‹ L'Exstrophie Vésicale et l'Épispadias: Étude PathogéniqueChapitre 6 sur 45 · ONE · texte numérisé non relu

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mérite le qualificatif de uro-génitale est donc enréalité très courte. Les distinctions si nombreuses faites dans le nom qu’on leur a donné viennent de l'ignorance où nous sommes des détails de l’embryologie de cette région. On sait bien que les trois conduits : uretère, canal de Wolff et canal de Muller aboutissent à l’allantoïde, mais, on ne sait pas exactement comment 1lsse comportent entre eux et par rapport à l’allantoïde.

On trouve bien dans les auteurs des schemas, mais il n'existe nulle part de planche figurant exactement leur point d’abouchement. Celui-ci, du reste subit des déplacements considérables soit dans les premiers stades, soit plus tard et l'aspect de la région est ainsi totalement modifié. Tout ce qu’on peut dire, c’est qu'il existe en avant du périnée un conduit qui présente deux portions, l’une supérieure exclusivement urinaire, l’autre inférieure commençant à l'ouverture des conduits génitaux et méritant le nom de génito-urinaire ; mais rien, jusque là, ne prouve que cette dernière portion provienne du eloaque interne. Tourneux (1) distimguait déjà au sinus uro-génital deux portions, l’une supérieure ou allantoïdienne, c'est-à-dire provenant du cloaque, l’autre inférieure qui se creuse à la place du bouchon eloacal et qui, par conséquent, ne figurait pas dans le cloaque primitif. L'existence de la première de ces portions n’est pas encore absolument démontrée.

Chez l’homme, on a au début une sorte de ren-

(1) Tourneux. Journ. d'An, 1888.

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flement du conduit allantoïdien, la future vessie, dans Jequel débouchent deux conduits : celui de Muller et un court tube, tronc commun des canaux de Wolff et de l’uretère.

À mesure que s'opère le cloisonnement du cloaque, on voit ce tube uretéro-wolffien diminuer de longueur, si bien que les deux canaux ne tardent pas à s'ouvrir isolément dans l’allantoïde. L’accroissement des tissus qui les séparent les éloigne de plus en plus l’un de l’autre et bientôt, le conduit éjaculateur, c’est-à-dire le pied du canal de Wolf”, arrive au niveau de la face cloacale du bouchon de Tourneux, ou n’en est séparé que par une distance très faible. Ce court espace du conduit allantoïdien, si toutefois 1l existe, qui est compris entre l’ouverture du canal wolffien et le bouchon, mérite seul le nom de sinus uro-génital, car seul il provient du cloaque. Il deviendra plus tard une portion de l’urèthre postérieur situé en aval du ver monta-

Il n’y aurait donc chez l’homme qu’une très faible portion de la division antérieure du cloaque qui devienne réellement génito-urinaire. La plus grande partie du conduit qui mérite ce nom semble provenir de la cavité créée secondairement par la chute du bouchon de Tourneux.

Chez la femme, il en est de même. Ici, le canal de Wolff s’atrophie et disparaît, le canal de Muller se développe et s'éloigne de l’uretère, il descend et son ouverture vient se mettre en rapport avec la face cloacale du bouchon de Tourneux. Comme

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précédemment, donc, le cloaque interne ne fournirait qu'une très faible portion du conduit génitourinaire, une petite portion de la vulve.

Tout ceci revient à dire, en somme, que le tube servant de voie commune d’excrétion des produits génitaux et urinaires provient dans sa majeure partie de la cavité laissée libre par la chute du bouchon de Tourneux et, probablement, pour une très petite portion du cloaque interne, cette dernière portion pouvant fort bien ne pas exister.

On ne peut donc conserver à la division antérieure du cloaque, le nom de sinus uro-génital. Il vaut mieux, pour rester dans les limites de la vérité, l'appeler plus simplement conduit allantoïdien. La partie réellement génito-urimaire peut s'appeler vestibule uro génitat, nom qui implique ses fonctions, mais ne préjuge rien de sonorigine et n’expose à aucune confusion.

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