LES BESOINS
La faim, la soif, et, en général, toutes les sensations appelées besoins, sont telles, qu'on ne saurait en retrancher l'élément douloureux sans les anéantir; il est bien vrai que le besoin naissant se manifeste comme une excitation favorable; avoir bon appétit ne nous déplaît pas, mais dès que les besoins s'accusent nettement, on ne peut les concevoir ni agréables, ni indifférents. La douleur en est la commune essence, mais elle se spécifie en chacun d'eux pour devenir la faim ou la soif, ou tout autre besoin; ainsi, chaque besoin est une espèce dans un genre. Ajoutons qu'un besoin est attaché à chaque organe des sens, le besoin d'exercice. Il suffit, pour le constater, de demeurer un temps assez long sans faire usage d'un sens; un malaise, une sorte d'excitation, de démangeaison analogue à la faim ou à la soif, se manifeste alors. Ce besoin est aussi susceptible de satiété; le sens se fatigue et réclame le repos comme il réclamait l'exercice.
Nous sentons les besoins naître, croître, décroître, mais ce développement ne s'effectue que selon un seul mode de Textension, la durée, qui est perçu dans la mémoire. Ajoutons que les besoins ne sont pas seulement passifs, ils sont actifs aussi, à la façon d'aiguillons qui poussent au mouvement pour les satisfaire.
Ils ont, en outre, une propriété très caractéristique, la périodicité.