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DECORATION D UN SALON DU REZ-DE-CHAUSSEE DU PALAIS DE L AUTRICHE

(La guirlande murale formée de feuillages et de ballons ronges en étoiles appliquées).

Le quadrige d'or qui couronnait le portique triomphal élevé sur la Seine représentait la Liberté sur le char du Progrès; la statue équestre de George Washington évoquait le souvenir des luttes héroïques. Pour la véritable gloire des États- Unis, une autre allégorie aurait dû symboliser le souci de la grandeur morale et la recherche constante de la vérité. T

Des crédits consacrés par les puissances étrangères à l'Exposition, ceux de l'empire austrohongrois étaient les plus élevés (7.500.000 francs pour l'Autriche et 2.500.000 francs pour la Hongrie). Trois beaux palais se succédaient, très différents les uns des autres.

Celui de l'Autriche, dû à l'architecte Baumann, était construit dans le style barocco si en faveur

pendant le xviir siècle, et ses

motifs empruntés à la Hofburg, château tyrolien (au champ de mars)

r.A RUE DliS NATIONS

VUK PANORAMIQUE DE SARAJEVO, DANS LE PAVILLON DE LA BOSNIE-HERZEGOVINE.

palais impénal de Vienne. Il abritait des installations d'art décoratif où le style nouveau trouvait une consécration officielle d'autant plus caractéristique qu'un de ces salons poussait jusqu'à l'outrance la fantaisie des lignes.

Un autre, tout en acajou avec ornementations en bronze doré mat, était du plus riche effet. 11 contenait un curieux tableau de Jules Schmid représentant une soirée en l'honneur de Schubert.

Au premier étage, auquel conduisait un monumental escalier, d'anciens tableaux de Canaletto Belotti, donnant des vues des châteaux impériaux au siècle dernier, et des peintures modernes choisies parmi les plus originales, complétaient l'exposition du (jrand Palais des Champs-Elysées.

L'Autriche, qui exposait avec succès dans presque toutes les classes, avait voulu donner à son palais une note exclusivement artistique.

Le tidèle Tyrol, berceau de la maison de Habsbourg, avait voulu élever aussi un pavillon. La place manquant dans la rue des Nations, il l'avait construit au pied de la tour Eiffel, sur le modèle courant des petits châteaux de la vallée d'Eppan.

Ses salles reproduisaient la chambre des princes dans le style Renaissance

FAÇADE DU PALAIS DE LA HONGRIE SUR LA RUE DES NATIONS ET CLOITRE INTERIEUR

du château de Velthurns et une salle gothique de celui de Reiffenstein. Ces intérieurs avaient été exécutés dans les ateliers des écoles professionnelles et servaient d'exposition aux industries locales de bois découpé et de peinture sur verre. Une jolie enseigne en fer forgé « à la Grappe de raisin » invitait à la dégustation des vins du Tvrol, généreux et frais, qui se débitaient dans une taverne rustique du rez-de-chaussée.

L'ensemble était patriarcal et familier comme l'est demeuré ce beau pays.

Le pavillon de la Bosnie-Herzégovine reproduisait une demeure seigneuriale de la contrée, avec le donjon des antiques luttes contre les fréquentes invasions, les fenêtres treillissées du haremlik, les moucharabis rappelant le voisinage de l'Orient. Des plantes grimpaient le long des murs crépis à blanc et se mariaient avec les charpentes colorées.

Une salle unique occupait tout le rez-de-chaussée, entourée de frises où l'art de

LA RUE DES NATIONS

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