‹ L'Exposition universelle de 1867 illustréeChapitre 84 sur 134 · EXPOSITION DES ECOLES IMPERIALES DES ARTS ET METIERS · texte numérisé non relu

EXPOSITION DES ECOLES IMPERIALES DES ARTS ET METIERS

Djssia ce M. Laacaiot, .

siers en bâtiment, meubles et macbines. — Tourneurs en bois. — Charrons.

I,es élèves étaient reçus à tout âge, le plus souvent comme boursiers, et au nombre de 500.

Un décret impérial, du 6 septembre 1800, transporta l'école de Compiègne à Cliâlonssur-Marne, et aux ateliers déjà existants on ajouta des sections pour l'horlogerie (horloges de ville et de campagne), la ciselure, le moulage, la dorure. On y vit même de l*<1'i à 1815, une petite filature.

En 1811, l'Empereur avait créé une petite école de 1 50 élèves à Beaupréau dans le but de venir en aide aux manufactures et de donner une impulsion à la Vendée industrielle; mais les événements des Cent-Jours forcèrent cette école à se replier sur Angers où elle fut définitivement fixée.

Une troifième école devait s'ouvrir à Saint- Maximin (Var); mais il ne fut pas donné suite au décret.

Rap])elons en passant que les élèves de Châlonsse conduisirent vaillamment en ISI 'i et 1815.

Les deux écoles d'Angers et de Châlons furent conservées sur le même pied par la Restauration, puis une ordonnance du 31 décembre 1826 vint modifier leur organisation et mettre l'enseignement plus en rapport avec les progrès de l'industrie.

En 1 832, les écoles qui avaient été placées maladroilement sous le régime militaire (1830) furent, grâce à M. Ch. Dupin, rendues à leur véri'able destination, et le travail y fut réglé à nouveau comme suit: Un atelier de fonderies de fer et de cuivre; un atelier pour les modèles de fonderie et pièces de macbines; un atelier de forge, d'ajustage, tours sur métaux et montage des machines.

En18-'i3, on créa unetroisième école à Aix, sur les mêmes bases et pour un même nombre d'élèves (300).

L'enseignement théorique fut rendu plus spécial. Celui de mécanique industrielle particulièrement reçut de grands développements sons l'impulsion heureuse de 51. le colonel Morin.

Le programme a subi dans ces derniers temps quelques changements qui tous ont été des améliorations ayant pour objet de rendre plus pratique encore l'instruction industrielle de l'élève.

On entre à l'école à quinze ans et par voie d'examen.

La durée des cours est de trois ans, avec onze heures de travail par jour, dont cinq consacrées aux études théoriques.

L'enseignement est simple, rationnel, gradué tout aussi bien dans la classe que dans l'atelier.

Pour le dessin, par exemple, on exige que l'élève exécute, aussi bien que possible, les premiers dessins: « car il ne s'agit pas de faire bien ou mal le cours entier, dit avec raison M. Lebrun, mais il faut le bien faire:

et quand on est parvenu à faire bien ses premiers dessins on fait de même tous les autres. »

Dans le travail du bois on commence par de simples planches à dessiner, et on termine par les modèles pour fonderie les plus compliqués.

A la forge on débute par des lopins de ferraille, et on achève le cours par les pièces pour machines.

Chaque élève est tour à tour forgeron et frappeur, et fait alternativement le service d'Iiomme de peine et d'ouvrier, comme dans l'atelier de fonderie, il charge les fourneaux, manœuvre les grues, moule et coule; système excellent qui le façonne, le brise à toutes les exigences de l'atelier, et ne lui fait considérer aucune tâche comme au-dessous de lui.

L'élève doit travailler de ses mains, à l'aide des outils et des tours seulement, sans avoir recours aux machines-outils, procédé qui lui donne une supériorité incontestable, soit pour apprécier le travail d'aulrui, soit pour diriger un atelier ou simplement occuper la place à l'établi.

Cependant les machines à raboter, à mortaiser sont utilisées par les élèves les plus avancés de troisième année, et comme elles fonctionnent devant tous les élèves, tout l'atelier en connaît l'usage.

L'enseignement est donné par des chefi d'atelier, et chaque atelier reçoit des élèves de première, de deuxième et troisième années, de telle sorte que l'enseignement est mutuel.

Dans les' ateliers ordinaires, un apprenti met cinq ans au moins pour s'ébaucher, et son apprentissage terminé, il lui faut encore plusieurs années pour devenir un ouvrier achevé. On voit quelle supériorité l'enseignement de l'École a sur celui de l'atelier.

A chaque fin d'année on distribue des prix consistant en livres spéciaux, médailles, ou fraction du prix de 3000 francs institué par Mme Ve Le Prince, et partagé entre les trois écoles. Depuis 1803, l'école de Châlons a été dotée de trois prix fondés par un ancien élève de l'école, M. Xavier Jourdain, manufacturier à Altkirch.

La réputation des écoles d'arts et métiers est tellement et si justement établie, que tout élève à sa sortie est certain de trouver une position, soit comme dessinateur, soit comme chef d'ateliers, conducteur dans l'industrie privée, la marine, les chemins de fer, les ponts et chaussées.

Ces écoles sont le point de départ de bien des fo: tunes. Ainsi, en 1865, sur la liste des 044 membres de la Soeiké des anciens élevés des trois écoles, 106 étaient chefs d'ateliers de mécanique; 71 ingénieurs civils; 159 employés très-honorablement dans les chemins de fer; 78 dessinateurs; l-'iO contremaîtres; 20 conducteurs des mines ou des ponts et chaussées, etc. Sur ce nombre, 18 avaient été décorés comme industriels.

Les candidats à l'admission sont, on le

comprendra, très-nombreux. Pour les 300 places disponibles chaque année, 100 par école, il y a eu moyenne 1700 inscriptions.

Le succès des écoles de Cbâions, d'Angers et d'Aix, autant que les besoins du siècle, ont amené la création de plusieurs autres écoles professionnelles, dont les principales sont représentées à l'Exposition. Mais tout en rendant justice aux excellentes intentions des directeurs, ces établissements sont à cent lieues des écoles impériales. L'enseignement y est surtout théorique, et l'atelier n'y joue qu'un rôle secondaire. Nous citerons l'École profc ssionnelle de Mulhouse, l'École théorique et pratique de tissage mécanique aussi à Mulhouse, l'École centrale lyonnaise, l'élablissementSaint-Nicolas, etc. Quanta l'École des arts et métiers de Paris, on sait qu'elle est purement théorique, et qu'elle consiste en cours de géométrie et de mécanique faits le soir aux adultes. Nous croyons qu'un vaste établissement privé sur le modè'e de 1 Ecole deCbftlons, non-seulement rendrait de grands services à l'industrie, mais encore, dans un temps donné, serait une excellente affaire.

Nos écoles d'arts et méliers sont donc d'une utilité immense; elles contribuent pour une large part au progrès de l'industrie nationale. De plus, c'est souvent dans les rangs des anciens élèves, que l'étranger vient recruter ses chefs d'usines.

Les directeurs actuels sont pour Châlons : M, Guy, ancien sous-chef professeur, ingénieur des travaux; pour .Angers, M. Favier, lieutenant de vaisseau; pour Aix, .M. Andrieux, ancien directeur à Châlons.

.\insi dirigées, nos écoles d'arts et métiers ne peuvent que marcher, qu'avancer dans la voie utile où les avait lancées leur illustre fondateur.

Em. de Lyukn.

Les petits Métiers.

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