INDE ET JAPON
L’immense Empire indo-britannique n’a pas pris à l’Exposition la place qui lui revenait; un moment il a failli ne pas y figurer, et c’est à l’initiative privée qu’il doit d’y être représenté, sinon avec éclat, du moins d’une façon pittoresque et élégante.
Le Palais indien, qui se dresse entre l’avenue de Suffren et le Palais des Arts libéraux, ne nous donne en effet dans ses boutiques regorgeantes de bibelots et d’étoffes éclatantes qu’une idée bien superficielle de la puissance et de la richesse commerciale de ce grand pays.
Avec ses trois cents millions d’habitants qui peuvent rivaliser par leur laborieuse activité avec les plus industrieuses populations de l’Europe centrale, l’Inde eût dû nous montrer mieux que des bibelots, alors qu’elle avait ses cotons, ses filés et ses cotonnades, ses soies et ses soieries, son indigo et son opium, ses innombrables matières textiles, ses bois précieux, du teck à l’ébène, ses cuirs et peaux, ses huiles et enfin ses blés qui en font la rivale des États- Unis. L’Inde française, minuscule principauté enclavée dans le grand empire, n’a guère fait, il est vrai, plus d’efforts, et son exposition, disséminée dans le palais de nos colonies, ne diffère pas sensiblement de celle du Palais indien.
Puisque l’on ne nous a apporté que des bibelots et que ceux-ci paraissent avoir été fort goûtés des visiteurs de l’Exposition, il nous faut en dire quelques mots.
Signalons aux amateurs les jolies boîtes de Bombay où le fond de bois de santal est incrusté d’ivoire et d’étain ; les cuivres niellés de Ilaïderabad ; les fers incrustés du Katch ; les idoles de marbre peint du Radjpoutana; les boîtes laquées du Sindh et du Cachemire.
Parmi les étoffes, on remarque de belles soieries lamées d’or et d’argent de Bénarès, des mousselines du Bengale d’une finesse
Négociant parsi.
exquise, enfin des tapis de toute beauté fabriqués pour la plupart dans les prisons d’Etat, particulièrement à Allahabad.
Chose bizarre, il faut noter l’absence presque totale des châles de Cachemire qui furent la gloire de l’Inde et que la mode semble avoir si complètement délaissés. Enfin, on ne nous a non plus apporté aucun échantillon des fameux diamants de Golconde, qui, c'est le cas de le dire, brillent... par leur absence.
Ces boutiques de bibelots sont tenues à l’Exposition par des
La maison hindoue, à l’histoire de l’habitation.