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LE PALAIS DE LITALIE

Le premier palais, ouvrant magnifiquement la voie, était celui de l'Italie, édifié par MM. Cepi, Gilodi et Salvadori, dans le style gothique de transition, qui n'a laissé que de rares monuments dans la péninsule avant l'épanouissement de la Renaissance.

Ce palais reproduisait sur chacune de ses façades la porte délia Carta qui ouvre sur l'escalier des Géants du palais des Doges de Venise. Les dômes dorés étaient ceux de Saint-Marc. Les innombrables statues avaient été moulées sur les chefs-d'œuvre de la même époque. 11 couvrait une superficie de 2^ ares, et l'aigle du sommet prenait son vol à 46 mètres du sol.

Cette ampleur n'empêchait pas toutes les surfaces d'être littéralement couvertes de sculptures délicates, fouillées dans le staff comme elles l'auraient été dans la

LA RUE DES NATIONS

pierre du xV siècle et peintes à la mode vénitienne. L'immense édifice apparaissait tout entier comme une châsse d'orfèvrerie.

A l'intérieur, le loyalisme italien s'affirmait par les portraits en pied du roi et de la reine, du prince et de la princesse de Naples. Un crime odieux devait bientôt voiler d'un crêpe la première toile.

Les objets exposés ne se montraient pas à la hauteur du cadre. Des faïences et encore des faïences, des verres et des verroteries, des cuivres et de petits bronzes, le tout dans une forme tourmentée avec des couleurs criardes. Exposées avec une pareille solennité sous l'œil des souverains, ces marchandises affirmaient malencontreusement les tendances actuelles de l'art décoratif italien oublieux de son passé.

Une galerie de premier étage contournant le palais contenait les expositions des écoles d'art et d'industrie et des plans de travaux publics. La splendeur du local les faisait paraître moins intéressantes qu'elles ne l'étaient en réalité.

Le pavillon ottoman était de proportions colossales, avec quatre étages intérieurs et une terrasse supérieui'e de 700 mètres carrés. Son architecte, M. René Dubuisson, s'était inspiré des parties essentielles des plus beaux monuments de Constantinople, en particulier de la mosquée Suleyman, du milieu du XVII" siècle, considérée comme l'apogée du style turc. Son grand arc sur la Seine, emprunté à lo mosquée de Caït-Be}', s'élevait à 20 mètres de hauteur.

Si le temps l'eût permis, l'aspect uniformément blanc du monument eût été réchauffé de céramiques multicolores ; l'impression n'en était pas moins majestueuse.

INTERIEUR DU PAUAIS DE L IIAU lE

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