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RAPPORT DU PREMIER SOUS-COMITE

Depuis sa création, c'est-à-dire depuis le 11 février 1869^ votre Sous-Comité a tenu quarante séances, dans le but de faire des expériences et des épreuves rigoureuses.

Toutes ces réunions ont eu lieu dans les demeures privées des membres du Comité, afin d'exclure toute possibilité de mécanisme disposé d'avance ou d'artifice quelconque.

L'ameublement des pièces dans lesquelles on a fait l'expérience a été, dans chaque circonstance, leur ameublement

dinaire.

les dont on s'est servi ont toujours été des tables à

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manger pesantes, qui demandaient un effort considérable pour être mises en mouvement. La plus petite avait cinq pieds neuf pouces de long sur quatre pieds de large, et la plus grande neuf pieds trois pouces de long sur quatre pieds et demi de large : la pesanteur était en proportion.

Les chambres, les tables et tous les meubles en général, ont été soigneusement examinés à plusieurs reprises, avant, pendant et après les expériences, pour obtenir la certitude qu'il n'existait aucun truc, instrument ou appareil quelconque, à Taide duquel les mouvements ci-après mentionnés eussent pu être produits.

Les expériences ont été faites à la lumière du gaz, excepté dans un petit nombre d'expériences spécialement notées dans les Minutes.

Votre Comité a évité de se servir de médiums de profession ou médiums payés, le médium étant l'un des membres de votre Sous-Comité, personne placée dans une bonne position sociale et d'une intégrité parfaite, qui n'a aucun objectif pécuniaire en vue et ne pourrait tirer aucun profit d'une supercherie.

Votre Comité a tenu quelques réunions sans la présence d'aucun médium (il est bien entendu que, dans ce rapport, le mot médium est simplement employé pour désigner un individu sans la présence duquel les phénomènes décrits, ou n'ont pas lieu, ou se produisent avec moins d'intensité et de fréquence;, pour essayer d'obtenir par quelque moyen, des effets semblables à ceux que l'on observe lorsqu'un médium est présent.

Aucun effort ne fut capable de produire quelque chose d'entièrement semblable aux manifestations qui ont lieu en présence du médium.

Chacune des épreuves que lintelligence combinée des membres de votre Comité pouvait imaginer, a été faite avec patience et persévérance. Les expériences ont été dirigées avec une grande variété de conditions, et toute l'ingéniosité

possible a été mise en essai pour inventer les moyens qui permissent à votre Comité de vérifier ses observations et d'écarter toute possibilité d'imposture ou d'illusion.

Votre Comité a restreint son rapport aux faits dont ses membres ont été collectivement témoins, faits qui ont été palpables aux sens et dont la réalité est susceptible d'une preuve démonstrative.

' Environ les quatre cinquièmes des membres de votre Sous-Comité ont débuté dans la voie des investigations par le scepticisme le plus complet touchant la réalité des phénomènes annoncés, avec la ferme croyance qu'ils étaient le résultat, soit de l'imposture, soit de l'illusion, soit d'une action involontaire des muscles. Ce fut seulement après une irrésistible évidence, dans des conditions qui excluaient l'une ou l'autre de ces hypothèses et après des expériences et des épreuves rigoureuses, souvent répétées, que les membres les plus sceptiques de votre Sous-Comité furent, à la longue et malgré eux, convaincus que les phénomènes qui s'étaient manifestés pendant cette enquête prolongée étaient de véritables faits.

Le résultat de leurs expériences, longtemps poursuivies et dirigées avec soin, a été, après des épreuves contrôlées sous toute forme, d'établir les conclusions suivantes :

Premièrement. — Dans certaines dispositions de corps ou d'esprit, oii se trouvent une ou plusieurs personnes présentes, il se produit une force suffisante pour mettre en mouvement des objets pesants, sans l'emploi d'aucun effort musculaire, sans contact ou connexion matérielle d'aucune nature entre ces objets et le corps de quelques personnes présentes.

Deuxièmement. — Cette force peut faire rendre des sons, que chacun peut entendre distinctement, à des objets matériels qui n'ont aucun contact ni aucune connexion visible, ou matérielle avec le corps de quelque personne présente ; et il est prouvé que ces sons proviennent de ces objets par des vibrations qui sont parfaitement distinctes au toucher.

Troisièmement. — Cette force est fréquemment dirigée avec intelligence, quelques-uns de ces phénomènes se sont produits dans trente-quatre séances, sur quarante que votre Comité a tenues. La description d'une de ces expériences, et la manière dont elle a été conduite, montreront mieux le soin et la circonspection avec lesquels votre Comité a poursuivi ses investigations.

Tant qu'il y avait contact ou simplement possibilité de contact par les mains ou par les pieds, ou même par les vêtements de l'une des personnes qui étaient dans la chambre, avec l'objet mis en mouvement ou émettant des sons, on ne pouvait être assuré que ces mouvements ou ces sons n'étaient pas produits par la personne ainsi mise en contact. L'expérience suivante a donc été tentée :

Dans une circonstance oîi onze membres de votre Sous- Comité étaient assis depuis quarante minutes autour de l'une des tables de la salle à manger, décrites précédemment, et lorsque déjà des mouvements et des sons variés s'étaient produits, ils tournèrent (dans un but d'expérimentation plus rigoureuse), les dossiers des chaises vers la table, à neuf pouces environ de celle-ci ; puis ils s'agenouillèrent sur les . chaises, en plaçant leurs bras sur les dossiers.

Dans cette position leurs pieds étaient nécessairement tournés en arrière, loin de la table, et par conséquent ne pouvaient être placés dessous, ni tou(;her le peirquet. Les mains de chaque personne étaient étendues au-dessus de la table à environ quatre pouces de sa surface. Aucun contact avec une partie quelconque de la table ne pouvait donc avoir lieu sans qu'on s'en aperçut.

En moins dune minute, la table, sans avoir été touchée, se déplaça quatre fois ; la première fois d'environ cinq pouces d'un côté ; puis de douze pouces du côté opposé ; ensuite de la même manière et respectivement de quatre et de six pouces.

Les mains de toutes les personnes présentes furent ensuite

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placées sur les dossiers des chaises, à un pied environ de la table qui fut mise en mouvement cinq fois, avec un déplacement variant entre cinq et six pouces.

Enfin, toutes les chaises furent écartées de la table à la distance de douze pouces, et chaque personne s'agenouilla sur sa chaise comme précédemment, mais cette fois en tenant [Cs mains derrière le dos, et, par suite, le corps placé à peu près à dix-huit pouces de la table, le dossier de la chaise se trouvant ainsi entre l'expérimentateur et la table. Celle-ci se déplaça quatre fois dans des directions variées.

Pendant cette expérience décisive, et en moins d'une demi-heure, la table se mût ainsi treize fois, sans contact ou possibilité de contact avec une personne présente, les mouvements ayant lieu dans des directions différentes et quelques-uns de ceux-ci répondant à la demande de divers membre de votre Comité.

La table a été examinée avec soin, tournée sens dessus dessous, et scrutée pièce par pièce, mais on n'a rien découvert qui pût rendre compte des phénomènes. L'expérimentation a été faite partout en pleine lumière du gaz placé audessus de la table.

En résumé, votre Sous-Comité a été plus de cinquante fois témoin de semblables mouvements sans contact, en huit soirées différentes, dans des maisons de membres de votre Sous-Comité, et chaque fois les épreuves les plus rigoureuses ont été mises en œuvre.

Dans toutes ces expériences, l'hypothèse d'un moyen mécanique ou autre a été complètement écartée par le fait que les mouvements ont eu lieu dans plusieurs directions, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre; mouvements qui auraient exigé la coopération d'un grand nombre de mains et de pieds et qui, en raison du volume considérable et de la pesanteur des tables, n'auraient pu se produire sans l'emploi visible d'un effort musculaire.

Chaque main et chaque pied étaient parfaitement en vue,

et aucun d'eux n'aurait pu bouger, sans qu'on s'en apeiv çut immédiatement.

L'illusion a été mise hors de question. Les mouvements ont eu lieu en différentes directions, et devant toutes les personnes présentes. C'est là une affaire de mesurage et non d'opinion ou d'imagination.

Ces mouvements se sont reproduits tant de fois, dans des conditions si nombreuses et si diverses, avec tant de garanties contre l'erreur ou la supercherie et avec des résultats si invariables, que les membres de votre Sous-Comité, qui avaient tenté ces expériences après avoir été, pour la plupart, entièrement sceptiques au début de leur investigation, ont été convaincus qu'<7 existe une force capable de mouvoir des corps pesants sans contact matériel^ force qui dépendy d'une manière inconnue, de la présence d'êtres Immains.

Votre Sous-Comité n'a pu collectivement obtenir aucune certitude relativement à la nature et à la source de cette force, mais il a simplement acquis la preuve du fait de son existence. 11 pense qu'il n'y a aucun fondement à la croyance populaire qui prétend que la présence de personnes sceptiques contrarie la production ou l'action de cette force.

En résumé, votre Sous-Comité exprime unanimement l'opinion que l'existence d'un fait physique important se trouve ainsi démontrée, à savoir : que des mouvements peuvent se produire dans des corps solides, sans contact matériel, par une force inconnue jusqu'à présent, agissant à une distance indéterminée de l'organisme humain, et tout à fait indépendante de l'action musculaire, force qui doit être soumise à un examen scientifique plus approfondi, dans le but de découvrir sa véritable source, sa nature, sa puis- 9ance.

RAPPORT DU DEUXIÈME SOÙS-COMITé

Ce rapport comprenait 41 pnragraplies dont nous ne reproduirons que les principaux.

Les séances ont lieu chez MM. A... et B..., membres de la société dialectique. Les seules pei*sonnes qu'ils s'adjoignirent lurent leurs femmes et un frère d'un membre du Sous- Comité.

La lumière du gaz resta toujours suffisante pour permettre de lire et d'écrire facilement. On obtint des coups, des mouvements de la table et des coups dans la table, dès la première séance et dans beaucoup d'autres séances suivantes. La table oscillait, se soulevait ou frappait du pied, «t souvent elle se mouvait dans le sens indiqué. Pendant •ces mouvements, les mains furent (pielquefois écartées toutes ensemble de la table, sans arrêter pour cela le phénomène.

Les mouvements cessèrent au bout de quelques séances, «ans doute pour faire place aux phénomènes des coups frappés. Ceux-ci ne paraissaient pas venir toujours de la table, mais quelquefois du parquet, des murs et du plafond, tjouvent d'endroits désignés par un de nous, mais pas toujours. Ils avaient un son distinct et spécial, semblant se produire dans l'intérieur de la matière plutôt qu'à la surface ; ipiélquefois on eût dit des détonations dans l'air.

Une fois, dit le rapport, nous essayâmes de frapper suivant un rythme sur la table et demandâmes qu'on nous imitât, ce qui fut fait avec exactitude. Ce que nous avons constaté semble généralement corroborer ce qu'ont constaté les témoins que vous avez interrogés, avec cette différence que les phénomènes nous ont paru avoir pour base une intelligence. Nous avons eu surtout des réponses plus ou mains pertinentes, quelquefois très inattendues, et aussi des communications originales. L'alphabet était épelé

lettre par lettre : trois coups signifiaient « oui », deux « douteux », un « non ». Nous changeâmes quelquefois exprès ces conventions, mais sans nuire aux réponses. Nous avons, semble-t-il, pu établir ainsi une communication avec plusieurs esprits ou intelligences, dont plusieurs se donnaient comme en relations diverses de parenté avec certains membres de notre société. Chaque soi-disant esprit montrait une individualité distincte, avait sa manière de frapper délicatement, ou fortement, ou avec décision, comme s'il eût exprimé ainsi son caractère ou son humeur. Quand nous essayions, pour abréger, de finir les mots ou les phrases, souvent on rejetait carrément nos explications pour les remplacer par des mots ou des expressions plus appropriés ou d'une toute autre signification. L'introduction d'une personne étrangère, pendant les phénomènes, ne nuisit en rien aux manifestations ; et cette personne non influencée voyait ce que nous voyions. Des manifestations eurent lieu, alors que nous n'étions pas réunis pour une séance, ni assis autour d'une table. C'est ainsi qu'une fois, on causait d'une séance où M"® Marshall assistait, et où des coups s'étaient produits dans le piano ; les cordes du piano de M. A..., chez qui nous étions, se mirent à vibrer soudainement et simultanément, bien que personne ne se trouvât près de l'instrument. Les sons se répétèrent deux ou trois fois ; ils étaient trop forts pour être attribués à quelque vibration de la maison ou de la chambre. L'instrument fut aussitôt examiné intérieurement et extérieurement avec le plus grand soin, sans qu'on put rien découvrir et, même après cet examen, il y eut encore, à intervalles, pendant la la soirée, d'autres coups dans l'instrument. Ajoutons que cette occasion fut unique et que rien de semblable n'arriva plus chez M. A...

Une autre fois nous avions fini la séance et prenions des rafraîchissements, quand de tous côtés, dans la chambre, de vigoureux frappements retentirent. Interrogées, les in-

telligences « supposées » répondirent qu'elles étaient les esprits avec qui nous venions de communiquer, qu'elles étaient de très bonne humeur et n'avaient pas envie de nous quitter. Un de nous but en riant à leur santé et leur demanda de répondre, ce qu'ils firent par des volées de frappements indiquant bien en effet leur gaieté et leur désir de fraterniser. Enfin chacun nous dit adieu par une succession de coups gradués, d'abord forts et rapides, puis devenant graduellement faibles et plus espacés, jusqu'à n'être plus perceptibles. Ces coups semblaient plutôt des détonations que le résultat d'une percussion sur quelque chose de dur.

Nous n'avons pu découvrir les conditions favorables à la production des phénomènes ; tout ce que nous pourrions dire c'est qu'il nous a semblé que les manifestations étaient favorisées : a) par la régularité dans la façon de conduire les séances, 6) par une tenue et une conversation tranquilles, mais non pas particulièrement passives, c) par la tranquillité de la maison où a lieu la séance (ainsi nous n'obtenions rien au commencement de la soirée et il n'en était plus de même plus tard, quand les domestiques s'étaient retirés et que les bruits qu'ils pouvaient faire avaient cessé) ; d) par une lumière faible.

Et il faut ajouter qu'il y eut aussi de puissantes manifestations pendant l'absence complète de l'une quelconque de ces conditions.

Quelquefois rien ne se produisait plus, sans aucun changement sensible dans les conditions ; d'autrefois aussi, sans aucun souci de notre part de ces conditions, les manifestations continuaient fortes et vigoureuses, et il nous fallait lever la séance qui ne durait jamais plus de deux heures et demie.

Nous avons remarqué que jamais l'obscurité ne nous a réussi seule, pas plus que la lumière du jour ; qu'il a toujours fallu la présence de deux dames, et que, quand nous nous

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*M2 SKCOiXDE PARTIE

conformions aux indications des soi-disant esprits, les manifestations devenaient plus intenses.

Nous n'avons rien vu d'analogue aux conditions qui favorisent la production des phénomènes électrobiologiques ou mesmériques. Ainsi Tattente ou le désir d'un phénomène le faisait plutôt manquer que se produire, et les meilleures séances étaient celles qui débutaient par des phénomènes immédiats ou presque immédiats.

Notre faculté d'observer ou de juger n'était pas troublée, puisque nos souvenirs concordaient tous et étaient corroborés par les notes prises au moment et aussi par des témoins étrangers.

Quelle que fût la force manifestée ou quelles que fussent les conditions, nous remarquâmes souvent qu'il semblait qu'on eiit envie d'économiser cette force. Ainsi :

a) Il était rare de pouvoir obtenir une deuxième reprise, même en retournant la question ;

b) Les communications étaient faites en termes concis, les mots inutiles n'étaient jamais employés ;

c) Rarement nous eûmes des coups inutiles ou dépourvus de sens : ils nous donnaient des communications originales ou des réponses à nos questions.

Nous n'avons remarqué aucune influence venant de la santé, du temps ou de la température.

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