PAVILLON OTTOMAN
Si le spectacle du Karagheuz av^ait été interdit — il eût cependant fait recette ! — d'affreuses danses du ventre représentaient l'art dramatique turc.
Dans une atmosphère d'essence de roses et de pastilles du sérail, des Levantins d'une familiarité désagréable sollicitaient les passants avec insistance.
Toute retenue était bannie de ce palais abandonné de tout contrôle, tombeau géant de l'Islam dépaysé au milieu de la civilisation eui"opéenne.
Des ca'iques du Bosphore devaient se mêler à des gondoles de Venise et aux barques de toutes formes pour sillonner le bassin des fêtes. La prudence fit abandonner ce projet, mais on aurait pu amener les embarcations du pays au
Il fallait s'en tenir à l'apparence.
Après avoir accordé des crédits importants pour la construction du pavillon et pour les frais d'une illumination qui comptait parmi les plus somptueuses, le Sultan s'en était tenu là. L'intérieur du palais était livré aux marchands.
Les armes et les beaux costumes que le musée des Janissaires devait envoyer avaient été remplacés par des tapis et des objets de camelots. On lisait bien « Salon officiel », « Salon d'honneur />, mais ces salles sans décoration n'étaient que des bazars. Une reconstitution de Jérusalem et des environs n'était qu'une plaisanterie inconvenante pour les ^aïK^- lieux saints.
PAVILLON DES LTATS-UMS