‹ L'Exstrophie Vésicale et l'Épispadias: Étude PathogéniqueChapitre 25 sur 45 · THÉORIES MÉCANIQUES · texte numérisé non relu

THÉORIES MÉCANIQUES

Il est facile de renverser la théorie du traumatisme intra-utérin.

Il est rare que les femmes accusent un choc capable de donner lieu à un pareil résultat ; bien peu de mères d’exstcophiques ont dansleur passé un coup semblable au coup de corne de l'observation de Roose.

L'opinion qui a prévalu le plus longtemps est celle de la rétention d’urine ou, ce qui revient au même, de l’ocelusion primitive de l’allantoïde.

Mille raisons, pourtant, combattent contre elle.

La première est la présence des malformations qui accompagnent l’exstrophie : atrophie du bassin, faible développement des organes génitaux ete... La présence de la gouttière épispadique est dans cet ordre d’idées le grand argument. Malgré la meilleure volonté du monde, il est impossible d'admettre qu'un excès de pression interne, fasse éclater d’un seul coup toute la paroi vésico-ouracale jusqu'à l’ombilie et tout le plafond de l’urèthre. Ge n’est pas ainsi que se produisent généralement les lésions des réservoirs distendus, quandils viennent à se rompre.

On constate au contraire, que les cavités remplies voient leur paroi s’hypertrophier, si bien que, si la rupture pouvait avoir liea, elle se traduirait par un orifice probablement étroit, avec une épaisseur relativement considérable du reste des parois. De plus, au lieu d’une vessie petite, on aurait au moins la trace de la distension primitive.

La distention vésicale simple a d’ailleurs été observée ; Depaul (1) a montré que la vessie devenue énorme peut amener la dystocie et Gillette (2) a consacré un nouvel article à cette question, montrant que l’occlusion uréthrale peut même ne pas amener de distention vésicale. Tout tend donc à prouver que l'exstrophie par distention vésicale ne peut exister.

Reste un dernier argument ; l’absence de la cause d'obturation uréthrale. Bien rares sont les cas où on

(1) Depaul. Gaz. hebd,, 1860.

(2) Gillette, Union méd., 1875.

At VE a trouvé dans l’urèthre des exstrophiés la trace du diaphragme qui pouvait avoir amené la distention.

Contre l'opinion de l’hydropysie allantoïdienne primitive existe encore une raison : la connaissance des faits de l'ouverture de l'intestin dans l’exstrophie. Comment la sécrétion urinaire pourra-t-elle faire éclater le réservoir si celui-ci communique avec les organes digestifs ?

Comment du reste, le liquide resterait-il dans l’allantoïde puisque l’ouraque ne s’oblitère guère avant la fin du quatrième mois ? S'il y avait rétention, le liquide ne s’échapperait-il pas par l'orifice ouracal avec moins d'effort qu'il ne lui en faut pour faire éclater la paroi: de la vessie et de l’hypogastre.

Page 1