‹ L'Exposition universelle de 1867 illustréeChapitre 11 sur 134 · IX. - CHRONIQUE · texte numérisé non relu

IX. - CHRONIQUE

Paris, 25 août.

Tous les rapporteurs du jury ont remis leur travail à M. Michel Chevalier, qui s'est chargé, non pas de revoir les rapports, mais de les mettre en ordre, en y cherchant la philosophie qui s'en dégage. On peut s'en

rapporter à ce maître illustre du soin de donner la note tonique et la note dominante de ce grand concert où toutes les idées qui vibrent dans le monde viennent en convergence. 11 ne faut pas croire que les rapporteurs euxmêmes soient les auteurs uniques de leur œuvre. Ils en ont pris les éléments parmi leurs collègues du jury, dont ils sont plus ou moins les échos. Dans chaque classe, selon l'importance, il y a un ou plusieurs rapporteurs : dans le dixième groupe principalement, il y a quatre ou cinq rapporteurs par classe, à cause de la multitude d'objets divers à traiter.

Le public ne se doute guère du vaste agencement do travail dont le rapport général de l'Exposition de I86T sera le résumé. On peut affirmer hardiment que six cents personnes compétentes ont contribué à l'œuvre ; car les jurés étrangers, — rendons-leur cette justice, — ne se sont pas plus épargnés que les jurés nationaux ; ils ont même d'autant plus travaillé qu'ils pouvaient craindre que la nation qu'ils représentaient ne lût oubliée dans la répartition de l'étude et des récompenses.

Soit par le rapport de la commission d'enquête du dixième groupe, soit par les notices publiées par les comités d'admission dans le catalogue officiel, qu'on ne lit pas assez, soit par les renseignements prodigués tantôt par les exposants, tantôt par les mandataires des exposants étrangers, on peut dire que les rapporteurs du jury ont été environnés de plus de lumières, sur les conditions de travail dans le monde et sur les progrès accomplis, que jamais commission ait eu à sa disposition.

Les exposants qui se plaignent du verdict ne savent pas quelle puissance d'investigation le jury a exercée, et par quelles filières de discussion les jugements ont passé. On sera étonné, j'ose le dire, sinon de la valeur propre de chaque rapporteur, au moins de la masse de lumières dont chacun s'est entouré. Toutes les questions ont été débattues entre les comités d'admission, qui les agitaient dans leur sein depuis deux ans, et les membres du jury, pris en grande partie dans le contingent des comités d'admission pour la partie française. C'est même là ce qui explique que les membres du jury français, si sévères pour les produits nationaux, aient admis plus facilement aux récompenses les produits étrangers, qu'ils connaissaient moins, sous la pression et l'influence hospitalière de leurs collègues de l'étranger.

Et nous-méme, dans notre publication, est-ce que nous n'avons pas fait instinctivement une part relativement plus large aux puissances étrangères qu'à la France? Et pourquoi cela, sinon parce que nous nous sommes dit, comme le jury, que noua n'aurions plus sous les yeux et sous la main les produits étrangers, pour en parler, une fois l'Exposition close, tandis que l'occasion de parler des produits français, peut-être plus méritants, nous serait offerte tous les jours

une fois l'Exposition finie ? Il y avait donc un intérêt capital pour une publication française à faire re&sortir surtout les traits de mœurs ou les pratiques de trava'l dont le concours international nous fournissait l'occasion d'étude dans les sections étranji^ères.

Nous sacrifierons moins dans notre second volume à cet élément de curiosité exotique qu'il fallait d'abord satisfaire; mais nous ne le négligerons pas cependant, tant nous sommes persuadé qu'en disant à nos artistes, à nos industriels et à nos négociants: ic Vous vnypz! » nnns piqiirrons leur émula-

tion et nous exciterons leur courage, et qu'en leur disant: « Voilà ce quil y a à prendre! » nous les pousserons à la conquête.

L'Exposition de 1 867 — il ne faut pas l'oublier — est moins un concours qu'un enseignement. Est-ce que la galerie de l'Histoire du travail est un concours? Où y a-t-il pourtant un sujet d'études et d'enseignement plus digne de fixer l'attention? Jamais on ne trouvera réuni un pareil assemblage de cbefsd'œuvre; et qui nous dit que tout ce monde de fabricants observateurs et d'ouvriers professionnels, à qui l'avenir prépare des cou-

ronnes, ne s'inspirera pas de ces chefs-d'œuvre anciens étalés?

Est-ce que nous savions, avant l'Exposition, qu'il y eût en Italie, par exemple, des sculpteurs si remarquables? Est-ce que nous savions qu'il y eût en Prusse une fabrication de fer si importante, et tant de ressources métallurgiques, avec un sol d'ailleurs si ingrat?— Eh bien, pourquoi ne pas révéler ces faits et tant d'autres analogues, en y insistant poiT l'exemple et l'édification commune?

Nous parlions tantôt des rapports dujury :

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