CHAPITRE II
Influence des chemins de fer.
Les chemins de fer se sont beaucoup plus généralisés depuis 1851, et même depuis 1855, et le mode d’exploitation s’en est perfectionné. Le chemin de fer est un appareil de locomotion extrêmement puissant, qui s’adapte également, au service des voyageurs et à celui des marchandises , et qui est fort économique pour l’un et l’autre, car il épargne à la fois l’argent et le temps. Il permet aux chefs d’industrie de se déplacer plus facilement et d’aller étudier de leurs yeux l’état des marchés où ils achètent et de ceux où ils vendent, et, ce qui n’est pas moins important, les perfectionnements accomplis par leurs émules. Par la célérité du transport des mar-
(i) Voir le rapport de M Flachat, tome II, classe v, page 337.
INTRODUCTION
chandises, dans les pays du moins où , comme en Angleterre, les compagnies ont jugé à propos d’organiser cette célérité ou y ont été contraintes par la pression de la concurrence, le chemin de fer diminue, pour les manufacturiers, à un degré appréciable, la durée pendant laquelle, auparavant, le capital était engagé dans la fabrication d’une quantité donnée d’articles, et, dès lors , avec le même capital de roulement , chacun d’eux peut suffire à une plus grande production. Avec le chemin de fer, il n’y a plus de limites à la facilité de s’approvisionner. Par le chemin de fer, la concurrence est devenue plus active et plus générale entre les producteurs, et il a fallu que chacun redoublât d’effort. On a donc recherché davantage les bonnes machines et les bons procédés. Le niveau moyen de l’industrie s’est élevé. Les traînards ont pressé le pas ; les manufacturiers avancés n’ont rien négligé pour conserver leurs avantages. L’ensemble des chefs d’industrie a produit ainsi à plus bas prix ou mieux. La puissance productive de la société a été ainsi visiblement accrue par les chemins de fer.