‹ L'extériorisation de la motricité (volume 2)Chapitre 57 sur 61 · CHAPITRE LX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LX

LES MAISONS HANTEES

Tout le monde a entendu parler de ces maisons où, toutà-coup, se produisent des mouvements spontanés d'objets, des bruits sans cause apparente^ et toutes sortes de manifestations désagréables pour les habitants, en particulier pour celui qui en est vraisemblablement la cause par ses facultés médianimiques.

Généralement la police s'en uièle, fait uiie enquête qui n'aboutit pas ; mais comme les phénomènes cessent au boni ^Irî quelque temps, le public suppose que tout le monde n été dupe d'un habile mystificateur et n'y pense plus.

Que la mystification puisse souvent jouer un rôle important dans cet ordre de faits, je n'en doute pas et j'en connais des exemples; mais le plus souvent les phénomènes sont réels et se présentent sous la forme d'une véritable épidémie.

C'est ce qui arriva en Amérique vers 1850 et provoqua une ciuneuse pétition l'evetue de plus de quatorze mille signatures parmi lesquelles figuraient plusieui*s noms les plus respectés du pays, notamment celui du sénateur Tallmadge, ex-gouverneur du Visconsin, qui la rédigea. Cette pétition, qui demandait au Congrès des Etats-Unis <lo faire étudier par des gens compétents les faits extraordinaires dont 1rs

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signataires avaient été les témoins, n'eût natureilemenk au^ cime snite.

Les cas de ce genre sont tellement nombreux qu'à eux seuls, ils formeraient la matière d'un volume. Ceux qui A oudraient étudier'plus à foiid la question iK)urront consulter entre autres ouvrages V Histoire du merveilleuse, par Louis Figuier^ T Animisme et spiritis7ne par Aksakof (^t les Annales der J^iences Psychiques où desobserva,tions trè^ précises ont été rapportées par le 1)' Darlex en 189a.

Je me bornerai ici à donner le résultat d'une enquête faite tout récemment à Limoges et encore inédite.

Le cas de la Constantinie.

Lettre de M. Maxwell substitut du procureur ffénéral.

Mon cher colonel.

Vous m'avez fait l'honneur de me demander des renseignements sur les phénomènes étranges dont une habitation rurale, située dans la commune d'Objat (Gorrèze) a été le théâtre. Je m'empresse de vous donner les résultats de l'enquête à laquelle j'ai procédé.

La Constantinie est une propriété assez imiiortantc. La maison d'habitatiou, bàtîc sur le flanc d'un coteau, se compose de constructions en équerre. La partie de la maison où se trouvent percées les portes d'entrée est eu

lîez-de^-diaiisgée, élevée de quelques marches au-dessus du sol. Elle (X)ntient une grande cuisine E, comprenant lôUte la largeur du bâtiment : à droite de la cuisine sont un salon F et une chambre à coucher G.

A gauche de la cuisine se trouve Faile de la maison ; elle est en retour d'équerre, comprend un rez-de-chaussée et un grenier mansarde ; le rez-de-chaussée de cette j^drtie de la maison est plus élevé que le sol de la cuî sine €ft des deux autres pièces.

11 y a quatre pièces dans cette aile ; une grande chambre D h deux lits, éclairée par deux fenêtres percées sur la façade : un<» antichambre ou corridor C» une deuxième chambre Bplus petite, dite chambre de M*"" Faure ; enfin une chambre A éclairée par quatre fenêtres : cette chambre donne sur la cour qu'entourent les servitudes ; elle contient deux lits.

Le personnel de la Constantinie comprenait, outre un cei*tain nombre, de domestiques de culture, M"" Faure, sa belle-mère Agée de 85 ans, et une petite servante de 17 ans, Marie Pascarel.

M"* Faure est une femme bien élevée, de bonne compagnie. Elle est intelligente, énergique et dirige l'exploitation. Sa famille est des plus honorables.

Sa belle-mère est âgée, et paraît avoir conservé toutes ses facultés : elle est physiquement très alourdie par rage.

La jeune Marie Pascarel est intelligente, hardie, paraît assez libre, quoiqu'aucun reproche ne puisse lui être îidréssé au point de vue de la [)robité. Physiquement ♦>4le est plutôt petite, maigre, d'apparence délicate : elle était impubère encore au moulent où les faits que je résume se sont produits. Elle a une sœur qui est sonu

rîambnie. Sa famille passe pour xm peu extiuvogmie^

Les domestiques assez nombreux de la ConstautâniB prennent leur repas dans la cuisine où se trouve une table, en bois massif, large d'environ un mètre, longue de trois. La cuisine comprend en outre un ioumeau. liûe immense cheminée dont le manteau abrite un petit liane à gauche et deux chaises à droite ; des placards et «les étagères.

Je joins à ma lettn», un plan détaillé de la maison.

Les phénomènes ont débuté dans la 2* quinzaine de mai 1895 par des coups qui paraissaient frappés dans^ te. muraille séparant la salle à manger de la chambre à coucher de M""*" Faure la belle mère ; (ces pièces sont marquées F et G au plan ci -joint). Le 21 mai, vers neuf heures du matin, M"*" V*' Faure dit à sa belle-fille que son lit paraissait frapper la cloison, mais M""** Y'' Faure jeune n'attacha pas grande importaiice à ce fait, qu'elle attribua à une erreur. Le lendemain, à la même heure, le bruit ïfe reproduisit au même endroit, M"" Faure jeune l'entendit très distinctement. Le 23 mai on ne remarqua fién de particulier. Le vendredi matin 24, le bruit recommença avec plus de force dans la même chambre G : ce bruit était celui qu'eût produit le lit frappant la cloison.

Une heure après, M"* Faure pénétra dans cette chambre et trouva jetés pêle-mêle sur le plancher l'édredon, les couvertures, les draps et l'oreiller. D'autres désordres se manifestèrent dans la maison. Trois toimeaux vides étaient déplacés dans la cave. Dans la chambre^ iharquée B sur le plan, le lit était défait ; la garniture en était dispersée sur le plancher ; une statuette de la Vîei^e, un bol de café rempli jusqu'au bord avaient été

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trmisportés de la commode sur laquelle ils étaient placés juscpi'au milieu de la pièce ; à côté de ces objets, gismi (paiement à terre un Christ décroché de la muraille.

Ces laits parurent inexplicables à M"" Faure et Teffrayèrent beaucoup. Elle fit coucher avec elle sa bellemère pendant la nuit du vendredi au samedi, dans la chambre A du plan. Marie Pascarel y couchait aussi. La nuit lut, comme d'habitude, tranquille et calme;

Le samedi matin trois grands coups furent frappés à la porte du grenier (l'escalier y donnant accès est fermé par une porte ouvrant sur le vestibule C). Les dames Faure et leur domestique se rendirent aussitôt dans la chambre B ; le lit y fut trouvé défait et les couvertures de nouveau sur le plancher, le bol de café était brisé. En quittant cette chambre elles allèrent à la cuisine mais elles étaient à peine arrivées qu'elles entendirent « un vacarme épouvantable » dans la chambre B. Elles y «Moururent et trouvèrent brisés sur le plancher trois sucriers, une douzaine de tasses, des cadres de photographies ou de gravures. La frayeur de ces trois femmes fut très grande, car au moment où tous ces dégâts furent faits dans cette chambre les domestiques de culture étaient aux champs : il n'y avait dans la maison que les deux dames Faure et leur domestique et elles étaient toutes trois ensemble. Elles eurent la conviction que des faits surnaturels se produisaient chez elles : les visites de leurs voisins parvinrent à les rassurer un peu, mais bientôt les manifestations eurent lieu en présence des voisins qui furent eux-mêmes effrayée

Amélie Bayle, épouse Madrias, 30 ans, femme intelligente et raisonnable, alla dès 7 heures 1/2 du matin chez les dames Faure pour voir les dégâts faits. En

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