SCÈNE X
FRANTZ , ROIKILPHE.
nednlpW. arrabl^ par la doftlciir, sVst lamé tomber sm* un faulruil à rôté de la tatilc, i droîta, et reste sua parler, la t$te rachée dans ses mataa.
FR.tJiTZ. Qn’a-t-il donc ? Monsieur Rodolphe... mon hon monsietir Rodolphe..
Mon Dieu! que s'est-il donc passé?
RODOLPHE*, ze/ernnl avec égarement. On cheval!., pour fuir plus vite!., un cheval qui m'entraîne loin d’ici !...
* Hodolpbe, FranU.
L’EXTASE
FnAXTî. Que ditPS-Tons? vous voulez partir?...
RODOLPHE. Adieu, Krantz... oui... on me chasse !
FBANTZ. M. le comte?...
RODOLPHE. Adieu. Frautz... je vais seller un cheval... [S'arrétnnl.)Mi\s auparavant..
11 se dirige k droite.
FBANTZ. OÙ allez-vous?
RODOLPHE. Oliercher dans ce passage secret celte cassette qui contient les lettres de ma mère (à lui-mime.', et ce purtrait (]ue ma maiu a traeù à la déroWc, et ([ue j’ai con. temple tant de fois ; ce portrait le seul trésor qui me reste!.. Ah ! j'en mourrai...
’ Il entre à droite.
SCÈ.NE XI.
nÉLÈXn, FRAXTZ.
ntANTZ, seul. Monsieur Iludulpbc ! Écontez-moi. monsieur Rotlolplic!
hêi.Ene, entrant par la gaurhe, en toilette de fiancée. Mc voilà prête : la charinante toilette !
FBANTZ. Ah! il se tuera, j'ensuis sûr.
HÉLÈNE. Se tuer!... de qui donc parlczvous, Frantz?
FRANTZ. Dequi?... Mais que vous importe, à vous, inadcinoiselle ? vous voilà bien parée, gaie, hcureu.se... le chagrin des autres ne vous regarde pas... Allez, allez, on vous attend... Ah ! c’est alTreux ! c’est affreux!
HÉLÈNE. Frantz, je veux que vous me disiez. . . Vous pleurez !
FBANTZ. Oui, je pleure, et lui aussi, il versait des larmes de dése,spoir. . . je vous dis qu’il se tuera... (xiuvre M. llodolphe !... se voir chassé!... Votre père sait pourtant ce qu’il lui doit, que sans lui vous ne seriez peut-être plus ici...
HÉLÈNE. Moi! moi!
FBANTZ. £st-cc que j’ai dit vous, mademoiselle? non... non... je u’ai pas parlé...
HÉLÈNE. Expliquez-vous, Frautz.
FBANTZ. Non, je n’ai rien dit... d’ailleurs, il vous déplaisait., vous ne le verrez plus, voilà tout
HÉLÈNE. Vous parlerez, Frantz!
FRANTZ. C’est inutile.
HÉLÈNE. Vous parlerez; je veux tout savoir, ou je vais le demander à mon père.
FRANTZ. A votre père? oh! non! que M. le comte ignore...
HÉLÈNE. C’c.st donc un secret?
FRANTZ. Tour tout Ic moudc.
HÉLÈNE. Excepté pour VOUS, et vous parlerez, vous parlerez... Mon père lui doit beau-
coup Sans lai je ne serais peut être pas
ici... pourquoi?
FRANTZ. Pourquoi? parce qu’il vous a sauvée... Eh bien, oui, je l’ai dit., j’ai le cœur trop plein, et je ferai honte à ceux qui sont ingrats.
HÉLÈNE. Franlzl
FRANTZ. Oh ! ce n'est pas vous, mademoiselle... vous ne savez rien, vous ne vous rappelez rien, vous.
HÉLÈNE. Kien !
FRANTZ. Vous ne savez pas pourquoi ce jeune liommc est venu ici, et cc]>endant c’est vous qui l’avez appelé. ..
HÉLÈNE. Moi!
FRANTZ. Vous!... dans votre maladie...
dans votre sommeil... qui éveillée ne vous laissait pas de souvenir ! alors que vous prédisiez ce qui devait arriver!... la mort de monsieur Max... l’incendie de cette aniterge dans les montagnes...
HÉLÈNE. Frantz, vous m'effrayez!
FRANTZ, Vous l’avez chcrclié, lui... vous l’avez appelé auprès de vous; sa présence TOUS (Nilmait.. et personne ne le savait ici... cl je l’ignorais comme lout le monde; mais j’ai tout appris un jour, celui même où votre tante et votre cousin sont arrivés... nui , je découvris que la chambre de .M. Rodolphe et l’appariement de votre père commimiquaient entre eux par un e.scalier dérobé tpie je ne connaissais pas; frapiié de surprise, je rcsiai caché et j’enlendis monsieur Rodolphe supplier voire père de le lais.ser partir... il lui disait avec un accent qui déchirait le cœur : •l’aime votre fille, iiionsieiir le comte , je l’aime, et cet amour me lue! ma raison s’égare!... laissez-nioi partir! Alors vous êtes entrée, mademoiselle. .. vous marchiez, vous pariiez en dormant, et vous lui avez dit :
Rodolphe , restez ou je meurs ! Et il est resté , le piiuvre jeune homme qui vous aimait sans espoir, et sa présence vous a rendu la santé que vous croyez devoir à un autre. II s’est laissé mépriser, insulter par tout le monde , et aujourd’hui qu’nu n’a plus besoin de son dévouement, on le chasse!
HÉLÈNE. Qu'ai-je appris?... il y a des instants où ma pensée ne m’appartient pas et s’égare dans des rêves dont il ne me reste aucun souvenir... j’ai ap|)clé ce jeune lioiiimc? je lui ai dit de rester aujiris de moi ! Oui... oui , il faut qu'il parte ! je n'oserais plus lever les yeux sur lui !
FR.VNTZ. Mademoiselle!
HÉLÈNE. Pourquoi avez-vous parlé, Frantz!
il fallait me laisser mou ignorance ! il m’aime!... il m’a sauvée!... je ue le savais pas., je n’étais |>as injuste, ingrate! il m’aime! et il ue me l’a jamais dit , à moi dont la volonté
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obvi&sait à la sienne ! il a dû bien souffrir, n’cst-cc pas?
KHANTZ. Oli! oui... et il souffre encore...
si vous l’aviez vu comme moi !
' HÉLtNE. Silence, Krantz!... le voici; vous ne m'avez pas parlé , vous ne m'avez rien dit , je ne sais rien.