doistau.)

DUO u Aïs : Portrait de jy'"» Du isarry, (Collection Albert Lehmann.)

HOUDO.N : Buste de Mirabeau.

(Collection Ch. Delagrave.)

DAVID : liarrere à la tribune.

(Collection du B^"' Lambert.)

LE PAVILLON DE LA VILLE DE PARIS

l-c .icpLirl des coiiscnls en / .Vu -, (CulleiMioii Albert l.ehmaiin.)

de ces belles œuvres honoraient presque au même titre que les artistes l'Administration qui les avait commandées. Réunies ainsi pour la première fois, elles formaient un étonnant musée, préparant dignement le visiteur à l'enchantement

Bosio : Le Pavillnn de Hanovre en / 777. (Collcciion Uoislau.J

MALLET ; Mjttnct' musicale en / 7.^9. (Collection J. Strauss.)

qui l'attendait dans les salles suivantes s'ouvrant sur la Seine.

Là, M. Georges Gain, conservateur du musée Garnavalet, avait organisé l'Exposition rétrospective de la Ville de Paris avec une ardeur communicative qui avait entraîné tous les collectionneurs. Le succès qui s'affirmait dès les premiers pas s'augmentait jusqu'à l'enthousiasme, au fur et à mesure qu'on avançait au milieu de ces délicates merveilles.

Tous les objets exposés là étaient à donner envie de les voler; on ne se contentait pas de les caresser des yeux; on aurait voulu les toucher, les manier avec tendresse. Quelle finesse, quelle intimité, quelle grâce, quelle énumération à la Sévigné faudrait-il empIo3-er pour qualifier ces portraits aux figures vivantes, ces bustes prêts à parler, ces scènes où battait la vie publique et la vie familiale de Paris, ces objets dont chacun avait son histoire ! De tout cela naissait le sentiment même qui

avait animé tous les personnages évoqués et t|ui se communiquait avec force : le violent amour de Paris. Son apothéose était là peut-être plus durable que dans tous les monuments qui se profihiient aux alentours.

Paris spirituel et simple, railleur et bon enfant; Paris à jeun ou gourmand; Paris doux et terrible des heures de fête et des journées de

BOILLY : ;,e C.i/V /un- l'H /.V1.1O'. (Collection Georges I.utz.) gUCrrC ; PariS UOblC et

LE PAVILLON DE LA VII, LE DE PARIS

3oi

populaire, quintessencic et délicieusement bourgeois; Paris joyeux ou boudeur, généreux quand même ; Paris aux jolies femmes et aux hommes qui les chérissent ; Paris tel qu'il a fait ses artistes et tel que ses artistes l'ont fait, le Paris de la royauté, de l'empire, des républiques, toujours le Paris de la France; le Paris enfin du monde entier, et les 505 numéros de ce musée, qu'il faudrait tous citer, expliquaient pourquoi les bords [de la Seine sont la seconde patrie de tous les hommes : on aime ce qui est aimable.

FRAciONARD : l-'.uic!ion la viclUiise. (Culk-ttioii Albert I.chmann.)

PORCHE CENTRAL DU PALAIS DES ARMEES DE TERRE ET DE MER OUVRANT SUR LA PASSERELLE DE LA SEINE

LE

PALAIS DES ARMEES DE TERRE ET DE MER

Puisque Cuba, les Philippines, le Transvaal et la Chine sont venus éclabousser de sangles derniers jours du siècle et reculer l'espoir qu'avaient fait naître trente ans de paix européenne, puisque les peuples semblent encore condamnés à immobiliser la meilleure part de leurs forces vives et à voir leurs budgets écrasés de charges folles, puisque la guerre est toujours inscrite au passif de l'humanité, un palais devait être réservé aux Armées de terre et de mer.

11 ouvrait sur la Seine l'arche féodale de son porche de forteresse, et son interminable façade de 340 mètres écrasait les rêves sous son imposante lourdeur.

Peu s'en fallut qu'il ne restât à l'état d'ébauche. Le premier projet de MM. Aubertin et Umbdenstock comportait à l'exti'émité d'aval le château de

LE PALAIS DES ARMÉES DE TERRE ET DE MER

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