FRANTZ, MARGUERITE, RODOLPHE
Marguerite arrive avec des lumières.
MARGUERITE, à Rodolphe. Je vais porter cette luniièn" dans votre chambre, monsieur.
RODOLPHE. Dans ma chambre? mais je ne reste pas... Le guide que j'ai demandé?...
MARGUERITE. Il est parti, monsieur.
RODOLPHE. Parti?
MARGUERITE. Oui, 011 l'a renvoyé? Est-ce que monsieur ne le sait pas?
RODOLPHE. Qui donc l'a renvoyé?
MARGUERITE. Mon mari, de la part de ce monsieur qui vous a parlé tout à l'heure.
RODOLPHE Le comte de Hormegg ?
MARGUERITE. J'ai pensé que c'était d'accord avec vous, puisqu'il vous connaît.
RODOLPHE, à part. Il y a ici un mystère que je ne puis m'expliquer. . . le récit de ce domestique. . . ces prédictions. . . cet ordre donné à mon issu ! {Allant vers la table et frappant sur l'épaule de Frantz. ) Dites-moi , dites -moi...
FRANTZ, se retournant. Soyez sur qu'il arrivera bientôt un malheur !
Chantant: Dans un ravin ton cheval roule...
RODOLPHE. Écoutez-moi, et répondez.
SCÈiNE XVll.
Les Mêmes, LE COMTE ; il a l'air trèsému et très-agité
FRANTZ. Elle l'a dit! [Apercevant le Comte qui vient d'entrer.) Monsieur le comte...
Il se lève en chancelant.
LE COMTE Vous êtes ici , Frantz ? dans quel état. . .
FRANTZ, montrant Rodolphe*. C'est parce que monsieur... est Allemand comme moi...
le plaisir de rencontrer un compatriote
Vous savez l'effet que ça produit. . . mais c'est passé... il n'y paraît plus...
Il chancelle.
LE COMTE. Je ne vous fais pas de reproches maintenant, allez.
MARGUERITE, qui sort de la chambre de Rodolphe., offrant le bras à Frantz. Venez avec moi.
FRANTZ. Je n'ai pas besoin qu'on me soutienne... [Il chancelle de nouveau.) Donnez-moi donc le bras.
* Marguerite, Frantz, le Comte, Rodolphe.
En s'en allant.
Que la gaieté soit ta compagne , Afin d'oublier qu'ici-bas Un malheur toujours l'accompagne...
// sort avec Marguerite.