PIF, R.RE PETIT
de la Commission
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RÉDACTEUR EN CHEF; M. F. Dl CUIlïO,
Membre du Jury international.
COMITÉ DE RÉDACTION
MM. Armand Dumaresq, Ernest Drkolle, MoHENO-HENniQUEZ, Léon PLÉE, Aug. ViTu, membres du Jury international.
Da 24 Octobre 18â7.
I. V Hnipereur et Vlmpcratrice d''Auiriche {2 grav.},'par M. Fr. Ducuing. — II. Le Musée rélrospect if ; Reliquaire cklHenri II (1 t;rav.), par M, Octave Lacroix, et Minia-
ture du quatorzième siècle (l grav.), par M. P. Bellet.— III. Dentelles et Guipures (1 grav.}, par M. Pr. Poitevio. — IV. La Photographie (1 grav.), par M. E. Lacan. — V. Le concours îles Fruits au Jardin réservé (1 grav.), par M. Fr. Ducuing. — VI. La rue d^Autriche (1 grav.), par M. Victor Gosse. — VII, Petits métiers : le Souffleur
de verre (1 grav.), par M. Paul Bellet. — VIII. Les Meubles de M. Sauvrezij (1 grav.), par M.. Chirac. — IX. VArtillerie de la marine française (2 grav.), par M. le comte de Casteîiaiie. — X. Les Ornements d'église: MM. Roîïdelct et Biais (3 grav.),-par M. l'abbé Chirac. — XI. Chronique, par M. Fr. Ducuing. — 15 gravures.
Les Visites souveraines.
FRANÇOIS-JOSEPH l", EMPEREUR d'aUTRICHE.
Nous pi'enons dans la galerie des Beaux- Arts les portraits de l'empereur et de l'impératrice d'Autriche.
.lamais souverain n'a été accueilli par le public Irançaisi avec une sympathie plus sincère que François-Joseph. Il y a eu dans cet accueil comme un sentiment d'admiratitm respectueuse devant l'adversité supportée avec grandeur.
François-Joseph n'était pas préparé à monter sur le Irnne, dont l'ordre de succession le tenait assez éloigné. Il fallut l'abdication de son oncle, le 2 décembre 18'i8, et la renonciation de son père, pour que le pavoi-; impérial vînt le trouver.
Étrange destinée que celle de cette grande maison de Hapsbourgl Ballottée sans cesse dans l'histoire, du faîte de la grandeur aux abîmes de l'adversité, une providence particulière semble être commise pour lui faire du malheur un tremplin pour remonter à la fortune.
A son avènement comme aujourd'hui, François-Joseph semblait voué aux revers ; et la destinée de sa maison paraissait devoir s'accomplir en lui. L'Italie était soulevée: l'insurrection était triomphante en Hongrie. Il fallut des miracles de bravoure et de diplomatie pour se préserver de cette avalanche de calamité? : notez, d'ailleurs, que le trésor était à sec; et que tout crédit était perdu. Radetzky sauva l'Autriche en Italie; l'empereur Nicolas de Russie la sauva en Hongrie, ce qui fit dire plus lard à celui-ci, sans le moindre sentiment d'équité et de justice, que la maison de Hapsboiirg était destinée à étonner le monde par son ingratitude. Si le czar Nicolas avait cru pouvoir profiter de ses dépouilles, il ne l'aurait pas sauvée; et il y eut évidemment dans son secours un senlimcnt de conservation égoïste.
En effet, toute l'Europe était en ébuUitîon à ce moment ; elle était partout sortie de ses gonds, et cherchait vainement des voies nouvelles.
Que la maison de Hapsbourgaitpu remonter ce courant d'adversité, c'est déjà un miracle. C'est ce qui a fait dire avec vérité que le malheur retrempe cette race, et qu'elle retrouve sa force dans ses revers même.
Jamais coup de tonnerre a-t-il été comp.trablc à la défaite de Sadowa ? léna même ne fut pas pour la Prusse un foudroiement aussi complet que l'a été Sadowa pour l'Autriche.
Le jeune empereur avait tellement compté sur la victoire qu'il n'avait pas daigné se mettre en personne à la tête de son armée, et qu'il avait confié sa fortune à un vieu.x '
maréchal qui lui rappelait Radetzky. On le lui a reproché après la défaite; personne n'avait songé à le lui reprocher avant la bataille.
Dans ce moment suprême où tout autre aurait désespéré, l'empereur François-Joseph retrouva dans son âme le génie de sa race. Sans hésiter, il abandonna la Vénétie, origine et cause de toutes ses épreuves, et capitula non sans dignité devant la Prusse.
On pouvait croire pourtant que tout était fini cette fois pour la maison de Hapsbourg. Les calamités de famille vinrent bientôt s'ajouter aux calamités publiques. La Hongrie, toujours résistante, n'avait qu'un mouvement à faire pour se détacher de l'empire croulant. '
Eh bien, c'est du fond de cet abîme que l'empereur François-Joseph se relève, retrouvant sa fortune qu'on croyait à jamais sombrée.
Au nom de la liberté largement entendue, il rallie autour de lui ses peuples divisés devant qui s'ouvre un nouvel avenir. Chaque province se donne du moment qu'elle se sent libre de se refuser. L'armée plus homogène ne réclame plus les mêmes dépenses, du ir onient qu'elle n'a plus les mêmes conquêtes à retenir. Le trésor obéré s'allège : le commerce jusqte-là endormi se réveille. En un mot, la liberté féconde fait tout revivre, comme un soleil de printemps.
Que François-Joseph n'oublie jamais comment il a retrouvé sa fortune, ce qui lui évitera de la compromettre une troisième fois I
Nous avons vu dans quelles circonstances l'empereur d'Autriche était monté sur le trône en 1848: il avait alors 18 ans, étant né le 18 aofjt 1830. A 24 ans, c'est à dire le 2'i avril 185'i, il a épousé sa cousine la princesse Élisabeth de Bavière, une des plus belles femmes de ce temps, comme on peut s'en convaincre par son portrait. De ce mariage sont nés deux enfants : le prince héréditaire Rodolphe est venu au monde le 21 août
Il reste deux frères à l'empereur d'Autriche, les princes Charles et Louis, nés, l'un en 1 833, le second en 1 842 : tous deux l'accompagnent en France.
L'oncle et le père de l'empereur vivent encore.
Fr. Ducuibc.
MUSÉE RÉTROSPECTIF
Le Reliquaire de Henri II.
La religion catholique aime les arts et en favorise le développement. Les premiers chrétiens, quelque austères qu'on les suppose, n'échappait lit point à la séduction des
Muses païennes, et plus d'un, après avoir pleuré sur la mort du Christ, ne laissnii point de s'attendrir au récit des douleurs de Didon ou à la vue du groupe désolé de Niobé et de ses enfants. Ils comprirent tous de bonne heure qu'il n'est pas de plus belle et de plus noble manière d'honorer Dieu, que de lui présenter et de consacrer à tu gloire tout ce que l'inspiration et le génie humain peuvent produire au dehors de plus éloquent, de plus irrésistible et de plus doux.
Loin de proscrire les poètes, les peintres, les sculpteurs, les musiciens, on les apjicla tant qu'on put et on les groupa autour des nouveaux autels.
Les catacombes de Rome furent le berceau de notre art religieux proprement dit.
je n'ai pas à entrer ici dans le détail des merveilles progressives qui, .sous ces inlluences du christianisme, se sont accomplies dans toutes les branches du talent, de l'industrie et de l'art. L'histoire en serait trop longue, et le lecteur, pour reconnaître combien la religion catholique a aidé, le long des siècles, toutes les manit.'s'ations supérieures et tous les travaux illustres, n'a qu'à regarder autour de lui et à se souvenir.
Toutes nos vieilles cathédrales, qui sont souvent elles-mêmes d'incomparables cbefid'œuvre, sont en possession d'un trésor longuement amassé et pieusement conservé et transmis.
Il y a là des musées véritables où l'or et l'argent, les perles et les pierreries, les étoffes précieuses, façonnés par les artistes les plus habiles, restent comme les plus curieux et les plus savants témoignages des époques écoulées.
Ce sont des calices et des ciboires, des crosses, des mitres, des chasubles, des reiiquaires, mille objets différents affectés aux besoins du culte, mais où sont accumulées à plaisir toutes les ressources de l'art de l'orfèvre, du ciseleur et do l'émailleur parmi les broderies les plus rares à la fois et les plus riches.
En France, la cathédrale de Reims, qui a joui pendant foute la monarchie d'envialdes prérogatives et de privilèges uniques, a pu, grâce aux largesses de nos rois, grossir et enrichir de plus en plus son trésor.
Chaque roi de France, lors de son sacre, faisait un présent à l'église et si, à rette date, un grand artiste flori-sait ou un ouxTier célèbre, c'est à lui naturellement qu'on avait recours pour fondre ou sculpter, ou ployer magnifiquement sous le marteau, la patène et la custode, le calice ou le reliquaire.
Le présent devait être digne du roi qui l'offrait et de la métropole qui le recevait.
C'est le 31 mars 1547 que le roi Henri II succéda à son père François I". C'était un prince aimable et distingué, quoique inferirur, à plus d'un titre, à son prédécesseur,
mais qui mêlait, comme lui, le sentiment et le goût des arts à la générosité de l'esprit et du caractère.
On était encore en pleine Renaissance.
Henri H, sacré à Reims roi de France et de Navarre, offrit à la cathédrale un beau et précieux reliquaire où est figurée la Résurrection de Jésus-Clirist.
Cette œuvre remarquable a été envoyée par le chapitre de Reims à l'Exposition universelle.
Le Christ, à demi nu, s'élance d'un tombeau d'rgate aux panneaux gothiques. Les soldats préposés à la garde du tombeau et vêtus en chevaliers français, sont couchés ctendormis sur uneterrasse en argent émailié vert. Le tout se détache et s'élève au-dessus d'une enceinte en hexagone allongé, crénelée comme une petite bastille et termicée à chaque angle par des tourelles que surmontent des angps.
Le tableau, on le voit, est abîolument conforme au récit évangélique.
Ce petit édifice se pose sur un soubassement orné de pierres et d'émaux translucides et porté par quatre lions.
Le double D et les trois croissants enlacés, en émail noir et blaiic, sont fixés sur le mur crénelé oîi on lit encore sur une tablette , l'inscription suivante : iif.mucvs
SECVNDVS CONSrCllANDVS UVC ME ADSPOIÏTAVIT.
Quel est l'auteur de ce reliquaire'? On ne sait point; mais on peut allirmer, à coup sûr, qu'il était de la bonne école et probablement un maître lui-même, tant l'œuvre dans son ensemble est bien conçue et bien venue, d'une ingénieuse invention et d'un goût irréprochable.
Octave Laciîoik.
Miniatures du quatorzième siècle.