CHAMBRE A COUCHER DE L EPOQUE DE LOUIS-PHILIPPE
Une substance qu'un succès subit a fait prendre pour nouvelle, le grès, aidera à ce développement. Cette glaise mélangée de sable mérite d'ailleurs sa vogue.
Les glaises varient, les sables de même, aussi les proportions de leur mélange et les manières de leur cuisson. Sous des aspects ainsi très variés, le grès conserve toujours un caractère général de propreté, de solidité et de fraîcheur. C'est une matière un peu rude, mais franche, qui prend des reflets métalliques et des colorations des plus inattendues et, comme l'initiateur Carriès l'a prouvé, permet de donner à la reproduction de la figuie humaine un aspect de vérité auquel ni la porcelaine ni la faïence ne sauraient atteindre. Enfin, c'est une matière de décoration architecturale au même titre que le granit et le marbre. Ce sont bien des qualités qui lui ménagent un bel avenir.
L'Exposition en montrait donc une grande quantité, grès durs, grès émaillés au grand feu, grès flammés de nuances très variées mais plutôt sombres, sauf ceux de M. Michel Cazin, dont les grands vases trapus et bien d'aplomb avaient des colorations tendres d'une rare fraîcheur.
M. Emile Muller, à qui l'on doit la frise des ouvriers de la porte Binet et qui avait, dans les galeries de pourtour du palais d'en face, reproduit avec autant d'audace que de bonheur la grande frise des lions du palais d'Artaxercès Mnemon, rapportée de Suse et reconstruite au Louvre par M. et M'"" Dieulafoy, exposait ici une série d'applications du grès. D'abord une œuvre allégorique d'injalbert, tour-