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GROUPE VI. — CL.ASSE

Chaux hydrauliques et ciments de Lafargedu-Teil.

Non loin de la salle des conférences et avant d'arriver au palais du bey de Tunis, on i, remarque une construction d'un aspect sin-j; guiier qui afl'ecte la forme d'une galerie souterraine, et où se trouvent côte à côte des blocs de ciment et des mosaïques poiy-| chromes.

Il est des gens qui eussent passé in différentsàcôlé de ces morceaux do mortier et de béton, sans l'aspect original de la construction qui les renferme.

Et cependant cet attrait de la curiosité' ne suffit point à révéler l'intérêt impor-, tant qui s'attache à l'exposition de ces spécimens.

C'est en effet do la quantité de la chaux et des ciments que dépendent tantôt la sûreté des citoyens qui traversent nos ponts, tanlot

L'tXl'OSlTlON UNIVERSELLE DE 18ti7 ILLUSTRÉE.

ccroissement que notre commerce obtient r l'at^ranilissement des ports de mer exisits ou la création de ports de mer nou-

ÎUX.

Pour ce genr; de construction dont le int capifal est la solidité, les matériaux manquent pas, mais ils réunissent rare- !nt toutes les conditions pratiques. En tre, ce n'est pas assez que de pouvoir nstruire, il est éminemment nécessaire ur l'équilibre de nos finances que Ton isse exécuter économiquement les travaux itililé publique.

La cliaux a cette qualité qu'elle s'allie fa- Bment aux divers sables, et notamment aux )sions de basalte, de granit et de silex. Son draulicité constatée est des plus grandes, sa résistance à l'action des eaux salées et i vents de la mer rend son emploi indisnsable aussi bien aux constructions sousirines qu'à celles faites en élévation dans . parages salins.

La chaux hydraulique de Lafarge-du-Teil, 30£ée dans la construction qui fait le sujet notre gravure, a déjà donné des preuves ses qualités éminemment hydrauliques par sage qui en a été t'ait dans vingt-deux ports férents de la Méditerranée, de l'Océan et la Manche.

Les couches calcaires exploitées à Lafarge it partie des marnes néocomiennes infeures, et constituent l'assise que lesgéoloes ont désignée sous le nom de calcaires à ocères. On a remarqué que les chaux hyluliques dont les gisements portaient les nés criocératites néocomiens, sont celles f possèdent à un plus haut degré les condias distinctives des meilleures chaux hytuliquea. Ces dépôts se composent souvent marnes ou d'argiles, etde calcaires jaunâ- 5 plus ou moins grossiers, tantôt en cou- !B continues assez épaisses, tantôt en gran- . lentilles au milieu des limons marneux des sables. Les plus puissants dépôts se uvent dans le Languedoc, le Dauphiné et Provence.

^es carrières de Lafarge-du-Teil sont ouïes sur 100 mètres de front, 40(1 mètres longueur, et, formées de quatre bancs comités superposés de 25 mètres de hauteur ;cun, et où l'on trouve en même temps Kcellentes pierres de construction, /expérience a eu le temps de se former ir l industrie calcaire, plus peut-être que ir les autres industries. L'architecture est (tous les arts anciens celui dont l'histoire a iécrile jusque dans ses moindres détails, 1-seulement dans les livres de Porcins Caî et de Vitruve, mais encore dans les monunts impérissables que les anciens nous ont ués.

le ne veux point rappeler ici toute l'histoire ( ciments romains, ni les formules de la pposition des différents mortiers dont on lut servi depuis Vitruve. Il me suffît de siîder que dans l'espace de 35 ans, l'ex-

ploitation des chaux de Lafarge-du-Teil est arrivée à produire annuellement 90 000 tonnes, soit 90 millions de kilogrammes de chaux. Cette production s'accroîtra certainement encore par la jonction du Rhône au port Saint-Louis. En effet, l'usine est située sur les bords du Rhône, et traversée par la route impériale de Lyon à lipaucaire. Trentequatre fours à feu continu, qui décorent journellement ,"i00 mètres cubes de pierres cassée? et 70 000 kilos de charbon de terre, concourent à la production que j'ai chiffrée plus haut.

Une armée de .'îOO ouvriej's fonctionne journellement dans cette usine, où d'immenses fosses d'extinction alimentent l 'i moulins et 30 bluttoirs mus par 'i machines à vapeur.

Le nombre de ces travailleurs a réclamé une organisation philanthropique à laquelle nous devons nos éloges; et si les produits de l'usine de Lafarge-du-Teil sont fabriqués avec une sollicitude consciencieuse, les ouvriers qui donnent lemouvementà cette production sont l'objet des prévenances les plus intelligentes de la part de leurs chefs.

C'est ainsi qu'une caisse de secours, destinée à procurer des soins gratuits,, a été établie; des pensions de retraite et des caisses d'épargne y encouragent l'économie; enfin, une nourriture saine et abondante, et des logements à bon marché sont à la disposition des ouvriers.

Nous avons appris qu'une aumônerie sera bientôt installée dans l'usine de Lafarge-du- 'Teil, et nous pensons qu'on n'oubliera pas d'y adjoindre un établissement d'instruction primaire.

L'exploitation des carrières de Lafarge-du- Teil a donné naissance à une autre industrie, qui lui est liée intmiement et qui consiste dans l'application des résidus de cette usine à la fabrication de carreaux mosaïques polychromes à dessins incrustés et essentiellement adhérents. La découverte en est due à MM. Damon et Rousset, dont la fabrique est établie à Viviers, à proximité de celle de M. Pavin de Lafarge. Ces inventeurs sont parvenusà créer des modèles d'une grande variété de dessins et de couleurs, et dont la solidité résiste à tous les frottements.

Les carreaux mosaïques de MM. Dam on et Rousset permettent, par leur bas prix, une ornemenlation accessible à la construction économique; ils conviennent admirablement par leur composition homogène et sans mélange d'aucune espèce, au revêtement des locaux humides tels que ; bains, buanderies et établissements hydrothérapiques.

En outre, les genres les plus divers et les nuances tendres les mieux fondues qui sont obtenues par la fabrication de M.M. Damon et Rousset, facilitent l'usage des décorations de différents styles, étrusque, pompéi, roman ou renaissance.

En résumé, les industries des usines de La-

farge-du-T'eil et de Viviers sont des plus importantes.

Leur solidarité est de nature à favoriser une production économique et peut grandement développer leurs relations extérieures, avec les nouveaux débouchés que leur offrira bientôt la coupure du Rhône.

A. Chirac.

CHRONIQUE

Paris, 17 aoiH.

Non! jamais Par's n'aura donné asile à tant de créatures humaines. Est-il possible qu'au sein de cette atmosphère embrasée que nous fait la canicule, tant de poitrines trouvent à respirer dans un si étroit espace"? Toutes les gares de chemins de fer, le Nord, le Lyon, l'Ouest, Strasbourg, Mulhouse et Orléans, dégorgent d'heure en heure des flots de populations. Il en vient de Londres, de Berlin , de Madrid et d'ailleurs. C'est vraiment le Jubilé des peuples. )8G7, je l'ai déjà dit, sera l'an féiié du siècle. Le monde entier voyage et vient se récréer à Paris, la capitale de l'Europe, comme l'a dit le Times.

Le contingent de cette migration feativale est fourni par les départements autant que par l'étranger. Que voulez -vous! C'est le moment de l'année où l'homme se repose. Ija moisson est rentrée sous de bénignes influences : la qualité remplacera la quantité; et ceux qui ava'ent rêvé de la disette, en seront pour leurs frais, s'il plait à Dieu. Le raisin, cette fortune de la France, mûrit à la faveur de cette chaleur sèche, la température qui lui convient le mieux. Ce n'est pas seulement à cause de l'Exposition que l'année 18G7 comptera dans le siècle, c'est aussi pour son vin , pourvu que la chaleur continue.

A'ous voyez comment les paysans de France célèbrent les jours de repos après la moisson : Ils viennent visiter l'Exposition.

Sont-ce les fêtes du 1 5 août qui les attirent'? Ne le croyez pas. Ils savent très-bien qu'on ne dépense cette année que 40 000 fr, au lieu de 100 000 fr., pour les illuminations :etce n'est pas pour si peu que ces braves gens se seraient dérangés. Ils viennent, je vous dis, voir l'Exposition. Ce qu'un tel mot comporte, vous le saurez dans quelques mois. Avant qu'elle soit finie, l'Exposition aura pris des proportions légendaires. « C était du temps de l'Exposition » -.Ainsi commenceront tous les récits. « Quoi! Vous n'avez pas vu la grande Exposition! » Ainsi parlera-t-on à tous les iridill'érents. Et beaucoup de gens qui ne l'auront pas vue prétendront, par respect humain , l'avoir visitée.

Et nous, qui sommes le reflet fidèle de ce

grand événement, le millésime de cette date de l'humarilé, nous comptons aussi arriver au succès légendaire.

Qui donc avait dit que l'Exposition avait jeté tout son feu avec la distribution des récompenses et les visites souveraines? Les princes sont partis ; les peuples arrivent. Et si vous saviez quelle affloence au restaurant des ouvriers, devant cette endiablée musique hongroise, et sous le promenoir couvert, en face la porte Suffren ! C'est un spectacle plus animé et plus bruyant qu'une kermesse : cela nous rappelle le boulevard du Temple d'autrefois , élevé à la puissance de dix ou douze confingents de population cosmopolite. Ah! frère Jean des Entaumures, vous diriez que cela sent la rouslisserie à plein naseau. — Eh bien, quoi? ne faut-il pas que tout grouille et bruisse? Le monde est en liesse!

' Avec le mois de septembre, l'aspect de la population changera; mais l'affluence sera encore plus considérable.

Après les paysans viendront les écoliers et leurs professeurs, et les magistrats aussi, et les fonctionnaires de tout ordre, et tout ce qui aspire après les vacances.

Ah! les critiques ont cru que l'Exposition était finie. Jamais elle n'aura été si belle qu'au mois de septembre; jamais elle n'a été ai belle qu'en ce moment.

Et dire qu'elle s'évanouira après la distribution des récompenses de la fin d'octobre ! Il n'y a pas à en douter : le Moniteur a parlé. A l'adjudication, les démolitions du Palais, fer et bois, vitrines et charpentes! A l'adjudication, les débris des établissements du Parc, palais et chaumières, chalets en boia découpés, pavillons éclatants, cercle, théâtres et concerts ! Il faudra passer par profits et perles tout ce qui ne pourra plus servir, après le déménagement, les conduits d'eau et de gaz, qui étaient une merveille I il faudra mettre la poudre de mine dans les puissantes et solides substructions sur lesquelles repose le Palais.

OllFEVHEHlE. — G.iNYMEDE, de M. Veyrat.

Par ce temps de canicule, savez-vous qu'on respire librement dans les galeries encombrées du Palais, grâce à un ingénieux sys-

CHAUX HÏDRAULIQUIvS UE L'ESl.'yE LAFARGE-DU-TEIL.

tème de ventilation, qui pourrait être facilement transformé, en temps d'hiver, en bouches de chaleur?

Et dire que tout cela va disparaître, sans

laisser de traces; que dis-je? à la, i condition de ne pas laisser de tracesli > Car, sachez-le bien, les travaux d«i l renivellement sont mis aussi en adjm dication; et il faut que l'aire primii tive du Champ de Mars soit rétabli( avant le 1" janvier 1868.

Le Monileiir l'a dit : mais, grâce i Dieu, le Monileur universel n'est n infaillible, ni surtout implacable. El si on l'intercédé avec persistance ej ferveur, il aura bien le temps ilt changer d'avis, et plusieurs fois plutôl qu'une.

Quoi qu'il en soit, avant même qui l'exposition soit démolie, on la trou vera reconstruite dans notre livn ensemble et détails, avec sa physioi nomie et son caractère, et même avei les incidents qui serviront d'épisod' ^ à son histoire.

Quoique notre cadre soit immense, nous sommes pourtant obligés di nous restreindre pour ne pas le dépasser. Tout nous sollicite à la fois les arts, l'industrie, l'histoire, les pro doits remarquables et les objets cu' :

rieux. Nous avons déjà fait nos choix et nos matériaux sont à l'œuvre, ayan pourtant laissé à l'imprévu la place qu'i convient de lui laisser en toutes choses dan la vie.

Les enseignements qu se dégagent de !ce granc spectacle du Champ de Mars s'adressent à tous, et embrassent toute l'activité humaine. Noua lel recueillons avec soin nous ferons en sorte qu'ill portent leurs fruits.

La sainte cause de 1* paix a prévalu, peut-être grâce à l'Exposition, contre les excitations qui Is^ menaçaient. Lorsque le^ monde se sera remis aui travail , après le spec tacle qu'il, s'est donné à lui-même, il cherchera dans le souvenir de l'Ex position universelle de 1807 un objectif d'émulation et d'ardeur.

Les ressources existent, la confiance renaîtra : et l'ère de la paixj féconde sera ouverte !

Fk- Ddcuinc.

Dessin de M. Fellmann

Adniiiii'.strutioii , rue de Kichelieu, iOU. — DKKTU, cditeiir, galei-ie du Paluis - Roy al.

ON s'abonke par l'envoi d'un makd.at de poste a l'ohdre de m. l. gueïmard, administrateur.

litiprimerie générale de Ch. Labiiro, rue de Fleurus, 9, à Paru.

L'EXPOSITION IWIIERSELLE

LOlOMOTRE a vapeur pour routes CRDINAIRES. - Dessin de M. Giiildiau.

Vol. 11.

Du 22 Août 1867.

/.ex Lmmiuliri'^ « cit/JL'ur jioiif roii/cs ordinaires (1 gra- Mire), par M. le baron Séguier. — 11. Gmjant miljlaifc '1 gravure), par M. H. ile la Hlanchère. — 111, Orlirrni! : il. t'nmtni-Meurice 1 gravure), par M. Oc!ave Lacroix. — IV. Le duc d'Athhieti, Cmdtiur dr Ilrienne, à Florence (1 gravure), tableau <ie M. Ussi, par M. O.ivier Merson. — V.ip/rarfils fhalographiquts (3 gravures), par M. A. Chirac. — VI. Lr.i Macltine^^ itmilaises (1 gravure), par M. Victor Meunier. — Vli. Exj)o>^ilion a<iricole du départemenl du AVd (1 gravure), par M. Victor Cosse. — Vlll. Le Hâlimenl. des chaudières amjlaises ou lu Mosquée d'Àhmed-Ahad :i gravure), par M. Ch. Hoissay.— IX. CliTouique, par M. Fr. Ducuing. — 10 gravures.

les Locomotives à vapeur pour routes ordinaires à l'Exposition.

.Mb souvenant d'avoir lu un remarquable rapport touchant la locomotion sur les roules ordinaires au moyen de la vapeur que M. le baron Séguier, membre de l'Institut, et mon illustre collègue à la réunion des bureaux du dixième groupe, avait lu ;i l'Académie des sciences le 4 juin 1866, rapport qui m'avait frappé par sa clarté et ses conclusions, j'en ai pris prétexte pour solliciter de son auteur une noie à propos de la machine routière au Champ de Mars. Nos lecteurs seront aussi reconnaissants que je le suis moi-même de la réponse qui m'est faite, et que voici :

Fk. DucuisG.

La priorité de la pensée de faire progresser sur route ordinaire un véhicule à vapeur, appartient à la France.

Cugnot a, bien incontestablement le premier, en 1770, fait marcher par la vapeur, sur le sol de l'.Vrsenal, à Paria, un fardierà transporter les canons.. Ce curieux engin, soigneusement conservé, est exposé aux yeux de tous, dans la nef de l'ancienne église annexée au Conservatoire des .\rts et Métiers.

Quelle longue liste de noms ii inscrire aujourd'hui à la suite de celui de Cugnot ! llepuis ce début, que de tentatives en France et en Angleterre !

Une étude rétrospective complète de cet emploi de la puissance de la vapeur serait vraiment trop longue pour trouver place dans le simpleicompte rendu des voitures à vapeur exposées au Champ de Mars. En les énumérant, bornons-nous à rechercher si la manière d'appliquer la vapeur au véhicule a réellement fait autant de progrés que les organes qui engendrent sa puissance.

Nous trouvons dans la partie française, des remorqueurs à vapeur, car c'est bien là le nom qu'il convient de donner à ces locotnotives spéciales de MM. Lotz de Nantes, Albaret de Liancourt, Larmangijot d'Auxerre, destinées à remorquer sur routes ordinaires, des voitures à voyageurs ou des fourgons à

marchandises; dans la partie anglaise, nous rencontrons les constructions de MM. Avelinger et Porter, de Rochester, et de M. Fow- Icr, de Leeds, p us spécialement appropriées à des transporis agricoles ou industriels sur terrain meuble ou peu compacte.

En étudiant comment le moteur à vapeur transmet le mouvement de progression à tous ces appareils, nous remarquons que sa puissance est seulement communiquée aux roues de l'arrière-train par une chaîne sans fin et des engrenages à vitesse variable.

Nous plaçons sous les yeux du lecteur le dessin de la locomotive routière de M. Lolz; il fait clairement comprendre ce genre de transmission aux roues de derrière; or, il en résulte nécessairement q^te la direction d'un tel véhicule ne peut être opérée que par la conversion de l'avant- train, à l'aide d'un puissant gouvernail, manœuvré par un conducteur auquel le plus court moment de distraction ne saurait être permis ; la direction résultant de l'angle formé par l'avanttrain avec l'arrière-train, demande l'attention la plus soutenue.

Dans toutes ces construclions, la voiture esl poussée elnonlirée parles chevaux-vapeur allelés par derrière; qu'on nous permette de nous exprimer ainsi, pour mieux faire comprendre notre critique de cette très-vicieuse application de la puissance motrice. La difficulté, l'impossibilitémême de dém.arrer par un petit cercle et un tournant court, en résulterait, si le mécanisme à vapeur n'était pourvu de la faculté de faire agir chacune des roues de derrière séparément, pour ne faire tourner que celle qui doit décrire le cercle extérieur pendant le mouvement de conversion.

Au début, Cugnot opérait-il ainsi? En discutant la construction de son fardier à canon, nous remarquons que cet engin est un véritable tricycle, et nous restons frappé du soin pris par cet ingénieux inventeur d'appliquer la puissance de la vapeur à la roue uniquede son avant-train, très-judicieusement chargé du poids du mécanisme et de la chaudière pour augmenter l'adhérence de cette roue sur le sol. Cugnot, disons-le^ bien haut, a vraiment attelé son cheval-vapeur devant son fardier pour le lui faire liror, car c'est bien par le déplacement probable de cette roue motrice de l' avant-train de son tricycle qu'il en déterminait les changements de direction. Aussi pouvait-il tourrrer sur luimême de continu et sans plus de difficulté qu'un chien mordant sa queue. Que la famrliarité de cette comparaison, qui rend si bien notre pensée, nous soit pardonnéel

Le rapprochement entre les remorqueurs exposés au Champ de Mars et le fardier exposé aux Arts et Métiers, démontre-t-il un réel progrès au point de vue de l'application de la puissance'.' Non! quant à nous, il ne nous apparaît pas! Dire la vérité quand on est certain qu'elle tombera dans l'oreilled'ha

biles entendeurs, auxquels demi-mot sutfit pour provoquer des chefs-d'œuvre, nous par-art plus opportun que formuler des éloges mensongers.

Nous n'hésitons donc pas à profiter de l'occasion fournie par ce compte rendu pour expliquer aux constructeurs de locomotives rotrlières comment nous coirrprenons la solution du difficile problème qu'ils tentent courageument de rcsoudi-e, même aux prix des plus grands sacrifices.

Ce sont les roues de l'avant-'i-ain d'un véhicule à vapeur que nous voudrions voir séparément sollicitées dans leur mouvement de rotation. Une paire de cylindres à action croisée pour éviter les points-morts, devi-ail, à noire avis, animer chaque roue. Cette r'otation indépendante, susceptible, à volonté, d'accélération, de r-alentissemcnt, d'arrêt, de renversement même, pei-mettrait aux roues de l'avant-train d'entraîner et de diriger ii la fois le véhicule, absolunrent comme le feraient deux chevaux. Aussi au lieu d'exiger de la pan du conducteur une action lente ou pénible, pour trouver la direction dans les changements de rapports de position des deux essieux entre eux, suffirait-il de placer dans SOS mains les leviers des coulisses-Sle • phenson servant à la distration ctau réglage de la vapeur dans chaque paire de moteur, pour transformer ce conducteur en un vérrlable cocher. Pousser en avant simultanérrrent les deux leviers pour laisser prendre aux roues motrices leur maximum de vitesse, serait rrrettre les chevaux au galop en leur rendant la main et lâchant les rênes; retirer eu arr-ière à la fois les deux leviers pour fair e fonctionner les moteurs au rebours, serait tirer sur les rênes comme pour faire reculer les chevaux; enfin, pousser un levier en avant, tirer l'autre en arrière pour faire fonctionner chaque moteur dans un sens différent, ce serait produire sur les roues de 1 avanttrain cette action inverse qite le cocher déler-rnine pour tourner, en activant un de ces deux chevaux, en retenant ou faisant reculer l'autre; puisque nous avons prononcé le rrrot cocher, disons qu'on pourrait livrer la direction des voitures à vapeur à des cochers ordinaires, si les coulisses.Stephcnson, au lieu d'être manoeuvrées par des leviers, étaient constarnnrentrarrrenéesàla position démarche eu avant par' un contre-poids qu'il suffirait de soulever, à l aide d'une courroie, pour leirr faire prodirire la marche eir arriéré ou autres fonctions régulatrices du mouvement des moteurs. Ces courroies seraient bien de véritables rênes agissant sur les chevaux-vapeur à la façon ordinaire.

Une telle manière de conduire un véhicule à vapeur n'est pa,s un rêve de notre imagina tron. Les plans d'une locomotive routière susceptible d'être ainsi dirigée ont été placés sous nos yeux par M. Fougère, dessinateu et agent de la Société des forges et chantier^ [ de l'Océan. S'inspirant d'une note lue p

L'EXPOSITION U^'IVKRS1ÎLLE DE 1867 ILLUSTRÉE.

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