LE QUAI DES NATIONS
LA RUE DES NATIONS
La rue des Nations n'aui"a pas seulement été une incomparable réunion de palais où tous les styles se sont donné rendez-vous pour le plaisir des yeux ; elle demeurera une manifestation unanime et touchante du monde civilisé venant fêter sur les bords de la Seine l'étape marquée par le xix' siècle dans la marche du progrès.
La France a accueilli comme elle le devait les puissances qui ont répondu ainsi à son appel. Elle leur a donné le plus bel emplacement de l'Exposition ; elle s'est effacée devant elles, n'opposant à leurs palais que des serres où .l'on cultive les fleurs. Pendant six mois les peuples ont vécu côte à côte dans le voisinage de leurs produits, de leurs habitudes, de leurs œuvres d'art et de leurs aspirations. Dans aucune Exposition la fusion ne fut aussi intime, ni le rapprochement aussi saisissant.
11 paraît impossible qu'il ne s'ensuive pas une oeuvre de paix. Ce sera pour la France un rare honneur qu'elle ait pris naissance à Paris.
Les hypothèses d'importance des participations officielles basées sur les relations politiques avec la France ont été démenties par les faits. Ce fut une manifestation internationale de pleine indépendance sur un terrain neutre.
Quant aux merveilles accumulées sur le quai d'Orsay à jamais fameux, à la variété des enseignements aimablement présentés, à la prestigieuse vision des façades sur la Seine, la pensée en conservera un ineffaçable souvenir.
Pour visiter ce pays idéal, nous entrerons par la porte du pont des Invalides et nous descendrons le cours du lleuve.
SIECLE