LES TRÉSORS D’ÉGLISE
sentées. C’est d’abord celle de saint Taurin d’Évreux, belle œuvre du treizième siècle français, qui allie à la fois le travail du repoussé, de la ciselure et de l’émaillerie.
Les châsses de Moissat-Bas et des dames bénédictines de Ver-
statue d'or de sainte Foy du trésor de Conques.
neuil, du commencement du treizième siècle, sont des échantillons de l’art du nord de la France et de l’art méridional.
Puis, parmi les chefs, voici celui de saint Adrien, en argent, œuvre du treizième siècle, venant de la cathédrale de Tours ; celui de sainte Luce, en cuivre, du quinzième siècle, qui appartient à l’église Saint-Marlin de Brive; celui de saint Dumine,
appartenant à l’église (le Gimel, aux armes de Beaufort et de Turenne (quinzième siècle), etc.
Puis, c’est encore, pour en signaler le plus possible, un reliquaire de saint Nicolas d’Amiens; une statue de sainte Fov, en argent, de Conques; une statue de saint Nicolas d’Avesnes-le- Comte, travail d’un orfèvre d’Arras; des crosses provenant des églises de Poitiers, de Châlons, de Chartres, de Sens, de Soissons, d’Angers; et, parmi les ivoires, la crosse de l’église Saint-Trophime d’Arles.
Nous aurions voulu nous étendre davantage sur cette exposition si intéressante des trésors d’églises, et l’on peut presque dire si nouvelle en raison de ses proportions. 11 n’y a pas à se dissimuler que toutes ces richesses que nous venons de parcourir si rapidement étaient encore, jusqu’à cette année, généralement ignorées de la génération présente. 11 a fallu la poussée artistique de ces derniers temps et l’esprit de recherche qui en est résulté, pour qu’après le désir de connaître toutes les richesses d’art de la France on conçût celui de les inventorier, de les classer et de rattacher intimement leurs origines à l’histoire même de notre pays. Il nous faut donc être reconnaissants à ceux qui ont eu la pensée d’organiser cette exposition du Trocadéro comme à ceux qui ont accepté le lourd labeur de son organisation. C’est pourquoi aussi nous avons tenu à prendre pour guide et conseiller, dans notre trop courte nomenclature, un des plus compétents parmi ceux qui ont partagé ce labeur, M. Émile Molinier, aux jugements duquel nous avons fait les plus larges emprunts.