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PALAIS DU MEXIQUE

LA RUE DES NATIONS

avec succès dans presque toutes les classes, mais leurs produits étaient réunis dans leur palais national pratiquement aménagé : un grand hall de rez-de-chaussée puis, ouvrant sur la grande galerie de pourtour du premier étage, une série de petites chapelles demi-circulaires se prêtant à souhait à la classification des objets.

La curiosité allait surtout à de gentilles cigarières contrastant par leur élégance avec l'air malheureux des ouvrières qui travaillaient plus loin, dans le pavillon des tabacs français. On s'arrêtait aussi devant les objets de style Empire et Restauration qui meublaient le salon d'honneur.

Pour donner une idée de la prospérité du Mexique, il suffira de dire que, sans impôts nouveaux, les revenus de l'État ont presque doublé depuis quinze ans.

San-Salvador avait aussi trouvé abri dans le palais du Mexique.

Nous retrouverons au Trocadéro la Russie, le Japon, la Chine et le Transvaal, qui avaient exposé au milieu des colonies étrangères. Mais c'est ici la place de parler des pavillons étrangers du Champ de Mars.

Au pied de la tour Eiffel, un coquet pavillon de style Louis XV, aux charpentes de fer décorées de faïences et de sculptures, destiné à être transporté à Guayaquil, pour y servir de bibliothèque publique, contenait l'exposition de l'Equateur. Elle était fort riche en produits dits coloniaux : le cacao, les liqueurs, le tabac, le café surtout. On y voyait aussi des bijoux d'or et d'argent filigrane, de fines broderies signées du nom de l'ouvrière, jusqu'à d'amusantes poupées exotiques. pavillon de l'équateur (champ de mars)

PAVILLONS DU S I A M (C H A M P DE M A R s1

Le Nicaragua avait trouvé place dans ce petit et charmant palais et le Guatemala avait, à la dernière minute, élevé le long de l'avenue de Suffren un bâtiment tendu de tapis où se voyaient les échantillons de ses bois et où se débitait son café.

Les autres républiques de l'Amérique du Sud étaient absentes. Les unes s'étaient trouvées empêchées par leurs constants troubles politiques, les autres retenues par des raisons d'économie.

On regrettait particulièrement le Brésil et la République Argentine, qui avaient édifié de si beaux palais en iSSo et qui auraient pu, dans des édifices plus modestes, exposer au moins les produits de leur agriculture toujours llorissante. Elles se seraient trouvées les bienvenues en France et nous aurions tous été heureux de resserrer les liens d'une sympathie commune.

Les constructions siamoises sont sujettes à des règlements nombreux, imposés parles rites; entre autres, toutes les ouvertures doivent être tournées vers le Nord. On avait un peu fait fléchir cette rigueur pour les pittoresques pavillons élevés

par le Siam.

Les grands toits s'y relevaient à leurs extrémités comme des antennes, les briques vernissées mariaient leurs ijjg^^%- reflets au rouge des charpentes. C'était pour les veux un feu d'artifice

de formes et de couleurs. Un pont réunissant le pavillon royal au restaurant voisin avait, comme ces deux édifices, été copié sur les monuments mêmes du Siam et légitimait le surnom de Venise d'Orient que

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