‹ L'Exposition du siècleChapitre 84 sur 217 · SH^^^H · texte numérisé non relu

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PATER : Le Colin-Maillard.

CHARDIN : Le Dessinateur.

catalogue officiel de cinq cents pages, imprimé et illustré avec un goût parfait, exposait par ses notices l'état actuel de l'Allemagne.

Il dressait le bilan de sa situation dans toutes les branches de l'activité humaine et disait : « L'Empire allemand offre, au tournant du xix" siècle, le spectacle d'un État bien ordonné qui se trouve dans une période d'heureux développement.

Contrastant singulièrement avec le déclin du siècle précédent, qui fut

témoin de l'écroulement des derniers pans d'un empire dix fois séculaire, Tannée 1900 marque une étape importante sur la voie de la consolidation intérieure de l'Etat relevé et fort dans son unité reconquise. »

Ce document est assez important pour qu'on y insiste et pour citer cette conclusion de M. Ernest von Halle, où les grands noms de l'Allemagne sont évoqués avec un singulier éclectisme :

Le siècle au commencement duquel brillent Kant, Schiller, Gœihe et Beethoven, Stein et Scharnhorst, au milieu duquel se placent les deux Humboldt, Hauss et Liebig, Sempcr, Liszt et Ranke, Bismarck et Moltke, au déclin duquel figurent Helmholtz, Bunsen, Mommsen et Virchow, Friedrich Krupp et les Siemens, Richard Wagner et Brahms, Menzel et Lenbach, personnifiant tous les multiples courants vitaux de l'énergie intellectuelle allemande, un siècle si rempli laisse derrière lui un bien lourd he'ritage de tâches à remplir , de prétentions à satisfaire. Marcher sur la route tracée par ces défenseurs de la paix intérieure et extérieure, par ces champions de toutes les grandes causes civilisatrices, sociales et morales; tâcher de se maintenir digne d'eux dans un travail énergique et constant, commun ou parallèle avec celui des autres nations, telle est la grave, la haute mission qui s'impose à l'Empire allemand...

On remarquera la phrase : « commun ou parallèle avec celui des autres nations », expression d'une véi'itable courtoisie internationale.

Nous aussi nous pourrions mettre en ligne des noms illustres dans toutes les branches de l'entendement humain. Puissent nos dissentiments intérieurs ne pas venir troubler l'hymne de la civilisation où nous aurions le droit de conduire l'orchestre.

Après s'être appuyé sur des chiffres, le rapport concluait : « Le peuple allemand déborde d'une sève de jeunesse et a le droit de croire à la durée de sa juvénilité. »

Que peut-on reprendre à ces paroles mesurées? Le succès de l'Allemagne dans toutes les sections de l'Exposition en appuyait la justesse. La légitime satisfaction de sa puissance ne s'y expiùme point de façon trop orgueilleuse. Toute expression agressive en est écartée avec le plus grand soin.

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