‹ L'Exposition universelle de 1867 illustréeChapitre 32 sur 134 · Vi · texte numérisé non relu

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lière se développera, comme, elle l'a fait en Suisse, en Belgique, etc. Uans un avenir peu éloigné, la Roumanie peut devenir pour l'Europe, ce qu'était Odessa avec ses blés, leThibet avec son poil de chèvre, la Pologne avec son sel, la Russie avec ses bois, la Belgique avec ses houilles. Elle peut devenir enfin un grand centre de production. Est-ce la grandeur, est-ce la gloire"? Non, mais c'est la richesse.

Et si la Roumanie n'occupe pas, comme la Prusse, une grande place dans l'histoire des nations, elle pourrra se consoler par ce mot si profond et si vrai ; « Heureux les peuples qui n'ont pas d'histoire ! »

Victor Cosse.

Costumes populaires de Constantinople.

Constantinople, comme on le sait, est le vaste entrepôt d'un commerce de transit, où viennent s'.iccumuler et s'ajouter aux produits du sol et de l'industrie des populations ottomanes, d'un côté, par la mer Noire, les productions des Indes, de la Chine, de la Perse et de la Russie; de l'autre, par la Méditerranée, celles de l'Amérique, de l'Anglelerre, de la France et du reste du monde. Les navires mêmes qui jettent l'ancre dans la Corned'Or; les magasins qui la bordent; les Ilans innombrables dont la ville est remplie, sont autant de greniers où s'entassent par monceaux les blés des provinces danubiennes et d'Odessa; autant de caves où sont rangés en longues files les vins de France, ceux de Cbvpre, de Smyrne et do l'Archipel, à côté des vins de Perse, de Géorgie et de Ciimée; de l'aie et du porter, du gin et du witky anglais Des édifices tout entiers, dans Islambol reçoivent de la base au faîte des piles de chàles et de tapis de Perse, de Smjrne et de Koniah, tandis que leur sous-sol récèle les drogues et les parfums, l'ivoire, la nacre et l'ébène de l'Afrique et de l'Arabie, pêle-mêle avec lis pierres précieuses de l'Inde et de l'Iran. Dans ses anciennes rues, étroites et tortueuses, se coudoient, à l'abri du soleil sous des toiles tendues d'une maison à l'autre, sous des toits mobiles, sous des rideaux de plantes grimpantes, le marchand persan au bonnet pointu, de feutre orange ou d'astrakan noir, à l'aise sous l'ample machiali dont il s'enveloppe , et le négociant russe du Caucase, coiffé d'une casquette large et plate, vêtu d'une étroite redingote à jupe plissée, étranglée à la taille par une ceinture d'argent à la mode circassienne. Dans ses rues nouvelles, rendues plus accessibles au soleil ; alignées et nivelées par un étrange et difficile compromis entre la rigidité de la ligne droite et les courbes capricieuses d'un

terrain partout montueux, le veston benoiton frôle le .wlri noir de l'employé turc, et le chapeau cylindrique se pavane glorieux à côté du fez, sur la tête du sujet ottoman de race grecque, qui regarde avec un étonnemenl presque indigné le turban blanc et le voile de gaze du touriste anglais.

Mais la grande variété de costumes qui règne à Constantinople plus peut-être qu'en aucune autre ville du monde, n'est pas seulement due au grand nombre d'étrangers qui s'y rendent des points les plus opposés, soit pour leurs intérêts commerciaux, soit par curiosité pure. Les costumes nationaux, les costumes populaires surtout, dans la capitale d'un empire à la fois européen, asiatique et africain, touchant ici à la Nubie, à l'Abyssinie, parl'Égypte; là aux Indes par le golfe Persique; puis à la Russie par la Bessarabie et les provinces danubiennes; et côtoyant, enfin, dans la mer Adriatique, l'Autriche et l'Italie, ne sauraient, on le comprend, rien avoir d'uniforme. D'ailleurs, la diversité des religions introduit encore un élément de variété de plus, et le papas grec ou arménien, à la couronne impériale, donne la main au prêtre latin coiffé de l'immense chapeau à trois gouttières, en même temps qu'à Vimam en turban vert ou blanc, ù plis corrects et réguliers.

Parmi les costumes populaires que l'on rencontre à chaque pas à Constantinople, ceux que nous avons choisis pour en faire le sujet de nos quatre dessins nous ont paru particulièrement caractéristiques à divers titres : le derviche mewléici représentera ici l'élément musulman pur, toujours placide et foncièrement tolérant; le jardinier bulgare personnifiera l'ouvrier chrétien fidèle aux anciennescoutumes; le café du Bosphore nous montrera, au contraire, l'artisan né à Islambol et tout naturellement emporté, comme malgré lui, par la marée montante du progrès, qui s'affirme à ses pieds sous forme d'escarpins ; quant aux enfants recenanl du hain, ils ne nous feront pas voir entre la servante d'aujourd'hui et l'esclave noire d'autrefois la moindre différence essentielle.

La voici, cette rieuse fille, hier esclave, et qui serait bien embarrassée de sa liberté, si par bonheur la famille musulmane n'était restée toujours la même, dans une insouciance aussi complète de la nouvelle loi que la négresse devenue libre de son voile, chose pourtant bien autrement importante, dans tous les pays soumis à l'Islam, qu'une loi nouvelle.

Cependant elle n'a pas honte de marcher ainsi àvitago découvert, et personne, même parmi les plus sévères musulmans, ne songe à l'en blâmer, car on connaît bien le nègre en Orient; on sait que, mauvaise tête et bon cœur, il a comme un kaléidoscope tournant sans cesse devant les yeux de son intelligence, toujours trop occupée des babioles les plus intéressantes pour pouvoir penser aux

choses sérieuses qui ennuient. Si la mémoire, sur ce point, revient par hasard à Zéhiré, elle rabattra si vivement et si complètement son bachurtussu, qu'il faudra que ses petits maîtres la conduisent.

Du reste, ils lui devront bien cette aide, car on voit qu'elle prend soin d'eux comme de ses propres enfants; en les ramenant frais et dispos du bain, quoique sa tête soit bien légère, elle n'a pas oublié le solide ; et le jeune A'ali, fier d'être vêtu, presque comme un homme, d'un l'hahcar de laine et d'un bon salta, chaussé de souliers à la franka, coiffé du fez rouge des progressistes, mord sérieusement dans le simit qui remplace pour les enfants de Constantinople la brioche ou le pain d'épice. Sa petite sœur Adilé, à qui l'on n'a pas accordé d'autre coiffure que le fez enfantin de soie brodée d'or, porte, comme une dame, un enlari long aux pointes retroussées dans la ceinture d'un chalioar traînant, formant contraste avec le kyssa enlari, robe courte de la négresse, et son chalwar, court aussi, comme un caleçon. Adilé n'a pas été moins favorisée que son frère par sa bonne dada, elle a les mains pleines, et le fait voir, de ces bonbons en forme de parapluies, d'éventails, d'oies décorées du bonnet persan, sanglante ironie, de soleils, de lunes et d'étoiles, connus sous le nom générique de cheker, c'est-à-dire tout simplement sucre.

Entrons dans ce café du Bosphore, qu'égayé une verte pamprée : deux artisans d'Islambol, attablés, fêtent le dimanche comme de bons chrétiens d'Orient, à grand renfort de mastic de Chio, eau-de-vie parfumée avec la gomme du lentisque. Ils ont endossé le salta brodé des grands jours; mis le chalwar de drap d'Autriche et les fins bas de soie de Lyon; chaussé l'escarpin de Paris! Ce costume, qui ne manque ni d'élégance, ni de cette ampleur et de cette richesse tant affectionnées des Orientaux, est porté le dimanche ou le vendredi, selon qu'ils sont musulmans ou chrétiens, par la plupart des membres des corporations ouvrières de Constantinople; c'est une sorte de mariage des modes anciennes avec celles à la franka, et comme on devait s'y attendre de la part de gens de goût, on y a fait la plus petite part aux dernières,

Le jardinier bulgare, qui ne le cède en rien au charbonnier français, est maître chez lui. Aussi ne fait-il aucun sacrifice à la mode soit dans ses habits, ce en quoi il a bien raison , soit dans ses outils et instruments de jardinage, ce qui est, au contraire, une grandefaute.

Toutefois, ces instruments sont assez ingénieux dans leur naïveté toute primitive; on peut en juger par le manège à l'aide duquel le maraîcher bulgare arrose son jardin sans se donner la moindre peine : une corde, quelques poutres grossières, deux rouleaux de bois et un vase de cuir nommé kyrba ou grenouille, en font tous les frais. La corde,

mise en mouvement par un cheval, tourne sur les deux rouleaux fixés, l'un en haut et l'autre en bas de l'appareil, entraînant avec elle, dans son évolution, lekyrba, qui, tour à tour, s'emplit au fond de l'eau et se vide dans une rigole, chaque fois que, arrivé sur le rouleau supérieur, il fait un mouvement de bascule pour redescendre dans le puits.

Au fond de chacun des vallons creux qui séparent les collines sur lesquelles Constantinopîe est bâtie, dans des jardins en contrebas, semblables à celui que représente notre gravure, des maraîchers bulgares, coiffés du kalpak ou bonnet de fourrure national, le haut du corps couvert par un ijiiBfan de coton piqué à mille raies, relié par une large ceinture de laine rouge au potour, pantalon collant de drap feutré roux ou noir, boutonné du jarret aux chevilles^ fouillentel retournent la terre à l'aide du 6e!, fourche de fer à deux dénis qu'ils enfoncent en appuyant foi'tement dessus leur pied nu ; ou bien, de retour le soir après une bonne vente de melons, de raisins et de tomates, ils s'asseyent les jambes croisées sous le hangar qui leur sert de maison, et font leur kief.

A qui mieux s'adresser pour savoir, si la chose était possible, ce qu'est le kief, sinon à ce derviche philosophiquement assis à la porte de son tekkc, près du cimetière planté de buis et de rosiers, oîi reposent ses frères, portant encore, même après leur mort, le Sikké-i-chérif, saint bonnet, comme le dit 6on nom, qui les a signalés pendant leur vie à la vénération des fidèles musulmans? Le binich, manteau de gros drap jaunâtre, vient à peine de remplacer les vêtements blancs, la jupeplissée en longs tuyaux, sous lesquels le bon vieillard, au son cadencé de la fliite, a tourné tout le jour sur lui-même, les bras en i croix, la tête inclinée sur l'épaule, en répétant d'instant en instant ; Mon cœur brûle, 1 mon cœur se consume d'amour ; il n'y a I qu'un Dieu, c'est Dieu ! Mes yeux revcrront- 1 ils le bien-aimé ?

Chaque soir, le mewletci s'assied ainsi, i après avoir, ses actes religieux terminés, re- 1 mis ses bottines jaunes dans ses p(ï?}Ot/(//' de I la même couleur consacrée, et chargé gra- 1 vement le lulé de terre rouge de son tchibouk E en bois de cerisier. Les yeux dans le vague, i il égrène lentement son chapelet et murmure [ d'une voix pieuse, à mesure que passe sous ; ses doigts chacun des cent grains d'ambre du l-tesbih, un des cent noms mystérieux du Dieu unique.

JMarie de Lalnay.

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Les Faïences françaises.

Avant de parler dis faïences il est à proipos de les définir bien exactement.

On peut les diviser en deux classes: la faïence rouge et la faïence blanche. La première est une terre cuite d'un ton rougeâtre, recouverte d'un émail blanc, vitrifiable, opaque, dont la base est l'éîain. La seconde est une argile cuite, d'un ton analogue à celui de la terre de pipe, et dont la couverte est un silicate.

La faïence à émails tannifère fut longtemps la seule connue. L'invention en est généralement attribuée au Florentin Luca délia Robbia; mais c'est une erreur, puisque, antérieurement, des ouvriers arabes avaient orné de carreaux de faïence r.-Mhambra de Grenade, l'Alcazar de Séville, les mosquées de Cadix et de Cordoue. Passeri, dans son Hisioria délie pillure in ina/o/îca, assure avoir vu de véritables faïences parmi les ornements d'un tombeau de l'an 1 1 1)0, et les fabriques de Faenza ne s'établirent qu'au quinzièaie siècle.

La Faïence blanche, désignée aussi sous le nom de porcelaine opaque, ne date que de quelques années, et jamais elle n'avait brillé de plus d'éclat qu'à l'Exposition de 1867. Le musée de Kensington, les collections publiques ou particulières de l'Europe et de l'Amérique, s'en sont disputé les nombreux et remarquables échantillons.

C'est la maison Deck qui représente le plus complètement la porcelaine opaque. Les peintures des artistes qu'elle emploie sont exécutées sur bise lit, avec des couleurs métalliques et vitrifiables; la pièce reçoit ensuite une couverte translucide, puis elle est cuite au grand feu. Elle en sort avec des tons aussi riches que solides. Si, à certains égards, les tableaux à l'huile, aquarelles, gouaches, pastels l'emportent sur les produits de la céramique, ceux-ci ont un avantage inappréciable : c'est que leur éclat, leurs teintes, leur émail, sont indélébiles; ils ne souffrent ni de l'humidité, ni du froid, ni de la chaleur.

M. Deckpossèdedes secrets de préparation et de cuisson qui ont assuré sa renommée ; il sait aussi s'entourer de peintres dont chacun excelle dans un genre choisi spontanément, et se distingue par une individualité bien tranchée. M Hanvier imite ou reproduit les figures des vases étrusques. M. Gluck fait iléfiler devant nous les chevaliers armés de pied en cap, les écuyers portant des bannières blasonnées, les châtelaines coiffées du hennin, les pages en costume mi-parti, les fauconniers et les varlets : ses scènes de chasse et de guerre sont pleines d'entrain et lie mouvement.

M, Ehrmannest un décorateur fin, habile et ingénieux, versé dans les études architecturales. M. Legrain traite avec une supériorité réelle les sujets allégoriques, tandis que Mme Lescallié sait heureusement disposer des yroupes de fleurs.

Tel est le vaillant peloton dont Deck est le capitaine et qu'il conduit à la victoire. M. Deck a compris à merveille quelle de-

vait être la mesure des faïences décoratives ; MM. Uizschneider et Cie, de Sarreguemines (.Moselle), nous paraissent l'avoir exagérée. Sur des vases ronds, des cache-pots, des jardinières, ils prodiguent les tableaux allégoriques, les vues, les paysages; c'est exubérant. Ces peintures ont le défaut d'être exécutées sur l'émail, dont elles annihilent toute la transparence, toute la limpidité. Les fabriques de Sarreguemines sont dans une meilleure voie en ce qui concerne les grandes pièces de garde-robe, lavabos, toilettes, dont la confection offre tant de difficultés.

Les grandes faïenceries françaises de Sarreguemines, Creil, Montereau, Gien, Bordeaux, ont longtemps vécu indolemment sous la protection du monopole que leur assurait la prohibition absolue des faïences étrangères. Elles se contentaient presque toujours de copier des modèles anglais qu'elles répétaient à satiété. Depuis le traité de commerce, stimulées par la concurrence, elles ont varié leurs modèlej et sont sorties de la routine.

Un grand nombre d'exposants, préoccupés de la nécessité de livrer leurs faïences à bon marché, les décorent par la chromolithographie, par l'impression en couleur sur la pâte. Ce procédé fut, dès 1818, l'objet d'un brevet que prit M. Legros d'Anisy, et qu'il renonça à exploiter après d'impuissants essais. L'application de la lithographie à la céramique reparut en 1 850, elles frèrEs Darte firent avec succès des impressions monochromes, et notamment les dessins en or les plus compliqués. Quelques années plus tard, un imprimeur nommé Mangin, créa ce qu'il appela la calcographie, et il calqua, sur porcelaine ou sur faïence, des dessins peiols avec des oxydes métalliques et vitrifiab'es. M. Mangin, au bout de quinze ans d'efforts, se vit forcé de rentrer dans les ateliers de M. Guesnu, d'où il était parti ; mais son invention n'est pas morte. Elle est employée avec succès par les maisons Prévost et Macé, toutes deux de Paris.

Mais n'y avait-il pas autre chose que la chromolithographie? C'est ce qu'a cherché M. E. Rousseau , et il a trouvé une application nouvelle de l'eau-forte dont les morsures sont si profondes et les empreintes si nettes. Les services de table exécutés par lui sur les dessins de M. Bracquemont, arrivent à une richesse de tons extraordinaire, et ont l'avantage de pouvoir être livrés à bon marché.

M. Bracquemont grave des poissons, des oiseaux, des fleurs. La planche terminée, on en tire des épreuves qui sont découpées, toutes fraîches encore, et appliquées sur la pièce à décorer.

Supposons qu'il s'agisse d'une assiette en faïence blanche ou porcelaine opaque.

Avant de la cuire, on dispose dessus les épreuves découpées.

Elle est portée au four.

Le papier brûle, les empreintes reslent.

On inlerronipL la cuisson pour colorier ces empreintes avec dos oxydes métalliques. Ou revêt l'assiette d'une couverte translucide et ou la cuit au grand feu.

M.Rousseau, qui est un infatigable novateur, a eu une autre idée qui peut être féconde. Les faïences sont éminemment propresàrornementalion extérieure des édifices; mais qu'un passant iconoclaste, un gamin désœuvré, frappent d'une [lierreou d'un bâton le travail céramique, et Toilà ce travail à jamais perdu!

Comment prévenir les avaries? En appliquant aux faïences le système adopté pour les vitraux. M. E. Rousseau divise chaque plaque en morceaux qui sont ensuite rassemblés et soudés avec du plâtre. Ainsi a été exécuté le Retour de la terre (te Chanaan, dont les figures sont de grandeur naturelle. Quand on voit d'une certaine distance ce grand panneau de faïence, les points disparaissent, et les traits noirs qui suivent les contours principaux contribuent à l'effet.

Le Retour de la terre de Chanaan a été peint sur émail cru, par un procédé d'une difficulté inouïe, mais avec lequel nos arlistes obtiennent de beaux résultais.

Vous prenez un panneau de terre cuite, ou pour mieux dire dégourdie; vous le trempez dans un bain d'émail atannifère qui, séchant presque aussitôt, adhère sous forme de poussière blanche.

Vous peignez là-dessus; mais prenez garde! N'hésitez pas un seul instant ! cette couche pulvérulente et grenue boit avidement les couleurs; les corrections sont impossibles; et pour peu que votre pinceau dévie, tout est perdu !

Ayez soin encore de bien calculer les modifications que vos oxydes colorants subiront au feu.

Si vous avez surmonté ces obstacles, vous faites cuire la pièce à uo seul grand feu de four. L'émail et la peinture se fondent ensemble, s'unissent intimementl'un à l'autre, s'incorporent avec la pâte, et forment des tableaux pleins de vigueur et d'éclat. On en juge à l'Exposition de "1867, par ceux de MM. Hippolyte Pinart, l'habile reproducteur des maîtres classiques; Michel Bouquet, le paysagiste; Laurin, dont les bandits ont une si fière tournure ; Genlis etRudhart, dont les faïences rappellent celles des vieux artistes rouennais.

Les imitations d'anciennes faïences sont plus nombreuses et plus réussies encore en ■1867 qu'aux expositions précédentes.

Naturellement Bernard Palissy est en tête des imités. Les productions de ce célèbre potier saintongeois ne furent d'abord, comme on le sait, que des plats enrichis de rfiuers fsma»a; enlremeslez de iaspe. Il fit ensuite, pour les dressoirs seigneuriaux, despîècfsriis/i'îiie.!, des bassins, où sur un lit de feuilles à nervures apparentes, [sont pêle-mêle des poissons,

des reptiles, des coquillages et des insectes Plus tard, à ces moulages sur nature, Palissy substitua des bas-reliefs, de capricieuses arabesques, des mascarons grimaçants, llexécuta des statuettes et compléta ses travaux par l'invention de rustiques figulines pour la décoration des jardins.

Dans tous ces genres, Bernard Palissy a des continueteurs.

M. Avisseau, de Tours, retrouva le premier le secret des pièces rustiques. \}n manuscrit du seizième siècle, publié dans le tome II des Monumens inédits, portait que, pour préparer les motifs de la composition, il fallait coller les plantes sur un plat d'étain avec de la térébenthine de Venise; y fixer les petites bestioles au moyen de fils qui traversaient le plat préalablement percé do petits trous; enfin couler avec du plâtre fin. M. Avisseau pensa qu'il valait mieux modeler que mouler; et ses compositions, pleines de mouvement et de vie, furent bientôt recherchées par de nombreuxamateurs. Quand la mort le frappa, il avait conquis une place parmi les arlistes.

M. Avisseau fils n'a pas dégénéré. Il sait faire circuler la brise dans les feuilles; faire courir le lézard, qui se retourne en fuyant, pour regarder l'objet de son effroi; faire onduler les plis de la couleuvre irritée, qui se gonfle en sifflant. Pour peindre ses animaux, M. Avisseau fils a trouvé des rouges et des blancs particuliers, un noir profond, et d'autres couleurs qu'il prépare dans son atelier domestique, avec le concours d'une sœur et d'un neveu. C'est imiter jusqu'au bout Bernard Paliss-y, qui s'était associé ses neveux Nicolas et Mathurin, comme nous l'apprendle liore des dépenses, tenu en 1 570 par le clerc des œuvres du Roy,

Une aiguière et son plateau, exposés par M. ■'ivisseau, sont obtenus par une patiente incrustation de pâtes coloriées, suivant un procédé dont le savant archéologue Benjamin Fillon a découvert les origines à Oiron en Vendée. Les difficultés que présentent l'exécution de ces pièces, surtout à lacuisso.i, qui peut anéantir en un instant le fruit de plusieurs mois de travail, ont été symbolisées par le potier-ar.iste, dans un bas-relief ovale, en biscuit de terre. 11 représente la céramique personnifiée, ayant près d'elle l'ancienne roue des potiers, et méditant avec anxiété devant le four duquel dépendent ses destinées. Elle éprouve les angoisses qu'a si bien décrites Palissy dans ses mémoires, « Lorsqu'on l'estimoit estre toi, et qu'il s'en alloit par les rues, tout baissé, comme un hoaime honteux. «

Sur les grands plats de M. Barbizet, la végétation est luxuriante; les lézards chauffent au soleil leurs écailles d'émeraude, les homar.js se dressent sur leurs pattes velues, comme pour regagner leur élément naturel. M. Barbizet ne s'inspire pas seulement de Palissy; il est séduit par le style large et la cluuide coloration des majoliques italiennes. Sa buire énorme, d'un seul morceau, sauf le

pied, aurait produit bon effet sur un piédestal approprié, au bout de l'avenue d'un jardin du temps de Côme de Médicis. Sa figure de négresse, de grandeur naturelle, drapée d'étoffes voyantes, serait bien placée sur un grand escalier; un troua été ménagé à l'intérieur de cette statue d'une seule pièce, et du panier qu'elle porte sur la tête peut jaillir une gerbe de lumière. L'œuvre importante de l'exposition de M. Barbizet est un rocher sur lequel s'ébattent des enfants, dont l'un soutient une grande valve aux stries verdies par les eaux, avec franges de lichen s et de mousses. Le roi Guillaume, après avoir pris l'avis de M. de Bismark, a acheté cette pièce importante pour le château de Potsdam.

On pourrait, en parcourant les galeries de la classe 17 se croire égaré au milieu d'une collection céramique de toutes les époques et de tous les pays. L'élégante aiguière de M. Ulysse, semble échappée du musée de Blois dont il est le conservateur, et dater du temps de Henri IL C'est des fabriques de Faeuza et d'Urbino qu'ont dû sortir la grande torchère de M.Auguste Jean, et sa fontaine à deux vasques, dont l'inférieure est soutenue par des néréides assises sur des dauphins de convention qu'à créés la mythologie. Un potier rouennais, contemporain de Louis XV, aurait signé le joli vase de M. Abel Girard, d'Aprey (Haute Marne), avec un médaillon et des arabesques bleues sur fond blanc. La fontaine et le bassin de M. Signoret, de Nevers, rappellent les pièces qu'on admire au musée de la place ducale. Quant à M. Georges Pull, c'est un artiste du seizième siècle, auquel il emprunte des modèles variés. Voici, de Bernard Palissy, un plat représentant Pomone, un plat découpé à jour, et deux figurines charmantes, le joueur de vielle et la nourrice; voici, de Benvenuto Cellini, une aiguière garnie d'émaux: de Jean Goujon, une Diane chasseresse; de Germain Pilon, une grande cheminée en faïence. C'est celle qui décorait jadis le salon du château de Villeroy, et qui est maintenant dans la salle de la Renaissance, au Louvre. Des cariatides aux faces de satyres, aux longues barbes, aux fronts cornus, en soutiennent le riche manteau. Elle se compose de vingt-huit pièces, qu'il a fallu maintenir au grand feu pour obtenir de bons raccords. L'énorme difficulté et l'originalité de ce travail expliquent le prix élevé qu'en demande M. Georges Pull, trente mille francs ; mais c'est bien de l'argent.

En dehors de la classe 17, on trouve dans la classe 8 : Application du dessin et de la plastique aux arts usuels, -aa modèle de kiosque persan, par MM. Collinot et Adalbert de Beaumont. Leurs plaques de revêtement, leurs fontaines, leurs vases, sur lesquels courent des guirlandes de fleurs, leur ont valu une médaille d'or.

On le voit par l'étude que nous venons de faire, la réputation des faïences françaises,

L'KXPOSITION UNIVERSELLE DE 18fiT ILLUSTRÉE.

iqui a été si grande au temps où llorissaient iNevers, Rouen, Moustiers, Sainte -Marie (Basses-Alpes), a pu être un moment né- Igligée; mais elle renaît de ses cendres, et, itant pour les usages domestiques que pour d'ornementation monumentale, elle est appelée à un brillant avenir.

Em[le de la Bkdolliêhe.

L'Inde anglaise.

Les Anglais disent que l'Inde est le plus •brillant joyau delà couronne britannique; de plus brillant, soit; mais le plus pur? that nsqueslion; ilest vrai qu'il leur serait difficile ide trouver dans le riche écrin que forment ideurs nombreuses colonies, une perle, si pelitite qu'elle soit, dans laquelle un œil exercé me pût découvrir le même nombre de ::taches.

L'Inde anglaise ! quel magnifique thème, let quel favorable prétexte que ce compte rendu là une dissertation politique, à une thèse mo- .l'ale et religieuse !

L'antique splendeur de cette terre aujourd'hui désolée, ses monuments merveilleux itous en ruine, sa langue sacrée, son génie ipoétique, ses mystères religieux, ses traditions populaires, les mille révolutions enfin iqui ont fait de ce berceau de l'humanité une (terre maudite, une gigantesque nécropole, jquels sujets de douloureuse méditation!

Mais il nous est interdit ici de remuer son jpassé et de soulever même le plus petit coin Idu voile derrière lequel s'élabore son avenir.

Il ne nous est permis de considérer et d'éitudier l'Inde qu'au point de vue de ses pro- Iduits; c'est uniquement comme atelier de [travail et comme centre de production comimerciale que nous avons à en parler.

Notre étude, devant donc se borner à la simple revue des envois faits par Vliidian iDcparlment à l'Exposition du Champ de Mars, ne saurait être longue; car, disons-le, mous ne connaissons pas s. Paris une seule boutique de curiosités importante qui ne soit plus riche et plus splendidement assortie que l'Exhibition indienne que nous avons devant Jes yeux, et nous devons ajouter que les objets qu'on trouve chez nos moindres marbhaiids, sont, vu l'époque à laquelle ils ap- □artiennent, d'un style et d'un goût infiniment plus purs.

La décadence des arts et de l'industrie dans l'Inde n'a rien qui doive surprendre, quand on pense sous quel régime de protection iUe est aujourd'hui placée. L'Angleterre est sssentiellenient commerçante; et partout où die domine, elle se préoccupe beaucoup moins, dans l'intérêt de son trafic, delà qualité que de la quantité des produits.

En parcourant le catalogue spécial dressé sous la direction de Vlndian Department, un fait nous a frappé, c'est le soin qu'on a mis à laisser dans l'ombre tous les producteurs et la plupart des fabricants indigènes. Les chefs des différents districts sont les seuls dont il soit fait mention. Il semble qu'au-dessous des grands, des moyens et des petits princes, ses fidèles vassaux et ses amés pensionnaires, le gouvernement de l'Inde ne reconnaisse et ne dislingue personne.

Cent cinquante millions d'hommes répandus sur un espacede 340 000 lieues carrées, travaillant incessamment au profit de la métropole et lui fournissant chaque année la plus grande partie des riches produits qui alimentent son commerce d'exportation, d'importation et d'échange, qu'est-ce qu'une pareille multitude aux yeux du gouvernement? Une simple agglomération de machines humaines fonctionnant dans les difïérentes provinces, comme dans de vastes usines, sous la direction de chefs indigènes, ses contremaîtres et ses agents responsables, pas autre chose.

Or, du moment que les rapports du gouvernement avec ceux-ci ne sont pas troublés, tant qu'ils se renferment dans les clauses de leur contrat, que les livraisons de leurs produits sont exactes et régulières, et que toutes les commissions données sont remplies , qu'importe le reste à la libre Angleterre? L'armée des travailleurs est tellement nombreuse qu'on est parfaitement dispensé de se préoccuper de son bien-être et de prendre même sa conservation en souci. Que la faim la décime par milliers, que la peste la fauche eten éclaircisse profondément les rangs épais, il en reste toujours assez pour qu'il n'y ait jamais le moindre déficit, et qu'aucune diminution ne soit possible dans le revenu et dans l'encaisse britanniques.

Le dédain avec lequel le gouvernement anglais traite le peuple de l'Inde se révèle jusque dans le catalogue officiel dressé par notre Commission impériale.

Là, toutes les autres colonies anglaises sont exactement inscrites, et l'indication de leurs moindres produits y est consignée.

Le Canada, l'île Maurice, la Nouvelle-Ecosse, Saint- Vincent, Victoria, Queensland, leCnpde Bonne-Espérance, Malte et le reste, les plus grandes comme les plus petites, figurent dans tous les groupes; quant à l'Inde, on la cherche partout, et on ne la trouve nulle part. En adressant à la Commission impériale les documents qui lui étaient nécessaires pour établir son immense travail, l'Angleterre l'aoubliée. Convenez-en, un pareil oubli, s'il n'est pas significatif, est du moins bien étrange.

Nous nous estimons heureux de pouvoir réparer ici une omission et une injustice.

Nous avons dit que l'exposition des Indes anglaises était très-peu importante, et que la plupart des objets révélaient une diminution notable dans l'habileté, le soin et le bon goût

qui présidaient autrefois à l'exécution des produits similaires.

On peut se oonvaincre de cette vérité en examinant de près les ivoires gravés, découpésou peints, les étoffes brodées, les plus fins tissus de Cachemire, les gazes légères brochées d'or, les mousselines, les cuirs ouvragés, la sellerie et les armes. La décadence des diverses industries éclate dans chacun des produits; et cela est si vrai que la Commission impériale, qui ne demandait pas mieux que de trouver l'occasion de se montrer gracieuse et de faire acte de courtoisie à l'égard de l'Angleterre, n'a pas cru pouvoir faire plus que d'accorder une mention honorable au Maharajah de Iravacore pour ses fruits en ivoire peint, et deux autres mentions pour la sculpture d'ivoire de Lucknow et de Oude.

M. Spence, un Anglais résidant dans l'Inde, a été aussi gratifié d'une mention pour ses instruments de petite chirurgie.

Qu'on dise que la Commission impériale n'a pas bien fait les choses !

Les meubles de Novvroju Shapojee, un Indien, ont paru dignes aussi d'une mention honorable; quoiqu'ils soient élégants et gracieux, on ne pouvait leur accorder davantage.

Il était difficile qu« les châles de l'Inde ne fussent pas l'objet de plus hautes distinctions.

Une médaille d'or accordée à Dewan Sing, de Kachemyr, et une médaille d'argent donnée à Aseez Khan et à Russol Schah ou Rasul Shah, deux producteurs de la même vallée, ont sauvé l'honneur du pavillon indien.

Il y a dans l'exposition de l'Inde une foule de menus objets et de vrais petits joujoux qui attirent les regards des visiteurs, mais qui ne méritaient pas d'arrêter ceux de la Commission. Nous comprenons même très-bien qu'elle ait passé devant les oeuvres de bijouterie et de joaillerie sans y faire attention et s'y arrêter.

Nous croyons bien faire en faisant comme elle.

Une médaille d'argent a été donnée au capitaine Mitchell, un brave soldat, qui occupe, dans l'Inde, les loisirs que lui laisse la paix à empailler des poissons. Il est vraiment passé maître dans cette industrie, et il méritait de tous points la distinction qui lui a été accordée.

Vlndian department a exposé aussi les nombreuses espèces végétales du sol indien; on sait quelle est la fécondité et la vigueur de cette terre, qui produit d'elle-même, et pourrait se passer au besoin de toute culture.

Deux mentions honorables ont été accordées à une collectivité, aux Indes anglaises, pour les matières tannantes et les plantes médicales (sic) et pharmaceutiques, et deux autres pour collection de drogues.

Y a-t-il ici double emploi, ou la Commission a-t-elle fait une distinction qui nous échappe? Nous ne saurions le dire.

l'HTlTS METIERS.

Mais une culture el une industrie qu'on a oublié de signaler et de récompenser (dans un sentiment de haute moralité, sans doute), c'est celle de l'opium, dont deux altesses de la localité ont exposé les plus purs et les plus remarquables' spécimens.

La Commission a-tclle supposé que son silence pourrait décourager ces deux nobles producteurs? Peut-être; mais à coup sûr elle a compté sans son hôte, c'est-à-dire sans l'Angleterre, qui ne fera jamais, sans y être forcée, le sa; crifice de cet instrumenlum regni, tout aussi utile à son commerce qu'à sa politique.

D'honorables dédommagements qui leur seront accordés par le gouvernement de l'Inde, consoleront les deux mahariijahs de l'oubli de la Commission impériale; les paysans continueront longtemps encore à recueillir, pour le compte de l'Angleterre, le suc laileu>: et rougeùtre qui découle par gouttelettes des incisions faites aux têtes de pavots, et les intérêts de la Compagnie ne seront pas compromis.

Les Anglais sont un grand peuple, mais chez eux seulement; hors de leur île, eu eux touts'éleint; ils n'ont pas plus de respect de la dignité que de la liberté ;J,|".w'r»'' des autres; et l'on serait ten:é de croire qu'ils I n'ont renoncé à la traite des nègres que parce qu'ils pouvaient faire celle des blancs impunément et sur une plus vaste échelle.

N'oublions pas de signaler une médaille d'argent, Irès-justement accordée à Jardine Skine, du Bengale, pour la culture de l'indigo.

Résumons-nous. La décadence de l'art et de l'industrie dans l'Inde lient à deux causes qui doivent, si elles persistent, en précipiter la mort; d'une part, au mépris qu'on fait du travailleur, et d'autre part, à l'exiguïté du salaire. Le tisseur et le fileur d'or, qui travaillent huit heures parjour, gagnent au maximum neuf francs par mois. L'achat de la farine de blé, qui fait le fond de leur nourriture, emporte à lui seul plus de la

moitié de ce qu'ils reçoivent; comment peuvent-ils subvenir au reste? Quand ils ne sont pas mariés, il leur est encore possible de se tirer d'affaire; mais s'ils sont pères de famille, c'est pour eux et les leurs la misère, les privations et tous les maux qu'elles traînent à leur suite.

Les Fleurs arLificielles,

Dessin de M. Gaildrau,

Et les tisseurs sont entre tous les mieux rétribués et les mieux traités. Comment donc admettre qu'eux et les autres apportent un soin minutieux et la délicatesse indispensable à la parfaite exécution de leur tâche, et qu'ils mettentle moindre amour-propreàbien faire?

l'Angleterre, on n'a que quelques pas à faire dans la même galerie, et l'on sera édifié sur la différence qui existe entre eux.

Un des plus célèbres et des plus riches joailliers de Londres, auquel le jury a accordé la seule médaille d'or donnée à sa classe, M. Philips, a exposé dans une large vitrine et livré à l'examen et à l'admiration de tous les connaisseurs, une magnifique collection faite, sur les lieux mêmes, après la dernière guerre des Indes, par un officier anglais.

Là, rien de moderne, aussi tout est d'une exécution achevée, d'un fini prodigieux, et au dire de M. Philips lui-même, il n'y a pas aujourd'hui dans l'Inde un seul ouvrier capable d'atteindre à ce degré de perfection.

Il y a là des boîtes d'agate enchâssées d'or, des coupes de jade, des colliers - amulettes en des miroirs de cristal de roche gravé et ciselé, des poignards damasquinés, montés en jade avec fourreaux enrichis de diamants et de grenats, des manches de chasse-mouches d'une richesse folle mais admirable, enlîn cent autres spécimens du golit exquis et de l'habileté prodigieuse des an- |l; [ i ciens ouvriers indous,

' qui ne sont rien moins

que des merveilles.

PkOSPER PoiTRVIN.

rubis émeraude.

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