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)Sl li()I\ LlNIVEliSliLLE DE 1807 1 1,L US i K RK.
goût pour les savanlos ordonnances; Ilnbbénia, penseur recueilli, ealuie, ausicre; Wynants qui dirigea Wouvermann et van de Veldeg; Everdingen, Mourlieron, Waterloo, Asselyn, Pinacker, van der Ileyden, ah! les peintres sincères! ils exprimaient les beautés de la campagne sans trop se tourmenter l'esprit pour leur trouver des agréments qui les rendissent plus pari'aites!
Cependant, des paysagistes modernes de notre école, M. Théodore Rousseau est l'un de ceux qui ont le mieux rencontré les noies exactes de l'harmonie champêtre. C'est aussi l'un des plus habiles, l'un des plus résolus, des plus convaincus surtout. Sans doute, à présent que son renom est nettement établi, il semble un peu trop entré dans le repos. J'entends que beaucoup de ses tableaux de l'heure actuelle sont loin d'égaler ceux qu'il exécutait, lorsque, peintre hardi et novateur, contesté par le plus grand nombre, il avait tant de peine à forcer les portes du Salon. Néanmoins ses œuvres arrêtent tou jours le public; aiorsmême qu'ellesnedéterminentguère de sensations favorables, elles surprennentpar le cachet d'initiative qui s'y (rouvo empreint, par un souffle personnel, puissant et nouveau qui n'est point dans le bagage de tout le monde. Voilà un pré, un ruisseau, une rivière, un terrain plat ou montueux, des genêts en fleur dans la lande déserte, un ciel uni ou chargé de nuages qui vont se fondre en averses, des arbres rebroussés par la tempête, des herbes moirées ou couchées par le vent. Eh bien, si l'artiste fixe ces choses sur la toile, c'est apparemment telles qu'il les voit, mais avec un accent, un caractère, témoignages de la supériorité de son esprit, qui en doublent pour nous l'expression. Peintre naïf, non, il ne l'est pas, line l'a jamais été. Mais dans un motif simple, ou même banal et rebattu, il sait trouver un effet particulier dont la représentation frappe et subjugue, parce qu'il rappelle le souvenir d'un effet dont la réalité ne nous a peut-être fourni qu'une seule fois l'image. En un mot, M. Rousseau a souvent aujourd'hui des défaillances qu'il serait diflieile de nier. Qu'on ne s'y trompe pas cependant : un homme fortement trempé peut seul commettre de pareilles erreurs, en se fourvoyant; l'artiste garde encore une autorité qui proclame assez l'énergie et les ressources de son intelligence.
Quoi qu'il en soitparmi les tableaux exposés au Champ de Mars par M. Rousseau, plusieurs sont des plus remarquables de l'artiste. Je ne dis pas cela pour le Soir après la pluie [n° 547 du catalogue), noire pochade exécutée d'une brosse lourde et pâteuse ; ni pour le Coup de Soleil par un temps orageux (n° 546), dont l'effet a de la sécheresse, dont le travail embarrassé dénote quelque fatigue; ni pourla Rine d'unélangnon plus. L'Automne n'est pas davantage celle des œuvres de M. Rousseau que je préfère : les arbres qui surgissent, militairement alignés, du terrain
I fenestré de flaques d'eau découpent' leurs silhouettes brunes et fantasques sur un fond aigrement clair; le feuillage en est p'al, le coloris pesant et la partie du sol que couvre une ombre opaque est loin, à mon avis, d'avoir toute l'étendus désirable.
En revanche, le cadre intitulé Gorges rf'ipremoiU est un fort beau morceau de peinture. Le ton roussi des herbes, le vert des arbres, le gris violacé des roches offrent un ensemble tout à fait harmonieux; et dans le ciel fin et léger flottent des nuages d'une grande justesse de forme, d'une singulière exactitude de couleur. Je citerai, comme une autre pièce rare et charmante, la Métairie sur les bords de l'Oise. Le motif est joli, intéressant, bien que peu accidenté. La toile que le peintre désigne ainsi : Les Bords de la ISouzanne, a plus d'attraits encore.^Ciel superbe de composition, admirable de légèreté, de finesse et de profondeur ; rivière limpide et engageante, chaumière qu'ombragent des frênes et des aunes pleins de doux frissons, herbe verte, température agréable, harmonie tranquille, voilà ce qu'il y a dans cette peinture d'une sérénité pénétrante, d'une exquise vérité. Ah ! qu'on aimerait à parcourir un tel she et à s'y égarer un jour du milieu de l'été, non pour y promener une pensée chagrine, mais pour aller, le cœur en paix, le pied allègre, jouir de la vivifiante paix des champs ! OEuvre parfaite celle-là, sans reproches pour ainsi dire. Elle doit réunir tous les suffrages; elle peut défier toutes les objections.
Il me reste à parler du Chêne de Roehe dont nous publions une gravure en même temps que cet article. C'est une bizarre composition que celle de ce Chêne de Roche. Le tronc sort noueux et tourmenté de masses d'épines et de blocs de grès, et les racines étendent de tous côtés leurs anneaux de serpent; les branches se tordent et grimacent; le feuillaiïe luxuriant remplit toute la partie supérieure de la toile, dont le bas est abondamment garni d'herbes et de ronces épaisses. Or, les blocs de grès moisis et couverts de mousse et de lichens, la végétation, le tronc, les branches, les racines, les feuilles, tout est d'un vert acide, criard, irritant, brutal, mais d'une intensité extraordinaire , d'une hardiesse étonnante. Quant à l'exécution, à ce qu'il me semble, elle est trop uniformément détaillée, le peintre ayant procédé par touches égales, quasi symétriques. On dirait une tapisserie au petit point.
Eh! qu'importe! par son caractère mâle, par la magie de son expression, sa robuste originalité qui saute à tous les yeux, l'œuvre se tient au-dessus de mesquines critiques de métier. Assurément, quoiqu'on y trouve à reprendre, ce Chêne de Roche est digne d'applaudigsements unanimes. Je dirai mieux : on peut le classer au nombre des meilleurs tableaux d'un peintre qui en a beaucoup signé d'excellents et que l'histoire de l'art mettra au rang des personnalités les plus
saillantes, les plus courageuses, et les plus fières de notre moderne école de pays,igc.