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PORCELAINE DURE

SOUS couverte ù grand feu.

Abandonner les armatures métalliques et produire d'un seul jet, sans raccorder des sections fragmentaires avec des tiges de fer, des pièces dont quelques-unes ont déjà atteint i^jSo de hauteur.

A ces modifications de la fabrication ajouter une technique nouvelle, enrichissant les palettes de nuances délicates et invitant les artistes à interpréter plus librement la nature.

Reprendre la tradition du xviir siècle pour la reproduction en biscuit des œuvres de la statuaire, aucune matière ne se rapprochant de plus près du marbre et n'étant mieux susceptible, pour les petites statuettes et les surtouts de table, de se plier aux plus gracieux effets.

Enfin Sèvres voulut employer à son tour le grès cérame, cette pâte à la mode, après lui avoir donné les qualités nécessaires pour recevoir les mêmes colorations et la même imperméabilité que la porcelaine dure. Une cheminée haute de 7 mètres, d'après les cartons de M. Paul Sédille et ornée de figures modelées par André

AUar, montra le parti qu'on en pouvait tirer pour les décorations intérieures, malgré tout un peu froides. La grande frise de M. Joseph Blanc, qui développe pendant 90 mètres sur la façade d'Antin du Grand Palais des Beaux-Arts des bas-reliefs colorés d'un si heureux éclat, est également l'œuvre de la Manufacture.

Il faut se garder d'oublier les œuvres en pâte de verre dues à Henri Gros, qui travaille aujourd'hui à Sèvres. Gette matière, qui tient du marbre et de l'albâtre, avec des nuances de transparence qui lui sont propres, se prête aux œuvres de poésie, et cet artiste est un poète qui s'en sert pour fixer l'idéal de ses conceptions.

Le vaste programme de Sèvres s'est donc trouvé rempli avec autant de décision qu'il avait ^ • . , r . . „,• ■ ^ , j -, ^ c^ été conçu. Son exposition a été un

Travée de la façade du Palais proietiS pour exposer les produits de Sevrés, > r-

exécutée en grès cérame et placée à l'entrée de la rue de l'Esplanade. ôtnnn(^mpnt m r QOn imnnrtnnre

M. Coutan, st.ituaire; M. Ch. Rislcr, architecte. eXOnnemCni pal SUn lIIipUlldllCL

L'ART DECORATIF FRANÇAIS

et sa variété. Le succès fut complet. Par la supériorité de ses produits, la Manufacture nationale donnait bien à l'industrie céramique les exemples de beauté qu'elle lui devait.

Pour l'accomplissement de la même tâche et sous la direction de M. J.-J. Guiffrey, les Gobelins avaient, avec une heureuse discrétion, ajouté quelques idées nouvelles aux principes de leur ancienne noblesse.

Ils avaient tenu à honneur de montrer qu'ils se maintenaient dans les traditions de leur fondateur Charles Lebrun, mais qu'ils n'étaient point rebelles aux nouvelles aspirations de l'art moderne.

Un cadre contenait des laines teintes exclusivement avec la cochenille, la garance, la gaude et l'indigo, sans aucune introduction chimique, dans les six gammes élémentaires. Ces gammes en violet, bleu, vert, jaune, oi"ange et rouge se subdivisaient chacune en douze degrés, de sorte que la palette actuelle des Gobelins semble être de soixante-douze tons. Bien qu'il y ait une heureuse diminution sur les variations innombrables cataloguées par Chevreul, accrues depuis jusqu'à 14.172 nuances, c'est encore trop; les teinturiers d'autrefois cherchaient moins de combinaisons.

La question semble en effet jugée, de savoir si la tapisserie doit s'efforcer ou non de copier la peinture. Elle ne le doit assurément pas. Ces effets de trompe-l'œil peuvent être amusants un instant, mais ils dénaturent un art qui veut précisément, même dans les figures, conserver des lignes franchement

LA SIKENE ET LE POIiTE

Tapisserie des Gobelins, d'après Gustave Moreau.

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