LA CÉRAMIQUE
universelle de 1878 quelques échantillons de flambés présentés par M. E. Charpentier, chimiste, en collaboration avec notre regretté professeur, M. Louis Cellière, mort depuis.
C’est du Traité de peinture en céramique, de M. Louis Cellière, que nous avons extrait la formule des flambés. En nous rendant à la section de céramique et de mosaïque, nous passons entre deux grandes fresques céramiques placées de chaque côté de l’entrée de la Galerie centrale. L’une est signée Clairin : deux femmes y symbolisent le houblon et le tabac; l’autre, revêtue d’une éclatante couverte, attire l’œil et le retient davantage ; elle représente une statue de marbre : Bernard de Palissy, par Barrias, et deux personnages allégoriques.
Nous avons déjà, dans notre aperçu général, donné une description du curieux portique qui forme dans la galerie de Trente mètres l’entrée des classes de céramique et de mosaïque. Ajoutons que sur les côtés du portique, dans l’embrasure, sont inscrits les noms des ingénieurs, architectes, artistes, etc., qui ontconcouru à son exécution.
Dans la galerie de céramique, nous avons vu beaucoup de flambés; Gien et la maison Deck en ont de jolies collections; une maison de Choisy-le-Roi en a rempli unepetite vitrine, et un grand nombre ont été acquis pour nos musées.
Beaucoup de vases en porcelaine tendre montés en bronze doré, entre autres Y Aurore, le Printemps, etc. ; des vases en faïence grand feu représentant des fleurs sur fonds sombres. A signaler, comme originalité, des faïences à reflets dorés et métalliques venant des environs de Cannes.
Des grès mats et émaillés sont remarquables. A droite et à gauche, de grandes cheminées; l’une d’elles vaut, paraît-il. 50 000 francs, et la maison qui l’expose a exécuté un petit guéridon très curieux. Ce guéridon, commandé pour des noces d’argent, porte au milieu les armes des époux et une couronne de comte; autour, les armes des personnes ayant assisté aux noces d argent: ce guéridon, monté en bronze doré, a une valeur de 25000 francs et pèse 500 kilogrammes.
A voir aussi la reproduction eu faïence grand feu de la frise des Archers de la salle du trône de Darius 1er; cette frise, rapportée d’Asie par M. et Mme Dieulafov, a été copiée sous la direction de M. Léon Fargue, ingénieur; il va là l’état actuel et l’état présumé de la frise.
Limoges a exposé de superbes émaux; mais nous voudrions lui voir choisir des sujets plus poétiques que la reproduction de tableaux d’une trop grande modernité. Nous ne sommes pas amateur de Heurs en porcelaine, et cependant nous avons admiré la harpe an myosotis et surtout le lilas merveilleux de la maison Dartou ; cette maison n’est du reste pas la seule à exposer des fleurs en porcelaine; nous en avons remarqué de très belles dans plusieurs autres vitrines.
L’ensemble de cette exposition nous laisse en somme l’impression que la France, au milieu de tant de rivalités, a su conserver un des premiers rangs, sinon le premier, dans cette belle industrie artistique.