‹ L'extériorisation de la motricité (volume 2)Chapitre 56 sur 61 · CHAPITRE VIH · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIH

L'étude approfondie de Télectricité animale et la comparaison de ses effets avec un certain nombre de phénomènes encore inexpliqués de l'électricité atmosphérique permettra certainement, un jour ou l'autre, de se rendre compte d'une partie des faits extraordinaires exposés dans les chapitres précédents.

J'ai fait, à ce sujet, beaucoup de recherches et quelques expériences qui ne m'ont encore rien donné de bien précis ; mais souhaitant que d'autres s'engagent dans la même voie, je vais rapporter ici quelques-uns des exemples les plus saillants des rapports dont je viens de parler.

On trouve dans les Expériences sur le Galvanisme de Humboldt (1) le nom de plusieurs individus dont le corps dégageait du feu en marchant.

Mussey (2) rapporte le fait d'une femme de 30 ans,

(1) Pari», 1799, p. 428.

(2) Extraordinary case of animal electricety (American journ. of med. Se, 183T. T. XXI, p. 377.

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d*un tempérament nerveux, qui, pendant une aurore boréale, fut chargée subitement d'électricité, dont la présence se manifesta par des étincelles lorsque cette femme passa, par hasard, le doigt sur la figure de son frère. Ce phénomène persista pendant environ deux mois et demi avec une intensité variable. Dans les conditions les plus favorables, elle envoyait du bout de son doigt à une boule de cuivre, par minute, quatre étincelles longues de 3 centimètres.

Un fait divers qui a été reproduit par un grand nombre de journaux, mais qui avait paru dans le Libéral du JSord à la date du 4 avril 1837, est ainsi conçu :

Une jeune femme vient d'accoucher hier d'un enfant qui, semblable à la torpille, a donné une commotion au médecin qui l'a mis au monde. Cet enfant électrique appartient au sexe masculin et est d'une constitution robuste. 11 a été placé aussitôt après sa naissance dans un berceau d'osier, supporté par un isoloir à pied de verre et a donné des signes non équivoques d'électricité. Il a conservé, l'espace de 24 heures, cette propriété remarquable, à tel point que le médecin put charger une bouteille de Leyde, tirer des étincelles et faire une foule d'expériences diverses.

Le Petit Moniteur universel du soirj du 8 mars 1869, relate un fait analogue d'après le Mémorial de la Loire :

Il s'agit d'un enfant né dans le village de Sêdnt-Urbain, sur les limites de la Loire et de l'Ardèche, qui paraissait environné d'une lueur blanchâtre ; des objets de mince volume, tels qu'une cuiller, un couteau, se mettaient à vibrer quand ils étaient près des pieds ou des mains de l'enfant,

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qui mourut à 9 mois, en dégageant des effluves lumineux (1)

En 1839, deux jeunes filles âgées de 18 à 20 ans, jouissant d'ailleurs d'une bonne santé, produisaient à Smyme des phénomènes extraordinaires dont VEcho de V Choient du 9 mars rend compte en termes qui dénotent un écrivain peu familier avec le langage scientifique :

Placées en même temps autour de la table recouverte d'une toile cirée, on entend immédiatement celle-ci éprouver des craquements successifs qu'on pourrait comparer à un mouvement de dislocation ; bientôt après, de vives commotions, accompagnées de détonations assez sensibles, se font entendre dans l'appartement quand les portes sont fermées. On a vu la table en question, dégagée du point d'appui contre le mur, se mouvoir seule et comme poussée par une force répulsive, reculer et parcourir progressivement par petites secousses, l'espace d'environ un pas. L'une des jeunes personnes changeant de place, le mouvement de la table prend une direction analogue. La toile cirée qui recouvre la table étant enlevée, le mouvement se ralentit sensiblement.

Tout cela s'est passé sous les yeux de plusieurs médecins respectables et de personnes recommandables par leur instruction et par leurs connaissances. Cherchant à l'expliquer, elles ont cru reconnaître, jus qu'à un degré voisin de la certitude, que les deux jeunes personnes dont il s'agit sont

(1) CornéUus Agrippa {Epist. XLIX, livre II) rapporte une observation faite par un de ses amis, Jehan Rougier, curé de Sainle-Croix à Metz, sur un enfant, son neveu, qui parut tout à coup dans son berceau environné de flammes pendant que le sein de sa mère qui l'allaitait semblait aussi s'auréoler de feu, sans qu'aucune des deux personnes en souffrit.

douées de la propriété d'un fluide électrique spontané à un degré inconnu jusqu'à nos jours et qui ne pourrait se comparer qu'à la dose de la bouteille de Leyde. Chez l'une, le fluide électrique serait positif, et chez l'autre négatif au môme degré, ce qui constituerait un véritable phénomène.

Le célèbre magnétiseur Gh. Lafontaine raconte (1) qu'en 1833 ou 1834 un de ses amis se rendit dans un village situé à deux lieues de Carcassonne, avec M. Berthe, professeur de physique au petit séminaire de cette ville, pour voir une jeune fille de huit ou neuf ans. qui, à certains moments, par sa seule présence dans une cuisine, faisait danser toutes les casseroles, les pelles et les pincettes. Il y ^vait déjà six ou huit heures qu'ils étaient là, sans qu'il se passât rien. Ils partirent croyant à une mystification, mais ils n'avaient pas fait cent pas qu'on les rappela Ils revinrent en toute hâte et virent la jeune fille au milieu de la cuisine et toutes les casseroles sauter, danser ; les chenets, les pelles, les pincettes, tout ce qui était en métal était en mouvement ; môme le feu, les tisons, les bûches furent lancés au milieu de la cuisine.

Le 15 janvier 1846, dans le village de Bouvigny, près de La Perrière (Orne), une jeune fille de 13 ans, nommée Angélique Cottin, petite, robuste, mais extrêmement apathique au physique et au moral, présenta tout à coup des phénomènes étranges : les objets touchés par elle ou ses vêtements étaient violemment repoussés ; parfois même, à sa seule approche, des commotions étaient ressenties par les personne* et on voyait s'agiter les meubles et ustensiles. Cette propriété

(1) VArt de magnétiser. — Paris, 1886, p. 270.

subsista, avec des variations dans son intensité et intermittences parfois de 2 ou 3 jours, pendant un i à peu près, puis elle s'en alla inopinément comme était venue. Elle fut constatée par un très grand non de personnes dont quelques-unes soumirent la je fille à de véritables expériences et consignèrent 1 observations dans des procès-verbaux qui ont été cueillis et publiés par le D' Tanchou (1).

Le D" Tanchou vit Angélique Gottin pour la pren fois le 12 février à Paris, où on l'avait amenée j l'exhiber ; les manifestations dont l'énergie avait d du jour où l'on avait dérangé le sujet de ses habitii étaient sur le point de disparaître ; toutefois elles ét( encore assez nettes pour permettre à l'expérimenta de rédiger la note suivante. Cette note fut lue le 1" vrier, à l'Académie des sciences, par Arago qui avai lui-même témoin oculaire des faits.

J'ai vu deux fois, dit le docteur Tanchou, la jeune électrique.

Une chaise, que je tenais le plus fortement possible le pied et les deux mains, a été chassée au moment où s'y est assise.

Une petite bande de papier, que j'avais placée eu (î libre sur mon doigt, a été emportée plusieurs fois co par un coup de vent.

Une table à manger, d'une moyenne grandeur et i lourde, a été plusieurs fois poussée et déplacée par le fait du contact de ses vêtements.

Une petite roue en papier, placée verticalement ou 1

(1) Enquête sur Vauth^nticité des phénomènes électr d* Angélique Cottin. — Paris, Germer BaîUière, 1845. — chure de 54 pages.

7jmià\emeni sur ?(oo axe. re^it on moavefneat rapide psr U*^ émanations qai ««ortent do poignet et do pli do hn,< de rtîtte enfant ' 1 ».

i;n canapé forl p^nd et fort loord, sor leqoel j'étais assis, a été pf>oi*»é violemment josqn ao mor, ao moment où pelle jeune fille est venue se mettre à côté de moi.

Une chaise fLxée sur le sol par des personnes fortes, sor Imjuelle j'étais as«is de manière à n'en occuper que la moitié, a éti» violemment arrachée de dessous moi, aussitôt que la jeune fKrrsonne s'est assise sur l'autre moitié.

i'Jum' singulière, chaque fois que la chaise est enlevée, elle S4;mlile tenir aux vêtements de la jeune personne : elle Ja suit un instant et ne s'en détache qu'apK's.

Ihîux i»etites lK»ules de sureau ou de plume suspendues par un fil d(; soie, sont agitées, al tii'ées, et parfois s'éloignent l'une (le l'autre.

Les émanations de cette jeune fille ne sont pas perman(;nt(;s dans la journée ; elles se montrent surtout le soir «le sept h neuf heures : ce qui me fait penser que son dernier repas, qu'elle fait h six heures, n'y est pas étranger.

Kllcrs ont lieu par la face antérieure du corps seulement, particuh'ènunent au poignet et au pli de la saignée.

Mlles n'ont lieu <pie du côté gauche ; le bras de ce côté est plus chaud (pie l'autre ; il s'en (h'îgage une chaleur douce, halitu(nise, comme d'une partie où il se fait une vive réaction, (^e niemhn; est tremblant et continuellement agité de contractions insolites et de frémissements qui semblent se (M)mmuniquer à la main qui le touche.

(1) Lafoulaiue, (pii fut aussi l'un des observateurs, dit que « lorsqu'on approchait son poignet gauche d'une bougie allumée, la lumière, de verticale devenait liorizontale, comme si elle eût éln soufflée continuellement. » (L'art de tnagnéliser^ p. 273).

M. Pellelier a observé le môme phénomène avec quelques-uns de s(îs sujets quand ils approchaient la paume de la main de la flamme d'une bougie.

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Pendant le temps que j'ai observé cette jeune personne, «on pouls a varié de 105 à 120 pulsations par minute ; il m'a paru souvent irrégulier.

Quand on éloigne cette jeune personne du réservoir commun, soit en l'asseyant sur une chaise sans que ses pieds touchent par terre, soit qu'elle ait ses pieds sur celle d'une personne placée devant elle, le phénomène n'a pas lieu ; il cesse également quand on la fait asseoir sur ses deux mains. Un parquet ciré, un morceau de taffetas gommé, une lame de verre placée sous ses pieds ou sur sa chaise annihilent également sa propriété électrique (1).

Pendant le paroxysme, la jeune personne ne peut presque rien toucher avec la main gauche, sans qu'elle le jette au loin comme si elle était brûlée ; quand ses vêtements touchent les meubles, elle les attire, elle les déplace, elle les bouleverse. On le concevra d'autant plus facilement, quand oh saura qu'à chaque décharge électrique, elle fuit pour éviter la douleur ; elle dit qu'alors « ça la pique » au poignet et au pli du coude ; en cherchant le pouls à l'artère temporale, ne pouvant l'apprécier au bras gauche, mes doigts touchèrent par hasard la nuque ; h l'instant la jeune personne jeta un cri, et s'éloigna vivement de moi. Il y a dans la région du cervelet (je m'en suis assuré plusieurs fois\ à l'endroit où les muscles de la piirtie supérieure du cou s'insèrent au erâne, un point tellement sensible, que la jeune personne ne permet pas qu'on y touche, et auquel vont retentir toutes les sensations qu'elle ressent du bras gauche.

Les émanations cleciriques de cet enfant semblent avoir lieu par ondées, d'une manière intermittente, et successive-

(1) Le D' Lemoniep, mSdeiîia à S'-Maurice (Orne), insiste aussi sur cette propriété dans son rapport.

« Placée sur une chaise isolée du sol par quatre verres, la jaune fille, en appuyant ses pieds sur les barreaux, ne produisait rien Mise en contact avec le réservoir commun, le phénomène recommençait, et toujours de gauche à droite. »

Le 17 janvier, c'est-à-dire le deuxième jour de l'apparitiôii -des phénomènes, des ciseaux suspendus à sa ceinture, au moyen d'un ruban de fil, ont été lancés sans que le cordon fut brisé ni qu'on pût savoir comment il avait été dénoué. Ce fait, le plus incroyable, par son analogie avec les effets de la foudre, a fait penser tout de suite que Télectricité devait jouer un grand rôle dans la production de ces étonnants effets. Mais cette voie d'observation fut de (fourte durée : ce fait ne se produisit que deux fois, dont l'une en présence de M. le curé qui, sur son honneur, m'en a garanti la réalité. Les effets presque nuls dans le milieu du jour redovdîlèrent le soir à l'heure ordinaire. Il y eut alors action sans contact y et sur les corps organisés vivants, actions débutant par de violentes secousses ressenties dans les jarrets par l'une des ou\Tières placées en face d'Angélique (la pointe de leurs sabots était distante d'un décimètre environ) ; les mêmes objets, repoussés le matin par le contact, le sont alors par la seule approche des vêtements.

(Rapport de M. Hébert).

Voici ce qu'a vu le docteur Beaumont-Chardon, médecin à Mortague :

1** Répulsion et aussi attraction, sautillement, déplacement d'une table assez massive, — d'une autre table de trois mètres sur deux, montée sur roulettes, — d'une autre table carrée de un mètre et demi, en chêne, d'un fauteuil «n acajou très massif. — Tous ces déplacements ont eu Heu par le contact volontaire ou involontaire des vêtements de la fille Cottin.

2® En la faisant asseoir : bouleversement, répulsion de la chaise et de la jeune fille fortement maintenue ainsi que la personne qui était assise sur le même siège ; une sorte d'adhérence momentanée de la chaise aux jupes a été vue plurieurs fois : cessation de ces effets en mettant la chaise et la

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jeune fille sur du verre ou de la loi le cirée, ou bien en posant la jeune fille sur la chaise sans que ses pieds fussent en contact avec le sol : — effets ijènêralement moindres sur les planches cirées ou des tapis.

3** Commotion vive de la jeune fille, rappelant exactement ctîlle qu'on éprouve par une décharge électrique, lorsqu'on approchait de la colonne vertébrale à son insu ou non. soit un fragment de bois, soit un bâton, une pelle, une pincette à feu ; — le doigt porté vers le front, le sommet et surtout le derrière de la tête, ainsi qu'au pli du bras gauche produisait le même effet, soit par contact, soit à la dislance <run ou de deux centimètres ; cessation de cet effet lorsqu'on interposait une toile cirée entre le bras et l'objet.

4° Sensations de violentes piqûres lorsqu'on mettait en contact avec le pli du bras gauche ou de la tête, ou simplement qu'on approchait à petite distance, un bâton de cire à cacheter ou un tube de verre frottés convenablement ; lors- (ju'on ne les avait pas frottés, ou lorsqu'on les essuyait ou les mouillait, cessation d'effet. Les poils du bras, couchés avec un peu de salive, se redressaient par l'approche du bras gauche de la jeune fille.

5*^ Sensation pénible et insupportable de picotement lorsqu'on approchait, à plusieurs centimètres des doigts étendus de la main gauche, ainsi que de sa tète, l'un ou l'autre des pôles d'un fer fortement aimanté ; le fer non aimanté ne produisait pas ces effets. Une aiguille aimantée, suspendue au plafond horizontalement par un long fil, a été déviée de la direction magnétique terrestre et oscillée par l'approche du bras gauche de la jeune fille.

La jeune fille donnait généralement beaucoup, quand j'étais près d'elle, parce que je n'excitais pas sa défiance et que je lui épargnais les souffrances ; j'ai cru voir que pour bien donner, quoique sa volonté m'ait paru sans influence, il faut qu'elle ait l'esprit libre et qu'elle soit gaie.

M. de Faréinont, homme intelligent et respecté, dont le château était voisin de la chaumière d'Angélique et qui, dès le début, prit la malheureuse enfant sous sa protection, constata au moment où ses facultés étaient à leur maximum, des faits encore plus extraordinaires.

En renouvelant mes expériences, écrit-il à un ami, les pelles et les chenets furent à leur tour projetés, et, chose plus étonnante, qui ne peut laisser aucun soi^pçon de supei - ('herie si jamais pareil « bouchon » en eût été capable, Ton fit travailler Tenfant à une huche ou a met » pesant au moins cent cinquante livres. On avait enfoncé à Textrémité une petite pointe à laquelle elle fixait sa soie, sitôt qu'elle travaillai! et que sa jupe touchait la huche, celle-ci était instantanément enlevée à 3 ou 4 pouces de terre, et cela se renouvelait de quatre à cinq fois par minute. Elle se reposait ensuite.

Je me plaçai sur la huche et je fus enlevé avec la môme violence et la même régularité : trois personnes se placèrent de même et furent enlevées, mais moins enlevées de terre. Moi, Monsieur, et un fort de la halle n'aurions pu enlever cette huche avec les trois personnes.

Va-tron dire que les genoux de l'enfant pouvaient la soulever ? à peine si elle pouvait glisser son pied entre la huche et la terre, et en outre je voyais ses pieds écartés de la huche et je tenais moi-même sa jupe sur les parois de ce meuble. Chose plus étonnante et que j'ai vue encore, les lits de campagne pèsent bien trois cents livres au moyen de couchette grossière, paillasse, etc. Là, Tenfautne pouvant rester assise, puisque la chaise fuyait sous elle et qu'elle perdait à chaque instant son centre de gravité, s'approcha par hasard du lit pour se reposer debout. Elle était fortement chargée dans ce moment. Le lit s'ébranle et vacille d'une manière incroyable : aucune autre force n'était capable de produire ce mouvement.

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Elle s'approche d'un autre, monté sur des rouleaux en bois de six pouces pour l'élever de terre ; ce lit est renversé de dessus des rouleaux.

En palpant cette enfant dans tous les sens, on sentait une pulsation interne dans toutes les parties de son corps, depuis les pieds jusqu'à la tête, le poids n'était pas réglé ; il suivait les pulsations nerveuses.

Lorsque j'emmenais l'enfant à Mamers et qu'elle rentrait le soir, tous ses meubles, qui étaient imprégnés de son môme fluide, semblaient ne former qu'un avec elle ; sitôt qu'elle les approchait et qu'elle les touchait, ils remuaient, frissonnaient presque du plaisir de la voir ; pelles, pincettes, partout le mouvement était plus vif et plus violent...

M. OUivier, ancien élève de rEcole pol>i:echnique et ingénieur des ponts et chaussées à Mortagne, a été témoin de la plupart des phénomènes relatés plus haut ; il a expérimenté plus spécialement ceux qui avaient des rapports avec rélectricité et le magnétisme.

En approchant notre main du bras de la jeune fille, il y avait horripilation des poils qui s'y trouvaient...

Les quatre pieds d'une chaise ont été placés dans des verres bien séchés, et la jeune fille Cottin a pu s'y asseoir sans éprouver la plus légère secousse et y rester très tranquille en posant ses pieds sur une bouteille couchée ; après lavoir laissée dans cette position quelque temps, nous avons approché la main de son coude et déterminé une secousse.

La fille Cottin, étant toujours sur la chaise isolée, on a mis devant elle un guéridon et tout ce qu'il fallait pour faire des gants de filet : on avait isolé la guéridon sur des verres; la malade a pu travailler, seulement le moule lui faisait . éprouver une sensation pénible... M. Beaumont avait apporté une petite boussole de poche sur laquelle nous avons voulu faire agir le bras d'Angélique, mais nous n'avons rien r^

marqué : au contraire, lorsqu'elle présentait son coude contre une grande aiguille suspendue à un fil, celle-ci était déviée par répulsion de 90° environ...

Arago avait constaté lui-même, à TObservatoire, en présence de MM. Mathieu, Laugier et Guyon, les phénomènes suivants ; la jeune fille ayant présenté sa main à une feuille de papier placée sur le bord d'une table, cette feuille avait été vivement attirée par sa main. — S'étant approchée du guéridon et l'ayant effleuré de son tablier, ce guéridon avait été repoussé. — S'étant assise sur une chaise et ayant posé ses pieds par terre, la chaise fut projetée avec violence contre le mur, tandis que la jeune fiUe était jetée d'un autre pôté. Cette dernière expérience, recommencée plusieurs fois, réussit toujours : ni Arago, ni MM. Guyon et Laugier ne purent maintenir la chaise immobile. M. Guyon s'étant assis d*avance sur la moitié de la chaise qui allait être occupée par Angélique, fut renversé au moment où celle-ci vint partager la chaise avec lui.

Sur un rapport favorable de son illustre secrétaire, l'Académie des Sciences nomma une commission pour examiner Angélique. Cette commission s'occupa presque exclusivement de chercher à constater chez le sujet une électricité analogue à celles des machines ou de la torpille. Elle ne put arriver à aucun résultat, probablement par suite de l'émotion causée par la vue des appareils de physique à la jeune fille dont les facultés étaient déjà à leur déclin ; aussi s'empressa-t-elle de faire déclarer comme nulles et non avenues toutes les communications faites précédemment à la Compagnie sur ce sujet.

En 1858, le D' Pineau, médecin aux Péluies (Cher), eut l'occasion de voir une jeune fille, Honorine Séguin, douée de propriétés analogues. Elle était âgée également de treize ans et demi, et demeurait à La Haye (Indre-et-Loire). Comme pour Angélique Cottin, les phénomènes se produisirent inopinément au commencement de décembre 1857, augmentèrent d'intensité pendant quelque temps, puis finirent par disparaître, mais seulement au bout de deux ou trois mois. M. Figuier en a donné dans V Histoire du merveilleux (tome IV, p. 211-214) une relation où on ht :

Quand le docteur fut arrivé, elle s'assit près de lui, sur une chaise, et plaça près d'elle une autre chaise, en contact avec le bord inférieur de sa robe qui traînait sur le parquet, Après une demi-heure d'attente, on vit tout à coup son jupon se (jonfler et s'appliquer sur l'un des barreaux de la chaise vide qui fit aussitôt un léger mouvement de rotation accompagné d'un craquement caractéristique. A partir de ce moment la chaise parût obéir à tous les ordres qu'il plut à Honorine de lui adresser.

Elle tournait en glissant sur le i)arquet, elle frappait le nombre de coups demandés, elle se soulevait sur deux pieds et y restait en équilibre, elle battait la mesure pendant qu'Honorine chantait, enfin elle se renversait avec violenc*».

Si l'on approchait alors la main du jupon il perdait aussitôt son état de rigidité ; mais un instant après, on le voyait se gonfler de nouveau, s'approcher de la chaise et y adhérer comme s'il avait été attiré par une force analogue à celle de V électricité. Pendant toute la durée de l'expérience qui dura deux heures, les pieds et les mains de la jeune fille restèrent immobiles et en évidence, ce qui éloigne tout soupçon de supercherie de sa part. Au reste, cette suposition paraît entièrement inadmissible à l'observateur, qui mit, ainsi que les

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ites, la plus minutieuse attention à surveiller du sujet.

Rneau se décida à étudier les propriétés 5uin, le 10 lévrier 1858, elles se trouis leur période de décroissance ; depuis elles ne s'étaient point manifestées et il. prolongé de la part du sujet pour les . Un appareil composé de deux boules de lues à un fil de soie ne fut nullement oment où le jupon renversait une chaise

urieux a été observé pendant les années dans la Bavière rhénane sur une petite 2 ans, Philippine Singer, qui fut d'abord s parents à Bergzabem par les docteurs phig, puis dans une maison de santé à )utre les mouvements spontanés d'objets irds et les sons tirés d'un petit harmonium, a vu se produire avec les autres méilerai un phénomène d'attraction qui se irement.

> octobre 18S2, elle s'amusa à faire adhérer papier à sa main ou au mur et à le faire use apparente malgré l'examen minutieux ier.

soir, on lui donna d'autres objets, des clefs, jnnaie, des porte-cigares, des montres, des d'argent ; et tous, sans exception, restèrent main. On a remarqué que l'argent adhérait litres matières, car on eût de la peine à en

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enlever les pièces de monnaie, et cette opération lui causait de la douleur.

Le samedi 11 novembre, un officier qui était présent lui donna son sabre avec le ceinturon, et le tout, qui pesait 4 livres, ainsi qu'on le constata, resta suspendu au doigt du milieu en se balançant assez longtemps. Ce qui n'est pas moins singulier, c'est que tous les objets, quelle qu'en fut la matière, restaient également suspendus. Cette propriété marjnétique se communiquait par le simple contact des mains aux personnes susceptibles de la transmission du fluide. Nous en avons eu plusieurs exemples.

Un capitaine, M. le chevalier de Zentner, en garnison à cette époque à Bergzabern, témoin de ces phénomènes, eut ridée de mettre une boussole près de l'enfant. Au premier essai, l'aiguille dévia de 15" ; mais, aux suivants, l'aiguille restait immobile quoique l'enfant eût la lioite dans une main et H caressùt de l'autre.

D'habitude, lorsque la petite somnambule se disposait à commencer les séances, elle appelait dans sa chambre toutes les personnes qui venaient là. Elle disait simplement : « Venez ! venez ! » ou bien : « Donnez ! Donnez 1 » Souvent elle n'était tranquille que lorsque tout le monde, sans exception, était près de son lit. Elle demandait alors avec empressement et impatience un objet quelconque ; à peine le lui avait on donné qu'il s'attachait à ses doigts. Il arrivait fréquemment que dix, douze personnes et plus étaient présentes et que chacune d'elles lui remettait plusieurs objets. Pendant la séance elle ne souffrait pas qu'on lui en reprit aucun... A la fin elle rendait à chacun ce qu'on lui avait confié ; elle examinait les objets, les yeux fermés, et jamais ne se trompait de propriétaire (l). La séance terminée et les étran-

(1) La plupart des sujets magnétiques présentent des phénomènes analogues. Quand on leur fait prendre, à l'état de veille, un objet que l'on a fortement pressé dans sa main, comme pour l'imprégner de fluide, elles ne peuvent plus, pendant quelques

LES PKMMËS ÉLECTRIQUE^ 447

tant des propriétés analogues mais à un bien moindre degré.

Les doigts de M*"® N., dit-il (1), attirent les corps légers tels que fragments de papiers, rubans, etc. Ses cheveux, non seulement donnent des étincelles au contact du peigne, mais sont des plus rebelles à cause de la tendance qu'ils ont à se redresser et à s'écarter les uns des autres ; quand son linge est approché de sa peau, sur quelque partie du corps que ce soit, il se produit une crépitation lumineuse et les vêtements adhèrent fortement au corps. Cette adhérence est si intense qu'elle entrave les mouvements. Lorsqu'on prie M™® N. dv frotter une douzaine de fois avec ses deux mains une étoffe de laine ou simplement une serviette étendue sur un meuble de bois (corps isolant très imparfait), l'étoffe chargée d'électricité adhère fortement au meuble, et on peut on tirer des étincelles d'un centimètre de longueur.

Cette apparente production anormale d'électricité varie : Mme p^ produit des décharges plus intenses à la suite d'émotions morales vives ; elle a remarqué que la crépitation s'exagérait par exemple lorsqu'elle venait d'entendre un morceau de musique qui l'avait vivement émue ; le crépitement se manifestait alors sur tout le corps, mais particulièpCment aux jambes et provoquait une sensation de picotement des plus désagréables. Les temps secs favorisent ces phénomènes électriques qui sont surtout intenses au moment des gelées ; les temps humides ou brumeux produisent un effet contraire. M"® N. est prévenue, quelquefois plusieurs jours d'avance, d'un changement de temps par les modifications de sa tension électrique qui est nulle par les temps de pluie et de vent du Sud.

La tension extrême coïncide avec un état d'excitabilité très nettement appréciée par la malade qui est fort intelligente

(i) Le Progrès médical, 1884.

et se rend compte de tous les détails de sa situation. Lors qu'au contraire, sous l'influence de l'humidité de TatmoS'* phère, la tension diminue, il y a sensation de lassitude générale ; d'ailleurs, lorsque M™* N. s'est déchargé par le frottement une partie du corps, elle éprouve comme un épuisement de cette partie, une fatigue pénible. Il convient de remarquer que M™« N. a la peau extrêmement sèche, tellement que ses jambes gercent au moindre froid.

Nous avons pua diverses reprises nous assurer à Taidë de l'électromètre h boule de sureau que M"»** N. est chargée d'électricité positive.

Il est à remarquer que les propriétés anormales que nous venons de constater se manifestent presque toujours chez des jeunes filles au moment où leur organisme se prépare à la crise de la menstruation. On a, du reste, bien souvent observé que beaucoup de femmes, lorsque leurs règles se produisent, brisent, en travaillant, leurs aiguilles, tout à coup, involontairement, sans aucun choc, sans aucune force apparente, malgré leur volonté bien arrêtée de ne pas casser ces aiguilles.

L'âge de la ménopause paraît amener quelquefois des manifestations électriques d'une esi)èce différente.

Une (lame de mes amies, âgée de 53 ans, éprouva, pour la première fois, il y a deux ans, le phénomène suivant. En se réveillant et en voulant se découvrir ])our se lever, elle s'aperçut avec étonnement que ses draps de lit présentaient une adhérence extraordinaire ; elle fit effort pour les séparer et aussitôt elle se vit baignée comme dans une nappe de feu qui Teffraya beaucoup. Quelques mois après le même phénomène se représenta dans le paquebot sur lequel elle voyageait

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pour se rendre en Algérie. Elle a Thabitude de recouvrir son Ut, après s'être levée ; sa femme de chambre lui a raconté que, plusieurs fois, elle avait remarqué Tadhérence des draps quand elle voulait faire le lit.

Un fait à peu près semblable est cité dans un vieil ouvrage (Act. phi/s. med. gerin,^ vol. III, obs. 3).

« Une dame de Milan dormant tranquillement pendant la nuit, sentit tout d'un coup une douleur au poignet qui la réveilla : ouvrant les yeux, elle aperçut une flamme sur son lit et sur son corps ; les cris qu'elle fit <'î veillèrent son mari, qui vit aussi cette flamme, laquelle, par sa lueur, faisait distinguer tout ce qui était dans la «îhambre. Dans le trouble où il était, il porta la main vers cette flamme qui recula et qui s'approcha suivant les mouvements de sa main. Il répéta ces mouvements pendant six ou sept minutes au bout desquelles le feu disparut. »

Voici encore quelques faits relatifs à l'électricité animale qu'on peut ajouter à ceux que j*ai cités en tête de ce chapitre.

En Amérique, cett<3 terre classique des médiums, l'état électrique de l'air est tel qu'il suffit souvent de frotter ses pieds un peu longtemps sur le tapis de l'appartement pour pouvoir tirer d'un bec de gaz, en en approchant le doigt, une étincelle suffisante pouienflammer le gaz (1).

Le Journal économique, de juillet 1753, parle d'une servante qui « pendant tout le temps des derniers froids, voyait sortir de ses jupons quantités d'étincelles comme

(1) GuiLLEMiN. — Le magnétisme et Vélectricité^ p. 555.

SBCO?iDK PARTIE

it (les charbons allumés et qui, outre , voir une traînée de lumière semblable mme qui s'étendait. »

olon, dans son Electricité animale, v^ation d'un prêtre de Florence qui sentit

électrique spontanée et se vit aussitôt > flamme qui brûla ses habits et laissa L peau. € Ses parents et ses domestiques, phénomènes accoururent pour Téleindre ;

diminuant progressivement, il mourut jours. »

lans les Mémoires de VAcadétnie des ris (année 1777, p. 538) une note de t d'un seigneur russe qu'il avait reiiconet qui, pendant plusieurs annés, « a eu ique, semblable à celle de la torpille. »

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