‹ L'Exposition universelle de 1862Chapitre 23 sur 40 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Machines hydrauliques.

La machine à vapeur prime aujourd’hui les machines hydrauliques; celles-ci cependant ne sont pas restées stationnaires. On a fait de mieux en mieux les roues hydrauliques, et surtout la roue à aubes dans ces derniers temps. On peut lire, dans le rapport de M. Tresca sur ce sujet, à quel point est porté l’effet utile de l’eau

INTRODUCTION

motrice dans les nouvelles roues à aubes (1). Le bélier hydraulique a été l’objet d’un perfectionnement intéressant qui en augmentera l’efficacité et l’usage ; c’est dû à M. Bollée, mécanicien français, du Mans. L’Exposition présente aussi diverses formes de la turbine, qui sont intéressantes. Mais la machine hydraulique qui se recommande le plus à l’Exposition est la presse hydraulique. Les Anglais semblent avoir une prédilection pour cet appareil , et ils lui font rendre de grands effets en lui donnant des proportions extraordinaires. Ils y adaptent alors une machine à vapeur qui fait manœuvrer la pompe destinée à fouler l’eau et à presser. Une des plus belles applications qu’on en ait jamais faite est celle qu’on voit au dock Victoria, à Blackwall. Le mécanisme, assez puissant pour retirer de l’eau un navire en quelques quarts d’heures, a pour instrument principal une presse hydraulique. Ce dock flottant dispense des constructions si dispendieuses qu’on appelait les formes de radoub, et il rend à moins de frais les mêmes services. 11 est plus économique, plus simple et plus efficace que les autres appareils de radoub désignés sous le même nom de docks flottants. Cette invention précieuse pour la navigation est due à M. Edwin Clark (2).

On rencontre à l’Exposition d’autres emplois ingénieux de la presse hydraulique. Un des plus curieux est celui qui a pour but la fabrication d’objets d’art moulés en bois durci, présentés par M. Latry, de Grenelle, près Paris. Il offre cette particularité que faction énergique

(1) Tome III, classe viii, page 73.

(2) Le dock flottant (Je Victoria, à Blackwall, a été décrit par M. Bommart, tome III, classe x, page 372.

INTRODUCTION

de la presse hydraulique s’y combine avec celle de la chaleur produite par des jets de gaz enflammé, pour donner une grande dureté à la poussière de bois dont on a rempli des moules.

Page 1