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LA FABRIQUE DE SAVON PARFUMÉ

Eminemment française, la fabrication du savon de toilette est représentée à l'Exposition dans presque tous ses détails , depuis l'arrivée de la pâte incolore et inodore, jusqu'à la confection du pain coloré et parfumé.

Voici comment procède le fabricant qui opère sur la pâte arrivant de l'usine.

Par la cuisson et le sécbage, elle prend la consistance solide d'une pâte blanche, fortement tassée; ca cet état, elle est apte à recevoir le mélange parfumé et coloré, au moyen de la trituration.

La manipulation a substitué des cylindres agissant comme des laminoirs, mus par la vapeur, à l'antique pilon qui broyait les pâtes avec le parfum et les matières colorantes dans un mortier.

Ce progrès, qui est dû à l'un de nos célèbres parfumeurs, ^1. Piver, permet une incorporation plus intime du parfum et de la couleur dans la pâte.

Après avoir broyé la pâte, quitombeàl'état de feuilles minces pour être de nouveau passée au laminoir, on la place dans un cylindre creux contenant un fort piston mù par une machine hydraulique.

La pâte comprimée dans ce cylindre est poussée vers une ouverture elliptique, de laquelle sort une épaisse baguette de savon; on coupe cette baguette par portions égales et on frappe chaque morceau d'un coup de balancier, pour lui donner sa dernière forme.

Jetons un coup d'œil sur le mouvement commercial du savon parfumé.

Dans le premier semestre de 18G7, la P'rance a exporté pour 7 71 7 71 5 l'r., et l'importation ne s'est élevée qu'à 742 385 fr., pendant le même laps de temps. Cette différence ne donne qu'une faible idée de la production intérieure qui se chiffre par plus de quarante millions, et fait vivredes milliers d'ouvriers.

Certes, si on prenait pour axiome cet aphorisme de Liebig : « la quantité de savon que consomme une nation pouirait presque servir de mesure pour apprécier le degré de

richesse et de civilisation ' auquel elle s'est élevée, » nous aurions quarante millions de raisons pour nous placer à la tête de toute civilisation.

Notons cependant que le savon parfumé ne représente qu'une faible portion de la savonnerie française, car Marseille en produit à elle seule soixante millions de kilogrammes par an.

Depuis que la soude artificielle, découverte par l'immortel Leblanc, a permis d'introduire l'huile d'oeillette dans cette fabrication, Marseille n'est plus seule à fabriquer le savon. L'introduction d'une foule de corps gras, à bas prix, et avantageusement saponifîables, il beaucoup étendu l'exercice de cette industrie.

Qu'on juge par cet aperçu de l'importance de la fabrication savonnière française.

Plus que la concurrence, peut-être, les taxes municipales exorbitantes, ont fait naître la fraude.

Qu'on me permette de donner ici aux acheteurs un petit conseil.

Ce n'est pas le savon à meilleur marché qui coijte le moins cher, et voici pourquoi.

Le bon savon, le vrai savon, ne doit contenir que 33 d'eau, (50 de corps gras, et 7 7. d'alcali.

Si l'on fait absorber plus d'eau â la pâte, il arrive que, pour un même volume, les matières utiles, celles douées de la faculté de nettoyer, diminuent en proportion. Ne mettre que de l'eau qui s'évapore et, en racornissant le savon, décèle la fraude, serait aujourd hui une naïveté; on a donc remplacé l'excès d'eau par des matières inertes, pesantes, mais qui ne s'évaporent pas, et on a fait des savons au talc et au sulfate de baryte.

Les chimistes, les spécialistes, découvrent le procédé, et aussitôt les fraudeurs de s'écrier: «Mais nous avons réalisé un progrès! nous avons diminué le prix de revient d'une marchandise. » Oui, le même progrès en eflet que de mettre de l'eau dans du vin, et de gagner ainsi 50 sur la vente.

Le savon de toilette devrait être moins sujet à ce genre de sophistication, car on le paye plus cher que les autres. 11 n'en est rien. .4ussi est-ce une grande sécurité que de s'adresser de préférence aux fabricants dont la vieille réputation est solidement établie.

A, Chirac.

Appareils moteurs.

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