CHEZ LES ANGLAIS
Le temps n'est plus où nous allions chez les Anglais prendre des leçons de mécanique industrielle. Même dans l'industrie, ils ont cessé d'être nos maîtres pour devenir et rester nos émules. Il en est aujourd'hui de l'industrie comme des costumes, comme des mœurs: en quelque partie de l'Europe progressive que vous portiez vos pas, que ce soit en Angleterre, en Belgique, en Prusse, en Suisse ou chez nous, c'est partout le même peuple, avec des différences locales qui d'État à État ne sont guère plus grandes que dans une même nalion de province à province. La galerie que notre dessin représente en fournirait la démonstration, si cette démons- Iration était encore à donner. Abstraction faite de détails secondaires, nous pourrions nous croire encore en Prusse , en Belgique ou en France. Certes, voilà de puissantes grues, de beaux métiers à tisser, d actives machines à coudre, d'ingénieuses machine-outils , d'imposantes locomotives, des pompes d'une puissance remarquable, d'admirables phares lenticulaires; mais de chacun de ces précieux engins, nous avons le pareil chez nous. Et rappelons que si dans l'exécution nous égalons nos voisins, nous les avons devancés dans l'invention.
A celle des phares lenticulaires, le grand nom de Fresnel est attaché. Longtemps avant lui, il est vrai, un de ces appareils avait été exécuté en Angleterre dans la pensée, au premier abord très-plausible, qu'il serait beaucoup plus brillant que les phares à réflecteurs. Mais l'expérience était venue démentir ces prévisions; les miroirs, malgré l'énorme perte de rayons qui se faisait à leur surface dans l'acte de la reflexion, por-