RODOLPHE, LE COWTE , HÉLÈNE
HÉLÈNE. Mon père ! mon père !
LE COMTE. C'est elle !
HÉLÈNE. Mon père , je vous apporte une nouvelle qui va vous rendre bien content, comme elle me rend toute heureuse. Je viens de recevoir une lettre de ma tante , la princesse douairière.
LE COMTE. De ma belle-sœur ?
HÉLÈNE. Et vous ne devineriez jamais d'où elle est datée. De Milan.
LE COMTE. De Milan ?
HÉLÈNE. Oui ; ma tante me dit que, fort
inquiète des dernières nouvelles que vous lui avez mandées en quittant l'Allemagne, ayant appris que nous sommes à Nice , et se trouvant si près de nous, elle a formé le projet de venir nous voir.
LE COMTE, à part. Grand Dieu! comment échapper à ses questions, à sa curiosité ? moi qui lui ai fait un mystère de l'état de ma fille!
HÉLÈNE. Elle se fera accompagner de son fils Albert , mon ami d'enfance.
RODOLPHE , à part. Ah !
HÉLÈNE. Que je n'ai pas vu depuis dix ans... et qui, dit-elle, partage son inquiétude...
LE COMTE, à part. Son fils! j'avais autrefois songé à une union. . .
HÉLÈNE. Ma tante paraît fort impatiente de ra'embrasser, ce qui m'annonce qu'elle sera bientôt ici ; d'ailleurs, lorsqu'elle a formé un projet, elle n'est pas longtemps à l'exécuter, vous le savez... aussi je ne serais pas étonnée de la voir arriver au premier moment.
UN DOMESTIQUE annonçant. Madame la princesse de Hormegg-Waldorf.
HÉLÈNE , à son père. Que vous disais-je ?