‹ L'Exstrophie Vésicale et l'Épispadias: Étude PathogéniqueChapitre 10 sur 45 · LE CLOAQUE EXTERNE -— LE BOURGEON GENITAL · texte numérisé non relu

LE CLOAQUE EXTERNE -— LE BOURGEON GENITAL

La paroi abdominale constituée comme on vient de le voir présente bientôt, tout à fait en avant de la membrane analeun petit tubercule que Tiedemann (1) avait vu et comparé à un chtoris. Il avait reconnu à la face inférieure de ce relief une fente se continuant ävec une dépression plus grande et plus postérieure qu'on appelait le cloaque externe. Le tubercule était le tubercule génital, germe des corps caverneux, sa fente persistait chez la femme pour donner la vulve,

(1) Tiedemann Bildungs. d. Genital., 1830,

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elle se fermait, par accollement de ses bords, chez l'homme, pour constituer la portion pénienne de l'urêthre.

Rathke (1) étudia le mode de fermeture chez les mâles de différentes espèces et montra qu’il différait suivant les espèces.

L'étude de ces phénomènes bien des fois reprise depuis ce moment a été faite d’une façon complète par Tourneux (2) qui a décrit avec beaucoup de précision leurs rapports avec l’évolution du bouchon cloacal. Voici, dans ses grandes lignes la description qu’il a donnée de cette évolution.

La cavité cloacale chez un embryon de mouton de 10 millimètres est fermée par le bouchon cloacal dont les dimensions latérales sont très restreimtes alors qu'il est allongé suivant le grand axe du corps et que son épaisseur est relativement considérable. Immédiatement en avant de son bord le plus rapproché de l'ombilic, l’épiderme s’est soulevé en un petit bourgeon unique et médian formé par un épaississement de la portion mésodermique de la paroi abdominale. Ce bourgeon, sur les embryons de 14 à 16 millimètres, a grossi, est devenu plus saillant, entrainant avec lui le bouchon cloacal qui le tapisse depuis son extrémité jusqu’à sa base, sur sa face caudale. Comme ce bouchon est très étroit en cette région, il apparait comme une sorte delame verticale antéropostérieure qui s’est enfoncée dans l'épaisseur du

(1) Rathke Abaud. Zur Bild. etc. 1832.

(2) Tourneux. Journ. de l'Anat., 1886 et 1889.

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mésoderme du bourgeon. Ceci se voit très nettement sur une coupe transversale de ce dernier (P L. I, fig. 5.) Sur une semblable coupe, le bourgeon génital apparait comme un corps mésodermique arrondi, recouvert d'épithélium et dans lequel s’enfonce cette masse de cellules d'apparence épidermique, occupant sa face caudale et pénétrant de plus en plus profondément. Elle le divise, en quelque sorte, en deux moitiés latérales qui doivent, dans les deux sexes, devenir les corps caverneux. Ges deux moitiés sont réunies en haut, car la masse épithéliale ne dépasse guère le centre du bourgeon. Cette masse se continue, en arrière avec le bouchon cloacal qui à conservé encore son intégrité au moment où nous en sommes, et sépare de l'extérieur les cavités intestinale et allantoïdienne, déjà isolées par la cloison périnéale. Quand cette dernière, dans sa progression, atteint le niveau de l’épiderme, le bouchon se disloque. Généralement, c’est l'ouverture allantoïdienne quise produit la première par disparition de la partie antérieure du bouchon. L'ouverture anale ne se fera qu'un peu plus tard, à une époque qui varie suivant les espèces ct les sexes. À peu près en même temps que tombe le bouchon, la lame qui creusait le bourgeon génital disparait par le même processus et 1l ne reste plus que la cavité qu'elle a creusée sous forme d’une fente ou gouttière assez profonde prolongeant jusqu’à l'extrémité du pénis la cavité uro-cénitale.

Ces phénomènes ont été étudiés sur le mouton et le porc, mais Tournenx a eu le bonheur de pouvoir

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en vérifier l'exactitude sur quelques embryons humains. Ici, on constate que la gouttière n’atteint pas le gland qui n’est perforé que plus tard. Ce point parait d’une grande importance pour expliquer la forme du prépuce des epispades.

Gette évolution est commune aux deux sexes.

Ceux-ci commencent vers le milieu du troisième mois à prendre chacun les attributs qui les caractérisent extérieurement. Le processus, à partir de ce moment, diffère complètement.

Chez la femme. On à une petite cloison, mince encore, germe du pérmée futur, séparant l'anus de l'ouverture génito-urinaire. Celle-ci a la forme d’une cavité dont le fond reçoit le conduit allantoïdien ou urèthre et les canaux de Muller constituant le vagin. L'extrémité antérieure de cette cavité se prolonge sur les corps caverneux par la gouttière précédemmenti décrite.

Sur les bords latéraux apparaît, de chaque côté, un repli saillant, antéro-postérieur, se réunissant bientôt à son congénère en une commissure, au niveau du périnée, et en avant, au-dessus du bourgeon génital. Les deux replis, premier relief des grandes lèvres, s’accusent de plus en plus, se rapprochent pour s’accoller, sans contracter, toutefois, d’adhérence, fermant ainsi à la vue l’orifice urogénital. Le clitoris, c'est-à-dire le bourgeon génital, les dépasse pourtant. Il a deux millimètres environ de hauteur (le fœtus en a 35 ou 40) et son extrémité se termine en un petit renflement, le gland.

A la fin du troisième mois, les grandes lèvres

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