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LES PEIGNES EN ÉCAILLE

Le succès qu'a obtenu l'intéressante exposition du travail manuel ne s'est pas démenti, et aujourd'hui, encore, que l'on peut compter les heures, les minutes presque qui nous restent pour donner un dernier coup d'œil aux merveides du Champ de Mars, recueillir un dernier souvenir, c'est entre La galerie des Beaux-Arts et la galerie des Machines et du travail manuel que la foule se partage.

Parmi les ateliers qui atlirentet retiennent le plus de visiteurs," je' remarque celui de M. Cassella où se façonnent les peignes en écaille, en imitation d'écaillé et en corne. La curiosité du public a du reste toute faculté de se satisfaire. En effet, toutes les opérations qui transforment la matière brute et grossière en un élégant objet de toilette se font sous les yeux du pub'ic. Ainsi, pour les peignes en corne, après avoir donné à la matière première par des préparations successives la forme qu'elle doit conserver, un ouvrier l'applique à une scie circulaire et découpe les dents. Ce travail très-rapide exige une grande sûreté de main. Ne faut-il pas, en eflét, que les dents soient égales en épaisseur et espacées également? — Une fois divisé, le pfigne est confié aux polisseurs qui donnent à la corne mate, l'aspect brillant et le poli nécessaire.

La division des peignes d'écaillé s'obtient par des procédés analogues. Je n'ai pas besoin d'insislersur l'adresse que doit déployer l'ouvrier dans cette opération délicate. Jl me suffira de constater que, p ur les peignes fins, on est parvenu à diviser 27 dents sur une plaque d'écaillé de 27 millimètres.

Il ne fautcf pendant pas croire que^ mali^ré le petit nombre d'opérations qu'exige la con fection d'un peigne d'écaillé, ce produit soit, par son prix, à la portée de toutes les boursîs. L'écaillé, même fort ordinaire, a toujours un prix assez élevé, en raison des frais de transport et de la production assez restreinte. Elle est empruntée, on le sait, à la carapace de certaines tortues, et elle nous arrive des Seychelles, de Bombay,d'AiTiériqueetde Manille. I '', si l'on voit dans le commerce des objets.

peignes, tabatières, bonbonnières, boîtes de toutes sortes en écaille à des prix à peine supérieurs à celui de la corne, on peut tenir pour certain que cette soi-disanle écaille est une imitation dont l'atelier du Champ de Mars dévoile les mystères.

Sur une plaque de corne, une ouvrière trace à l'aide d'un pinceau des taches de forme et de grandeur diverses, qui rappellent les jaspures de l'écaillé. Le pinceau est imbibé d'un mordant composé de chaux, de potasse etde minium. Ces dessins s'impreignent fortement dans la corne. Et quand le poli a lait disparaître toute trace de l'opération, la corne présente les mêmes jaspures que l'écaille. Un œil exercé, dit-on, aurait peine à reconnaître le vrai de l'imitation. L'œil, soit! Mais pesez l'objet, boîte ou peigne, soidisant en écaille, et vous ne pourrez conserver le moindre doute. L'écaillé est relativement très-légère.

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