‹ L'Exposition universelle de 1867 illustréeChapitre 37 sur 134 · PRIS DE L ABONNEMENT · texte numérisé non relu

PRIS DE L ABONNEMENT

Ani 60 livraiscns pour tQUle la France. . ao fr.

Par la posto ■

i'our t'd'-anger, l(s droits de poste eu ms Eureaa:! d'abonnemenia : rue de RicheUeu, 106.

RÉDACTEUR EN CHEF

Membre dn Jury lolernational.

COMITÉ DE RÉDACTION

MM, Armand Dcuaresq, Ernest Dréolle, Moreno-henriqcez, LéoD PLÉB, ADg. ViTD, membres dn Jury international.

SOllMAlliE DE LA 41" LIVUALSOX.

Du 23 septembre 1867.

. Le frhicp Impnial à la Fête dn liécompi:mes (1 grav.), H'ir M. Fr. Diicuinf. — II. La Rm de Proilmà

(1 grav.), par M. Achille Arnaud. — Hl. Les l'Imns d'Angleterre et d' Ecosse (1 grav ). par M. Ch. lîolssay. — IV. Le Quart allemand (1 grav.), par M. Fr. Dlicumg. — V. La Maison portative de la Louisiane (1 grav.), par M..Haoul Ferrère. — VI. Les Indes françaises (I grav.), par M. Prosper Poitevin. —

VU. Le lluria{i de UeniAuU-Ferrand [l grav.), par M. Paul Bellet. — VIII. Les Vases en cristal de l'Autriche (1 grav.), par M. Victor Cosse. IX. VOslensoir de Yasco de Gama (1 grav.), par M. Octave Lacroi.x. — X. Clironique, par M. Fr. Ducuing. — 9 gravures.

LE PHINCE IMPÉRIAL, PRÉSIDEiNT DE L'EXPOSITION UNIVERSELLE, présentant à l'Euipe, eur la grande n,éda,lle Je

la classe 94. — Dessin de M. Morm, Vol. 11.

Le Prince impérial, président de l'Exposition de 1867.

Nous disions, le 1'' avril, à propos de la distribution des récompenses : « Quand M. de Forcade La Roquette a appe'é le grand prix de l'Empereur, il y a eu un instant d'hfsit'lion etd'embarras : quiremetira à l'Empereur sa récompense'? On s'est avisé que le Prince Impérial, étant le Président de la Commission impériale, était tcut désigné pour remettre l'offrande. L'enfant s'est avancé, les mains pleines, hésitant un instant entre son père et sa mère; puis il a remis la médaille à qui de droit. Le père a ri, ayant les yeux mouillés : le visage de la mère était rayonnant. »

<i Voilà, nous a-t-on dit et écrit bien souvent, un sujet de tableau tout trouvé : un fils donnant une récompense à son père. Qu'importe que le père soit Napoléon 111"? C'est le motif du tableau qui est en lui-même sympathique et touchant. Vous avez, par le crayon et par la plume, fait le portrait de tous les souverains qui ont visité l'Exposition; et vous ometiriez le portrait du Prince qui préside la grande solennité ? Cela n'est pas possible. »

Cela n'était pas possible, en elTet : mais nous voulions un dessin digne du sujet. Le voici : nos lecteurs n'auront rien perdu pour attendre.

Eugène-Louis Napoléon, Prince Impérial, est né le IG mars IS.'iG, dans tout l'éclat du règne. Le canon qui saluait sa naissance annonçait, quelques mois après, la prise de Sébastopol.

Dans l'année 1859, Napoléon 111 ajoutait au patrimoine de gloire de son fils la victoire de Solférino, qui, par des voies différentes de celles qu'avaient indiquées l'impérial vainqueur, rendait, selon son vœu, l'Italie libre des Alpes à l'Adriatique.

Ajoutons à l'actif du patrimoine impérial, la réforme économique de IStiO. L'Exposition de 1867 est l'éclatante justification des traités de commerce, conséquence de cette réforme heureusement accomplie.

Le prince Napoléon qui avait présidé la Commission impériale de 1862, à Londres, ayant donné sa démission de président de la Commission impériale de 1867, l'Empereur n'a pas cru pouvoir mieux faire que de mettre l'Exposition universelle du Cbamp de Mars, sous la présidence de son fils, le Prince Impérial.

Le Prince avait déjà donné son nom à une société où la bienfaisance était mise sous le couvert du crédit, leprêtde l'enfatweautramil.

Une enseigne le représente allant vers l'Exposition, et disant : Mon premier pas. Cette fois, la flatterie a été bien inspirée. Oui ! c'est là le premier pas que l'Enfant Impérial ait

fait en pleine connaissance de cause; il a à peine onze ans révolus.

Qu'il n'oublie pas ce point de départ de sa carrière, et qu'il reste fidèle au souvenir de la grande manifestation de l'intelligence et du travail, mise sous son invocation. Qu'il n'oublie jamais que la gloire durable est d sormais la récompense des œuvres pacifiques.

Lui, Président de l'Exposition universelle, permettra-t-il que le monument de sa jeune gloire disparaisse sans laisser de traces, comme une oasis dont on a coupé les sources disparaît dans les sables?

Il a vu tous les souverains d'Europe venir rendre hommage à celte œuvre de civilisation. On a parlé pour lui et au milieu d'eux de ûterfe et de progris. Que plus tard, ce soit à ce signe, à cette grande devise, qu'il se fasse reconnaître de ses augustes hôtes d'aujourd'hui. Les acclamations de l'Europe et les nôtres sont à ce prix.

Fb. DucniNG.

La rue de Provence.

Pour découvrir et trouver la rue de Provence dans le dédale de secteurs qui coupent et divisent le Palais de l'Exposition, il n'est pas besoin de consulter le plan, il n'est pas nécessaire d'avoir l'intuition topographique.

Il s'agit simplement d'avoir du nez, dans l'acception la plus rigoureuse du mot.

Bien plus sûrement que le fil d'Ariane, tracé sur vélin par les soins de M. Dentu, le sens olfactif doit guider le curieux vers ce coin que l'industrie du parfumeur s'est donné la tâche d'embaumer.

Je dois l'avouer cependant, on ne trouve point là ces orangers en fleurs qui verdoient au bord de la Mé literranée et qui répandent leurs senteurs énervantes dans les î'es d'Hyères, ni les jasmins accrochant leurs pétales, odorantes comme le miel, aux tonnelles méridionales.

On peut élever un palais à l'Industrie, mais on n'emprisonne pas la nature.

Là où les fontaines laissent couler des parfums, les plantes qui ont chargé le soleil d'aromati>er leurs sucs, s'étioleraient comme s'étiolent les créoles transplantés sous un ciel brumeux.

Mais si dans la rue de Provence on ne voit ni orangers ni jasmins, on ne saurait trop s'en plaindre, car on trouve là, emprisonnées dans les plus élégants flacons, des essences qui enivreraient les sultanes blasées de la Corne d'Or.

A respirer ces odorants effluves, on penserait n'avoir plus rien à envier à l'Orient, on croirait ne plus avoir le droit de demander à la Perse la plus innocente de ses roses.

Ils semblent avoir voulu tenter Flore elle-

même ces distillateurs émérites qui, sous leurs élégantes vitrines, ont entassé les richesses aromatiques dérobées parleur science à la substance des fleurs. Quelques-uns ont séduit le jury, M. A. Chiris, de Grasse, entre autres, qui a obtenu une médaille d'or.

A côté des flacons de M. Chiris, on trouve les eaux de Cologne de Jean-Marie-Farina , l'alcool de menthe de Ricqulès, le vinaigre de Bully, les essences do Muraour, de Grasse, les savons de Pivert, Violet, Pinard, etc.

La maison Botot, dont la réputation est plus que centenaire, a eu une heureuse idée. .4u, centre du carrefour pratiqué en face de la section de parfumerie, elle a fait placer une statue, de nymphe probablement, qui verse à tout venant et, comme si cela ne lui coûtait rien, des parfums que tous les mouchoirs se disputent.

Il faut voir combien cette gracieuse fontaine fait des heureux. On court, on se presse, on se bouscule pour obtenir quelques gouttes de cette eau parfumée que la naïade Botot distribue à tous avec impartialité. Devant les essences qu'elle prodigue tous les jours, la batiste et la cotonnade sont égales. Il y en a pour la duchesse comme pour le mouchoir à carreaux du paysan.

Dans tout cela je ne plains que l'infiniment complaisant commis chargé de présenter à l'amphore d'où s'échappe cette pluie odorante le fin lin et le coton grossier qui veulent s'en humecter. Le bras de ce serviteur dévoué est condamné à un continuel va-et-vient qui doit être bien fatigant lorsque sonnent cinq heures et demi.

Espérons que la maison Botot, si savante dans l'art de conserver les dents contemporaines, ne négligera pas l'avenir d'un employé que la science mécanique aurait beaucoup de peine à remplacer.

Une femme, attirée dans la rue de Provence par les suaves émanations de la parfumerie, ne sait plus en sortir.

A côté des essences elle trouve les éventails, ces confidents de toutes les pudeurs et de toutes les malices féminines; car il ne faut pas croire qu'un éventail soit simplement ce complément de toilette qui se compose de petites baguettes de bois, de nacre, d'ivoire ou d'os, assemblées à leurs extrémités pour former la gorge de l'instrument, et d'une feuille de vélin, de cancpin, de satin ou de taffetas ornée d'un dessin plus ou moins fini. Non. L'éventail n'est plus le simple esmouchoir, l'esvenloir, l'esventeur des nobles dames du douzième siècle.

Introduit de Chine en Europe par les Portugais dans le courant du dix-septième siècle, l'éventail en quart de cercle eut bientôt conquis le monde élégant. Encore quelque temps et c'est à son éventail que Mme de Maintenon confessera ses derniers péchés ; c'est de son éventail, transformé en sceptre du plaisir, que la Dubarry se servira pour gouverner Louis XV et la France.

L'EXPOSITION UNIVERSELLE Dlî 1 867 ILLUSTRÉE.

Au dix-huitième siècle l'éventail est devenu une puissance. Les premiers artistes de l'époque, les Boucher, les Lancret, les Fragonard ne dédaignent pas de lui consacrer leurs plus gracieuses compositions. II faut voir la collection qui se trouve dans la Galerie du travail, et qui touche à la rue de Provence, pour juger les délicieuses gouaches que ces maîtres peintres ont tracées sur le vélin, et quel prix on attachait alors à l'élégance artistique de ces objets fragiles. Aujourd'hui, l'éventail n'est pas moins aristocratique. Il prend à son service les pinceaux les plus fameux. Hamon, Baron, nos premiers aquarellistes, sont chargés de les décorer. Quelques-uns sont de vrais tableaux. Cherchez les vitrines d'Alexandre, les plus remarquables de toutes ; celles de Vanier, Taveaux, Bethmont, Fayet, Kees, et étudiez les scènes fantaisistes retracées sur la feuille de ce léger instrument, qui entre les mains de nos duchesses de la finance ou du théâtre devient un bâton de commandement. C est pour l'éventail que les femmes conservent encore leur plus gracieux sourire, c'est de l'éventail qu'elles font leur plus intime confident; c'est toujours lui qui reste leur enfant gâté.

Si elle résiste à la tentation que doit exercer sur elle la vue des éventails, la femme qui parcourt la rue de Provence s'intéressera vivement aux expositions de lingerie, de cor. sets, de crinolines, d'ombrelles, de gants. II y a là des chemises, des jupons simples et brodés, mais tous d'un fini à défier l'aiguille d'une fée. Il y a surtout des demi-corsets, des ceintures, comme on les appelle aujourd'hui, faites de satin et de broderies qui font regretter que nos élégantes portent des robes par-dessus.

Ah! la civilisation a bien marché depuis le temps où nos premiers parents se vêtissaient exclusivement de peaux de bêtes ! A l'heure qu'il est, la fourrure n'est plus qu'un accessoire du vêtement féminin, mais quel accessoire! C'est encore dans les dépendances de la rue de Provence qu'on a réuni les riches dépouilles du vison du Canada, de la martre zibeline et de tant d'autres pelleteries amoureuses du velours et des soieries piquées. Au miheu de ces manchons, de ces dolmans fourrés , on pense au givre, à la neige qui peut venir, et on est tenté de demander à M. Leplay l'autorisation de passer ses deux termes d'hiver dans ce salon où l'on s'emmitouflerait si commodément dans un paletot doublé de renard bleu. S'il pouvait exister un paradis d'hiver, c'est bien certainement chez MM. les fourreurs qu'on l'établirait, et le saloi de fourrures de l'Exposition en serait la plus riche succursale. La vue de ces chaudes pelleteries vous donne l'intrépidité des voyages, et, sans transition, en faisant simplement un pas, on se transvase, comme on dit dans les Rendez-vous bourgeois, dans la classe des objets de voyage et de campement.

Ici, on n'a plus que l'embarras du choix. Depuis la gibecière qu'on porte en bandoullière juqu'à la grande malle de dame, tout se rencontre dans ce dock. On y trouve et le portefeuille du banquier reposant encore innocent à côté de la simple guêtre du chasseur, et l'énorme coffre qui aurait pu servir à Marie-Antoinette, cette reine qui voulait avoir une robe nouvelle pour chaque jour de l'année. Ces coffres, dont le plus ordinaire doit exiger au moins un wagon à lui tout seul lorsqu'il voyage, sont appelés boîtes à robes. J'en ai vu une cotée onze cents francs !

Ah! mesdames, la belle occasion que je laisse échapper là de sermonner, ainsi que le faisait si na'ivement feu M. Dupin, votre luxe et les habitudes qu'il entraîne avec lui !

Mais nous ne sommes pas ici pour faire de la morale. Notre devoir est de visiter la rue de Provence et de continuer notre promenade en jetant un regard sur les toiles cirées et les reproductions des cuirs de Cordoue, de Venise et des Flandres. Ce dernier article appartient bien à cette branche de l'industrie moderne qui a voulu mettre le faux luxe à la portée de toutes les bourses. Je préfère m'arrêter devant les couvertures de laine et de coton, c'est un hommage^ que nous devons aux bons et loyaux services que rendent journellement ces modestes produits.

Un instrument utile aussi et dont nous avons fait un objet de luxe, c'est la montre qui nous sert à émietler l'existence, à compter les heures et les minutes que nous vivons.

11 existe dans la classe d'horlogerie de la rue de Provence un compteur qui marque les millièmes de seconde. Il est dû à M. Balliman. Devant ce compteur si consciencieux, je me suis demandé à quelle opération de physique ou d'astronomie pouvait servir ce régulateur. M. Le Verrier seul pourrait peutêtre me renseigner, mais je ne l'ai pas là sous la main. Il faudrait courir à l'Observatoire, et j'ai encore à enregistrer l'exposition de ressorts de montres de M. Moniandon, qui a obtenu une médaille d'or. C'est le même qui possède à Gœtzenbi uck, dans la Moselle, une usine fabriquant jusqu'à 1 50000 verres par jour, dont la grosse se vend depuis 0,15 cent, jusqu'à 50 francs.

■ Une œuvre de patience devant laquelle les connaisseurs s'extasient, c'est l'horloge fabriquée par M. A. .VUeaume, d'Angers, horloge qui lui a coûté dix ans de travail et qui marque tout ce que l'homme le plus rangé peut demander à la mécanique.

Besançon a une exposition d'horlogerie considérable. Réputation oblige. L'industrie horlogère, qui tient actuellement le premier rang à Besançon, occupe 15 000 ouvriers ou ouvrières. L'an dernier (1 860), le nombre des montres exécutées a été de 305 435, dont 101 309 en or et 204 120 en argent.

En 1849, Besançon fabriquait seulement

0149 montres en or et 32449 en argent. Ces chiffres seuls démontrent assez les progrès que cette industrie a faits en moins de vingt ans.

Les vitrines de l'école municipale d'horlogerie de Besançon sont des plus intéressantes. Cette école, créée en 1802 seulement et placée sous la direction de M. Sire, a concouru efficacement au développement et au perfectionnement de la fabrique d'horlogerie bisontine. Qu'elle perfeciionne l'éducation professionnelle des ouvriers, mais qu'elle se méfie de la camelote.

A côté de l'exposiiion municipale, nous avons remarqué, et elles méritent de l'être, les montres de chasse de M. Chai'Ies Houdin, de Paris. C'est une heureuse innovation qui a trouvé sa raison d'être.

Dans la rue de Provence, on voit encore les appareils de chauffage et pour la cuisine. MM. F. Baudon et fils ont exposé des cheminées monumentales dans lesquelles Gargantua aurait pu faire cuire ses inénarrables dîners. Il y a encore une collection de mâchoires que je ne recommande ni aux gens sensibles ni aux natures nerveuses. Ces maxillaires qui grimacent avec ou sans dents sont d'un aspect peu gai. Rien qu'à lei voir on sent pousser le mal aux dents. Il est vrai que c'est à un dentiste qu'appartient cette vitrine, remarquable dans sa spécialité, je l'avoue, mais dont la place aurait été mieux trouvée à côté des expositions chirurtàcales.

On a voulu atténuer cette inconséquence en plaçant à deux pas la classe de coutellerie, qui, paruncerlain eôlé, celui des instruments chirurgicaux, touche à i'anatomie, mais cela ne fait pas que le public, en passant devant tant de dentiers malades, ne coure vite dans la crainte de prendre la carie des molaires.

Mais finissons gaiement cotte promenade dans la rue de Provence.

Sans trembler devant le lion empaillé et les aigles noir, et blanc des naturalistes Verreaux et Lefèvre, sans nous arrêter Oevant la classe des cuirs, auxquels VËjrposition illustrée a déjà consaé''ré un article spicial, saluons en passant M. Polichinelle qui garde l'entrée du Paradis des enfants et qui maintient, de par la puissance de sa trique, l'immobililé de tous ces pantins qui ne demandent qu'à sauter pour tout le monde. Dans la collection des joujoux qui est exposée à l'entrée de la classe 46, on voit des sénateurs, des députés, des conseillers d'État en costume officiel et qui, comme de simples mortels à qui n'incombent pas les responsabilités de la politique, font la cour à de sémillantes poupées de carton non moins brillantes que leurs uniformes brodés.

Et maintenant si vous voulez que je vous apprenne pourquoi la rue que nous venons de parcourir a été baptisée rue de Provence, je vous dirai, mais ceci entre nous et sans que s'en doute la Commission impériale, qui ne l'a peut-être jamais soupçonné, que ce

n'est pas parce que dans cette rue on entend chanter le refrain du félibre Gaut :

0 mouti pais, bello Prouvenço, Toun dous parla pou pas mouri.

{0 mon pays, belle Provence, Ton doux parler ne peut mourir);

mais parce que, dans un coin de la galerie des

Beaiix-Arls, qui avoisine l'entrée de cette rue, se trouve un remarquable buste de Houdon, envoyé par le musée d'Aix, et représentant un Inconnu. Le port de tête de ce buste rappelle, à s'y méprendre, l'attitude oratoire du grand Mirabeau, ce puissant représentant de la Provence à l'Assemblée nationale de 89.

C'est la seule explication plausible que j'aie trouvée, et je vous la livre, mettant de côté tout amour-propre d'auteur, et sans prétendre pour cela à la médaille d'honneur.

ACUILLE Aknaid.

LA RUE DE PnOVENCE. — DessiQ de l\. Lanson.

Les jpharesj d'Angleterre et d'Écosse.

La forte race anglo-saxonne, qui a essaimé tant de fois et fondé de nouvelles Angleterres au milieu des peuples hindhous , dans les prairies américaines et jusque dans les terres australes, aux antipodes de la mère , -itrie; cette race doit sa toute-puissance à sa marine,

maîtresse de la mer. 11 lui a fallu se diviser en deux pour trouver une rivale. Soit que le drapeau écarlate, soit que le pavillon étoilé se déploie à la corne d'artimon de ses vaisseaux, n'est-ce pas toujours la race anglaise qui « domine les vagues ? »

Pour assurer la grandeur à sa marine, l'Angleterre a dû songer à lui procurer la sécurité; et peu à peu les côtes britanniques se font illuminées de feux protecteurs, et des

bateaux de sauvetage ont été placés dans tous les endroits dangereux. Peut-être, un jour, un rédacteur plus autorisé que nous fera-t-il l'histoire de cette dernière institution, représentée au Champ de Mars aussi bien que celle des phares; aujourd'hui, nous allons parxr de la collection d'appareils d'éclairage et de modèles de phares, réunie dans la galerie des machines, à droite de la rue des Indes. Les progrès de l'éclairage des côtes ont

suivi à peu près la même marche en Angleterre que dans le reste du monde.

Depuis 1 époque romaine, et peut-être avant, on a allumé sur les rivages de l'île d'Albion des feux de bois, comme on le fait encore au Japon ; on leur substitua, beaucoup (dus tard, le charbon de bois, la houille et

les chandelles; et enfin, il n'y a pas un siècle, on employa pour la première fois, les appareils optiques. Ce furent d'abord des réverbères à mèche plate et à miroir sphèrique, puis des quinquets à mèche ronde et à miroir parabolique, et enfin des lampes carcel à mèches multiples, dont la flamme est

entourée de tous côtés par des anneaux lenticulaires. La source éclairante des rayons lumineux changeait en même temps que se perfectionnait l'art de les diriger au loin; aux huiles on a ajouté, dans ces dernières années, le pétrole, le gaz dont nous ne faisons point encore usage en France, et enfin la lumière

Li.b PllAREb D'A^GLETERHE ET D'ECOSSE. — De.ssin de M- Laucelol

électrique, installée au phare de Dungeness, avant même que nos phares de la Hève aient été munis de ce puissant foyer incan- I descent.

En même temps que les phares se perfec- 1 tionnaient , ils se multipliaient; et main- 1 tenant, six à sept cents feux s'allument I chaque soir sur les côtes des Iles-Brilarni- ( ques; c'est le double du nombre des phares ( et fanaux de la France.

Pour éviter de confondre entre eux ces points lumineux si nombreux, tantôt on les nuance de teintes rouges, vertes ou bleues, tantôt on les fait passer alternativement du rouge au blanc, tantôt la lumière apparaît et disparaît successivement, ou bien augmente subitement d'éclat, tantôt on place côte à côte deux ou même trois feux, ou bien encore on les superpose.

l'our obtenir desapparences aussi diverses,

de nombreuses variétés d'appareils optiques sont nécessaires, et l'exposition du Royaume Uni est aussi remarquable que complète sous ce rapport.

Le centre est occupé par l'énorme lanterne d'un phare de premier ordre, autour de laquelle ont été placés tous les autres spécimens et modèles. Cette lanterne est une véritable maison de verre et de cristal, posée sur un soubassement de métal et couronnée par

une girouelle. 1! faut y signaler 1 excellente l'orme de la monture métallique, disposée en losanges, ce qui donne plus de légèreté et de solidité à tout l'appareil, et n'arrête pas les rayons lumineux, dans certaines directions, comme les montures yertieales.

Les Anglais ont ajouté un nouveau perfectionnement aux lentilles de Fresnel, c'est le système olophotal de M. Thomas Stevenson, dans lequel la lumière est rassemblée par des prismes à rélïexion , totale. En étudiant cette nouvelle application des prismes, M. Stevenson est arrivé à la curieuse et utile découverte des miroirs dioptriques. Les miroirs employés habituellement sont en cuivre argenté; ils absorbent une partie très-notable de la lumière et noircissent très-vite, ce qui nécessite des récurages constants, et bientôt la réargenture. Les miroirs Stevenson, composés de prismes à réflexion totale, ne se ternissent point et renvoient presque toute la lumière. Rien n'est curieux comme ce miroir composé de prismes de cristal pur et transparent comme du diamant. Un objet qui ne se trouve pas au foyer du miroir, se voit à travers les prismes comme à travers une vitre; mais dès qu'il arrive au foyer, l'objet devient brusquement invisible, parce qu'alors tous les rayons se réfléchissent à la surface du verre transparent. A l'Exposition on a placé ainsi au foyer d'un miroirdiopirique, une boule rouge supportée par une tige de cuivre : d'un cûlé, du côté où le phare doit envoyer sa lumière, on voit la couleur rouge de la boule qui est réfléchie comme le seront plus tard les rayons de la lampe; dans la direction opposée, la boule est complètement invisible, malgré la transparence du verre, tandis que son support en cuivre, qui lui n'est pas au foyer, se voit parfaitement à travers le miroir.

Cette disposition des prismes qui n'a pu être trouvée que par l'étude approfondie des lois les plus subtiles de l'optique, a été appliquée pour la première fois à un phare bâti chez les anthropophages, au cap Saunders, dans la Nouvelle-Zélande.

On aurait souvent besoin de signaler par un feu un écueil où il est entièrement impossible d'établir le logement des gardiens destinés à l'entretien du fanal. M. Thomas Stevenson a inventé deux moyens de tourner la difficulté : le premier consiste, après avoir élevé une petite tourelle, une balise sur l'écueil, à y envoyer de la terre ferme les rayons d'un phare construit ad hoc, et à les recevoir au sommet de la tourelle, sur un miroir qui se trouve éclairé à dislance de cette façon; ce système a été appliqué pour la première fois en 1852, dans les îles Hébrides; le second procédé est encore à l'élude : il consiste à conduire, à l'aide d'un câble sousmarin, un courant électrique sur la balise et, par rintermédiaire d'une bobine, à faire jaillir des éiincelles d'induction dans un tube privé d'air (tube de Geissier), qui devient

lumineux, et dont la lumière est recueillie par un miroir particulier.

IMaintenant que nous connaissons les appareils lumineux usités en Angleterre, étudions les monuments et l'organisation des phares.

Nous allons plus d'une fois nous aider, pour rédiger cette seconde partie de notre article, d'un des livres les plus intéressants de l'intéressante Bib/iolli'e(jue des Merveilles : Les Phares par M. Léon Renard ; le savant et aimable bibliothécaire du dépôt de la marine est assez riche pour pouvoir prêter.

Les phares britanniques dépendent de trois administrations distinctes : ceux de l'Angleterre appartiennent à la Corporation de Trinity-House, de la Maison de la Trinité; — les Anglais, religieux comme tous les marins, comme tous les contemplateurs de l'étendue, ont mis les feux protecteurs sous l'invocation de Dieu ; — les phares d'Éccssesont administrés par la Commission des phares du Nord, et ceux de l'Irlande par le bureau du ballast de Dublin.

La corporation de Trinity-IIouse est une sorte d'État dans l'État, qui jouit de droits régaliens, a sur les matelots droit de basse justice, et fait flotter sur les mers un pavillon spécial.

La corporation comprend trois cent soixante frères cadets et trente et un frères aînés, dont onze membres honoraires choisis parmi les plus grands personnages de l'Angleterre, y compris le roi, et vingt membres actifs qui doivent avoir servi quatre ans au moins comme capitaines de navire, et avoir passé par le grade de frères cadets.

La Commission des phares du Nord est composée de deux magistrats de la couronne, de shérifs et de prévôts; et le bureau irlandais, de négociants, de banquiers, d'administrateurs de chemins de fer, de magistrats, enfin d'un capitaine de navire.

Au lieu d'être gratuit comme en France, à titre de service d'intérêt public, l'éclairage maritime des côtes anglaises, est très-onéreux pour les navigateurs, les corporations percevant un droit fort élevé.

La Trinity-House et la Commission des phares du Nord, eont seules représentées au Champ de Mars. C'est au nom de la seconde que sont exposées les inventions nouvelles de M. Thomas Stevenson, dont nous venons de parler.

L'exposition écossaise est complétée par les modèles des deux plus célèbres phares d'Écosse, élevés l'un et l'autre par deux ascendants de M. Thomas Stevenson : Robert Stevenson et son fils Alan.

A l'orient du golfe de Tay, au large du poi't d'Arbroath, se tapit, à fleur d'eau, un rocher traître et redouté où l'on avait établi une cloche que les vagues faisaient sonner en déferlant sur le roc. Le danger étant toujours imminent, la cloche sonnait sans cesse le tocsin ; mais ■ le rugissement des flots

couvi-ait la voix tutélaire qui avertissait du péril.

Le 7 août 1807, une barque aborda malgré le ressac, et Robert Stevenson descendit sur le rocher qui devait le rendre célèbre. Les mouettes ne s'envolèrent pas, les phoques étonnés regardèrent l'ingénieur, quireconnut que l'érection d'un phare était possible. Les travaux commencèrent immédiatement, ils furent pleins de dangers et rencontrèrent mille traverses. Un jour les ouvriers faillirent être engloutis parla mer montante; leur ponton de refuge avait été entraîné ; un bateau de passage les sauva. Pour profiter des basses mers, il fallait travailler la nuit une torche â la main. Le talent de l'ingénieur vainquit toutes les difficultés, et le H février 1811, le feu brilla dans la lanterne à 35 mètres et demi au-dessus du récif.

Alan Stevenson eut à accomplir une tâche plus rude que celle de son père, pour élever le phare de Skerrivoi-e. Quoique Robert eiit reconnu la nécessité de l'établissement de ce feu, ce ne fut qu'en 1.834 que le travail fut entrepris. Ce nouveau monument se trouve au milieu des Hébrides, dans ces îles sauvages de Thulé, où les anciens faisaient finir le monde dans les ténèbres boréales. Les travaux durèrent dix ans; il fallut pour pouvoir aborder régulièrement à l'écueil, construire un port de refuge dans une île voisine, et plusieurs fois les tempêtes détruisirent tout ce qui avait été fait; mais rien ne put lasser ce digne fils d'un père illustre, et maintenant le phare, impassible et dédaigneux de l'ouragan, élève son front à 48 mètres du sol.

Les modèles des phares appartenant à la Trinity-House sont bien plus nombreux; nous ne pourrons en donner qu'une rapide énumération. Chacun d'eux est un paysage représenté en relief au moment de la basse mer. Nous renvoyons nos lecteurs au beau dessin de M. Lancelot; ils pourront, grâce à l'interprète, se rendre un compte exact de l'aspect pittoresque de ces reliefs. C'est une excursion sur les côtes anglaises, que font les curieux qui visitent l'exposition de Trinity-House.

Voici d'abord l'un des plus anciens et le plus célèbre des phares britanniques, celui d'Eddystone, au sud de Plymouth. Deux tours avaient déjà occupé le roc d'Eddystone, et avaient disparu d'une façon tragique, quand Smeaton entreprit on 1757, la construction du phare actuel. La France était alors en guerre avec l'Angleterre, et un jour un corsaire français opéra une descente, et captura tous les ouvriers. Louis XV les fit mettre en liberté, et la tradition lui prête ces belles paroles qu'il n'a probablement jamais prononcées : « Je suis en guerre avec l'Angleterre, mais non avec le genre humain. » En 1 759 les travaux étaient terminés ; depuis un siècle, chaque nuit Eddystone allume sa lampe, et pendant que les empires s'écrou-

lent, que les nations s'éteignent, cette petite flamme brâle toujours.

Un des modèles les plus curieux est celui despliares de Smals, dans le canal de Saint- Georges, près de Milford. On y voit, l'unauprès de l'autre, lahaute et svelte tour en maçonnerie, construite en 1861, par IIM. Walker et Douglas, auxquels on doit presque tous les nouveaux phares anglais et le vénérable phare en charpente, élevé en 1 777, par Whitheside, sur Icsordres et aveclesdeniers d'un simple particulier, Philipps, qui n'ambitionnait que le bonheur d'être utile à l'humanité. La comparaison des deux phares permet déjuger des progrès réalisés enire les deux époques. Autrefois, les innombrables lampes à réflecteur, aujourd'hui, la lampe unique dans sa cage de lentifles, et sur la galerie extérieure, une cloche pour la remplacer en cas de brouillard.

Une particularité intéressante, c'est que le modèle de l'ancien phare a été taillé dans un des pilotis de cette construction.

Mais la plus piltoresque de ces réductions est assurément celle de South Slack, avec son pont, jeté sur un bras de mer, trait d'union entre le phare et l'escalier abrupte qui escalade la falaise. Ce feu se trouve près d'Holy- Llcad et éclaire la route des paquebots-poste d'Irlande. Dans ce pays du brouillard on ne se contente plus de la cloche pour avertir les vaisseaux; de quart d'heure en quart d'heure, ' le canon gronde sur le rocher, quand la brume est épaisse, et, détail poétique, les gardiens élèvent d'mnombrables mouettes, dont les cris incessants deviennent la sauvegarde des marins.

Un mot enfin sur le phare en construction du Wolf, dans les îles Sorlingues. Le modèle représente l'état des travaux au commencement de l'Exposition, et une partie brune, ajoutée vers la fin de juillet, les travaux accomplis depuis le 1" avril; ils ont marché vite.

La Triuity-House a encore exposé deux modèles de phares d'une nature toute particulière, intermédiaire entre les tours en pierre et les feux flottants.

Il existe sur les côtes des bancs de vase et de sable presque à fleur d'eau, où il est impossible de bîitir. L'ingénieur Mitchell imagina d'y fixer, d'y visser littéralement, des pilotis de fer, des colonnes creuses, terminées par une vis de fonte très-saillante ; une espèce d'hélice qui pénètre dans le sable. C'est sur ces pieux que l'on construit l'habitation du gardien et la lanterne du phare. Quelques uns de ces fanaux, dont le pied plonge dans l'eau se rapprochent si bien des navires qu'ils sont munis d'un canot, suspendu au-dessus de la mer. Lesmodèles exposés sont ceux des feux deMaplin et de Guufleet à l'embouchure de la Tamise.

C'est en .Vngleterre que le premier feu flottant fut établi, en 1732, et aujourd'hui ils sont plus nombreux que partout ailleurs;

il en existe près de soixante autour des côtes du Royaume-Uni. L'un d'eux, dans les îles Sorlingues, est mouillé en plein océaji, dans un endroit où la mer a soixante-douze mèlrss de profondeur.

On a exposé le modèle du ship-light de Goodwin, mouillé à l'embouchure de la Tamise, sur des sables mouvants qui ont englouti des flottes entières avant d'être vaincus parles vaisseaux-luioière.Le feu de Goodwin porte unphare à chacun de ses trois mâts, ce qui n'a pas lieu en France où l'on ne met jamais plus de deux feux.

Le jour, les signaux lumineux sont suppléés par les bouées, les balises, les amers et les ballons hissés au ^mmet des mais des bateaux-feu.

Les bouées sont des signaux flottants, placés sur les dangers toujours couverts d'eau; les balises des signaux fixes, construits sur les récifs qui émergent à chaque marée; les amers des points de repère placés sur la terre ferme, La commission écossaise a expoîé un modèle de balise en fer, et la Trinily-House celui du piltoresque amer des Reculvers, sur les côtes de Kent. C'est une vieille église ruinée dont il ne reste plus que le portail et les clochers surmontésd'échafaudages rouges servant de signal.

Cette exposition est d'autant plus intéressante que ces modèles extraits de l'hôtel de la Trinity-House à Londres, ne seront plus visibles pour les Anglais eux-mêmes, après l'Exposition, et nous sommes heureux d'en avoir fixé le souvenir.

Charles Boissay.

Le Quart allemand.

Nous avons donné le quart belge après le quart français : nous donnons aujourd'hui le quart allemand, en attendant lequartanglais Pour décrire une portion du Parc, avec tous les établissements divers et souvent disparates qui l'encombrent, il faut employer le même procédé que pour décrire une des rues transversales du Palais, avec les produits de différente nature et de matière différente qui la bordent, en un mot faire comme l'abeille qui butine sur tout un parterre en elfieurant chaque fleur.

Le quart allemand est peut-être la portion du Parc la plus encombrée. 11 y a un peu de tous les pays, moins l'Angleterre. L'Orient lui-même y est représenté, je ne dis pas par les tentes russes, mais par un pavillon prus sien destiné je ne sais à quel émir del'Idumée. C'est de la fantaisie recliligne et selon la formule, que cette habitation orientale importée des rives du Mein. Cela charme l'œil pour

tant, mais le laisse froid. Nous avons dessiné cette fantaisie trop voulue dans une de nos précédentes livraisons : elle a un petit lac devant elle, et une pelouse bien émaillée, ce qui contribue singulièrement à l'agrément de son apect.

Si vous voulez que nous prenions le pavillon oriental prussien comme point central de notre description, voici ce que nous trouvons aux alentours : tourriés vers le Palais, le village autrichien, décrit par nous sur un dessin d'ensemble, est tout près à notre gauche. Ce village se compose d'une brasserie au centre, construction en bois fort bien disposée, où les garçons de l'établissement affectent de ne pas parler français, et où les filles de comptoir apprennent notre langue. Autour de la brasserie, sont diverses maisonnettes décorées avec goût qui représentent l'architecture domestiipie de diverses provinces de l'empire autrichien. A côté de ce groupe se trouve l'annexe du Wurtemberg, qui porte sur un de ses côtés le tableau en relief à propos duquel notre collaborateur M. Simonin vous a décrit les merveilles du monde antédiluvien. L'intérieur de cette construction est affecté à la fabrication du papier de bois : ces Allemands ne doutent de rien ! Plus loin, derrière nous, est la merveilleuse exposition des bois d'Autriche, dont M. de La Blanchère vous a également parlé. A côté, s'élève un trophée de terres cuites bien composé. De là, en remontant la grande allée vers l'École militaire, nous rencontrons à droite l'exposition des départements du Nord, déjà traitée par M. V. Cosse, le matériel de jardin do la Ménagère, le Bazar du voyage avec ses tentes, les grilles et treillages "e M. Thiry, et enfin, l'École de laSaxe royale, dont.Al. P. Poitevin vous a entretenus; à gauche, l'exposition de matériel agricole de la Prusse et de l'Allemagne du Nord (c'est tout un), suivi du bureau.de la même confédération, le tout protégé, à l'avant-garde, par la statue du roi Guillaume de Prusse, sur la grande allée de Belgique. Jlais, en poursuivant notre route par l'allée circulaire vers l'École militaire, nous avons en face, à côte des Docks du campement, les bureaux de la manutention de la douane, où trône notre respectable ami Moréno-HcHriquès, au milieu des expositions agricoles et autres qui l'entourent, et ayant à côté l'annexe de la classe 91 qu'il surveille d'un œil de père.

Nous sommes arrivés ainsi à la porte de l'École militaire. Nous avons devant nous la grande allée de Belgique qui mène au grand axe du Palais, coupée au milieu par une couverture en tôle ondulée qui la surplombe dans toute sa largeur, c'est-a-dire avec une ouverture de 18'", 60.

C'est sur le bord de cette allée, du côté du quart allemand, que sont situées d'abord l'annexe des beaux-arts de la Bavière, qui coudent le magnifique carton de M. de Kaulbach, la Réformation, et ensuite l'annexe des

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