I. — Expériences du comte de Gasparin
En 1854, le comte Agénor de Gasparin publia (1) le résultat des expériences auxquelles il s'était livré pendant cinq mois en Suisse, avec une douzaine de personnes habitant dans son voisinage, au sujet des mouvements que l'on pouvait imprimer aux objets inanimés par le procédé connu de la chaîne des mains.
Il est inutile de rapporter ce qui a trait au mouvement produit par le contact puisque les expérimentateurs obtinrent le mouvement même à distance.
Voici, dit M. de Gasparin, comment nous y sommes parvenus une première fois :
Au moment oii la table était emportée par une rotation énergique et véritablement entraînante, nous avons tous soulevé nos doigts à un signal donné, puis, maintenant no& mains unies au moyen des petits doigts, et continuant à
(1) Des Tables tournantes, Paris, 1854 ; 2 vol. — Une 3« édition a été publiée en 1888 par sa veuve.
former la chaîne à quelques lignes au-dessus de la table, nous avons poursuivi notre course, et à notre grande surprise, la table a poursuivi également la sienne ; elle a fait ainsi trois ou quatre tours !... Et ce qui n'était pas moins remarquable que la rotation sans contact, c'était la manière dont elle s'était opérée. Une ou deux fois la table avait cessé de nous suivre, parce que les accidents de la marche avaient écarté nos doigts de leur position régulière au-dessus des bords ; une ou deux fois la table avait répris vie, si je puis m'exprimer ainsi, dès que la chaîne tournante s'était retrouvée dans un rapport convenable avec elle. Nous avions tous le sentiment que chaque main avait emporté, par une sorte d'attraction, la portion de la table placée au-dessus d'elle. (Séance du 26 décembre)
Nous étions naturellement impatients de soumettre à une nouvelle épreuve la rotation sans contact. Dans le trouble de premier succès ^ nous n'avions songé ni à renouveler ni îi varier cette expérience décisive... Nous avons senti qu'il importait de refaire la chose avec plus de soin et en présence de témoins nouveaux ; qu'il importait surtout de produire le mouvement au lieu de le continuer. .....
On pouvait dire que la table étant déjà lancée, elle conservait une certaine impulsion à laquelle elle obéissait mécaniquement, tandis que nous nous imaginions qu'elle obéissait h notre puissance fluidique. Il fallait donc arriver à produire la rotation en partant du complet repos. C'est ce que nous avons fait. La table étant immobile ainsi que nous, la chaîne des mains s'en est séparée et a commencé à tourner lentement à quelques lignes au-dessus de ses bords. Au bout d'un moment, la table a fait un léger mouvement, et, chacun s'attachant à attirer par sa volonté la portion placée sous ses doigts, nous avons entraîné le plateau à notre suite. Les choses se passaient ensuite comme dans le cas précédent ; il y a une telle difficulté à maintenir la chaîne en l'air sans la rompre, sans l'écarter des bords de la table,
sans aller trop vite et supprimer ainsi le rapport établi, qu'il arrive souvent que la rotation s'arrête après un tour ou un demi-tour. Néanmoins, elle s'est prolongée pendant trois
tours et même quatre. (Séance du 29 septembre)
Nous sommes parvenus à opérer sans contact la continuation de la rotation et sa production à partir d'un état de repos. Ce qu'il y a même eu de remarquable, c'est qu'une petite rotation d'un quart de tour a été produite par nos commandements, quoique nous restassions entièrement immobiles. La table fuyait ainsi sous nos doigts. (Séance du
6 octobre)
Une seule expérience nouvelle a réussi. Un plateau tournant sur un pivot soutenait un baquet. Après l'avoir rempli d'eau, j'y plongeai mes mains ainsi que les deux autres opérateurs. Nous y avons formé la chaîne, nous nous sommes mis à tourner, en évitant de toucher le baquet ; et celui-ci n'a pas tardé à se mettre aussi en mouvement. La
même chose a été faite plusieurs fois de suite
Comme on aurait pu supposer que l'impulsion donnée à l'eau suffisait pour entraîner un baquet aussi mobile, nous avons procédé immédiatement à la contre-épreuve. L'eau a été agitée circulairement et cela avec beaucoup plus de rapidité que lorsque nous formions la chaîne ; mais le ])aquet
n'a pas bougé ,
Revenons à la démonstration par excellence, au soulèvement sans contact. Nous avons commencé par l'opérer trois fois. Puis, comme on a pensé que la surveillance des témoins s'exercerait d'une manière plus certaine sur une petite table que sur une grande et sur cinq opérateurs que sur dix. nous avons fait venir un guéridon en sapin que la chaîne réduite de moitié a suffi pour mettre en rotation. Alors les mains ont été levées, et tout contact ayant cessé, le guéridon s'est dressé sept fois à notre commandement.
(Séance du 7 octobre)
Parmi les tentatives nouvelles qui ont été faites, je citerai
:ONDB PARTIE
de soulever entièrement en Fair «ne loulie et équilibrée par un contrepieds touchait encore à terre et le it à peu de chose. La chaîne ayant juchait le sol Ta quitté, et la table brations dans lesquels elle ne ren-
jrasparin, écrit-il, il y a quarante X j'en conseille la lecture à tous le bon sens, servi par une plume îUer les préjugés des pédants et
) où l'orgueil des sciences exactes n'avait éclaté, au moment oii elles ertes et peuvent avoir pénétré tous i, survient une petite observation, L ne se laisse classer dans aucune
Ira-t-on refaire les catégories pour savants renonceront-ils à leur int-ils leur ignorance et leurs limites ? B contester d'avance au fait nouveau
doit pas exister, donc il n'existe ace pour lui, dans ce monde. Les at et qui comprennent tout ne sau-
s'il est difficile de crier haro sur
des ignorants qui affichent la prénses par excellence; gens dont la ite à se tenir t au gros de l'arbre » ssompierre, ne s'écartant jamais des irmant d'autant plus qu'ils pensent ir supériorité par un rigorisme haususpectes !