I.E COMTE. Qui donc pourrait vous retenir
Rodolphe, je ne inc trompe pas. . . cet amour insensé dont vous m'avez lait l’aveu, vous l’avez oublié... vous êtes resté calme, maftre de vous devant celle qui l'avait inspiré. Il n'y a entre nous qu'un souvenir de reconnaissance et d'amitié, et quand deux amis se séparent, l'un peut accepter sans rougir les bienfaits de l'autre. RodoIi>hc, vous n’aimez plus ma fille?
BODOi.PHE. Je ne l'aime plus! j'ai oublié mon amour!.. Qui vous l'a ^t? Je suis devenu insensible, parce qu'après vous avoir promis de la respecter comme une sœur, je l'ai adorée en silence! jarce qu'après vous avoir (lit ;laissez-nioi fuir! je suis resté auprès d'elle, triste, sans voix, sans regard, comme une ombre, et refoulant dans mon cœur les paroles ardentes qui montaient sur mes lèvres! parce qu'après avoir retenu dans mes mains sa vie qui tous échappait, j(( vous ai rendu, chaste et pure, cette pensée errante qui me cherchait, cette iuie égarée qui m'appartenait! Je ne Paime plus! fallait-il donc m'emparer de votre fiUe pour vous faire croire à mon amour?
l.E (XJU TE. lludolphe !
noi>ou>iiE. Je l'aime toujours , entendez-vous , monsieur , et c’est vous qui l'avez voulu ! vous qui m’avez .amené ici ! vous qui m’avez dit de rester î vous qui me chassez, et (|ui savez bien |iourtant que je souffre sans me plaindre, et que vous n'avez rien 5 redouter (le moi !