Saillies formées sur le banc par le prolonge
ment des piedB : c'est eniro elles qu'a glissé
le souffle, V. Salon.
(i. Chambre de la plus à^ée des dames Faure. 1. Lit.
LES MAISONS HAKTÉES 459
Enfin nne foule d'objets sont brisés ce jour là ; notamment une marmite en fonte. Une assiette est arra-* chée aux mains de la domestique. Vers trois heures de Taprès-midi les désordres cessèrent.
Du dimanche 26 au mercredi 29 inclusivement il ne se produisit aucun phénomène ; le jeudi 30 les désordres recommencèrent avec une intensité croissante. Des marmites accrochées aux crémaillères dans la cheminée • de la cuisine furent jetées sur le sol avec violence. Vers six heures du soir M"*" V" Faure, la plus âgée, vit son lit remuer tout seul dans sa chambre. La chaise sur laquelle elle était assise fut retirée : elle se leva aussitôt et vit la chaise se renverser. Marie Pascarel était avec elle dans la chambre. Vers 7 ou 8 heures du soir, au moment du souper, des morceaux de bois qui se trouvaient dans la cuisine vinrent tomber tout sçuls sur les dames Faure. Un livre fut jeté à la figure de la plus âgée de ces dames, à laquelle le domestique Bosche donnait la main. Un copeau de bois vint frapper ce dernier pendant qu*il soupait.
La frayeur de tout le monde fut telle que les dames Faure et leur domestique Marie Pascarel allèrent coucher chez des voisins. ^
Le vendredi 31 mai, on alla chercher le maire d'Objat, M. Delmas, syndic des huissiers de Tarrondissement de Brive, officier ministériel d'une très grande» honorabilité. M. Delmas voulut se rendre compte de ce qui se passait et essayer de découvrir la cause des faits qui lui étaient signalés : il hésitait à croire que des objets matériels pussent être projetés et remués sans contact ap]3arent. Il entra dans la cuisine et plaça quelques assiettes sur la table où se trouvait déjà un petit
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balai de foyer. M. Delmas s'assit devant la cheminée, ayant M"*'' Faure à sa gauche. La jeune domestiqur vaquait aux soins du ménage. Sous les yeux de M. Delmas hî balai fut lancé dans la cheminée avec une grande» violence. La servante était assez éloignée de la table où se trouvait le balai.
Peu de temps après, la jeune fille reçut Tordre de prendre de la graisse dans un placani situé à droite fij' la clieminée de la cuisine [E 4]. A peine avait-eUe ouvert le placard qu'un verre à pied, placé sur une {h)i^ étagères du placard, vint se briser avec fracas au milieu de la cuisine. M. Delmas est convaincu que Marie Pascarel n'a pu lancer le verre elle-même, car il surveillai! ses mouvements.
Les idées de T honorable maire d'Objat se trouvèrenl alors complètement modifiées : il était arrivé avec la conviction que les faits qui lui avaient été signalés étaient dus à la malveillance ; il constatait cependanl que les mouvements d'objets qui se produisaient sous ses yeux étaient spontanés. Sa surprise devint bientôt du malaise lorsque il vit un soufflet de cuisine, placé sur un banc dans le foyer de la cheminée [E 2] glisser, sui* ce banc, éviter les saillies que faisaient au-dessus du siège le prolongement des pieds et se jeter sous ses yeux au milieu de la cuisine avec un fracas épouvantable.
Il fit immédiatement évacuer la maison : au momeni où elle sortait avec le maire et les dames Faure, la jeune Marie Pascarel reçut dans le dos un bâton de 0'",40 centimètres de longueur, lancé avec force.
A peine était-il rentré à Objat que M. Delmas élail rappelé. Le feu venait d'éclater à la Gonstantinie. La jeune Marie Pascarel avait en effet constaté qu'une
♦'ijaisse fumée sortait de la chambre où couchait M"»'Fanre. On i>énétra dans cette pièce et Ton s'aperçut qu'une fumée noire s'échappait du lit de M"" Faure jeune. Il n'y avait ni flammes, ni brasier (sic). M"*^ Faure a même employé dans son récit celte expression singu lière : « le feu rentrait <lans le lit ». Un phénomène de c^ genre avait été déjà constaté ; Marie Pascarel et la plus âgée des dames Faure avaient quelquefois remarqué une fumée épaisse qui paraissait sortir des jupons de la vieille dame.
Le surlendemain Marie Pascarel quittait, sans donuer avis, le service des dames Faure: celles-ci rentrèrent chez elles et depuis lors le calme de leur maison n'a plus été troublé.
Ces faits m'ont été signalés par M. de N., fonctionnaire de la Banque de France à Limoges, dont la famille possède des propriétés h Objat. Je priai aussitôt l'un de mes amis M. B., juge de paix de D., ami du maire d'Objat, de me renseigner sur ces événements dont la presse s'était emparée ; La maison hantée cTOhjat constituant, pour un fait divers, un titre de premier choix. Les indications que me donna >L B. me parurent assez sérieuses pour motiver un déplacement. J'allai à Objat avec ce magistrat et donnai rendez-vous à Marie Pascarel et à son frère et tuteur. Accompagné 4e M. le maire d'Objat, je me rendis avec eux chez M"" Faure qui fit «l'abord quelques difficultés pour recevoir chez elle son ancienne domestique. Je lui expliquai alors que le but de mes recherches était purement scientifique ; que les phénomènes qu'elle avait constatés occupaient certains savants avec lesquels j'avais Hionneur d'être en relation et que la précision et le nombre des témoignages qui
confirmaient les constatations laites rendaient désirabiLe qu'un récit détaillé des événements singuliei's dont su maison avait été le théâtre fut soumis à Texamen de <;es savants.
Avec beaucoup de bonne grâce M"*' Faure consentit alors à me laisser recueillir sur place tous les renseignements et à faire toutes les expériences utiles. Je parcourus la maison, me fis tout raconter en détail, et dressai un plan sommaire des appartements. Mes constatations ont été résumées plus haut.
J'ai dû ne signaler que les principaux faits, car pendant plusieurs jours des mouvements d'objets sans contact apparent se produisaient à la Constantinie à chaque instant Le chat de la maison fut môme lancé un jour sur la plus âgée des dames Faure ; celle-ci, dans une autre circonstance, fut légèrement blessée à la tôte par l'un des crochets en fer de la crémaillère.
L'étrangeté des phénomènes dont les habitants <ie la Constantinie et leurs voisins ont fait le récit peut-elle suffire à les faire rejeter? Il n'est pas douteux que les personnes qui contestent à priori la possibilité de ces mouvements spontanés d'objets inatériels ne sauraient être convaincues. On petit se demander cependant s'il est prudent de nier ainsi par principe toute chose inexplicable. Une telle négation n'est ])as, il me semble, conforme au véritable esprit scieniififiue. Nous connaissons bien mal les forces naturelles que nous avons appris à utiliser. Peut-on affirmer qu'il n'en existe pas
LES MAISONS MAuNTKES 4*ivl
d'autres encore inconnues ? J'inclinerais à penser que l'affirmation contraire est plus certaine, et que l'avenir nous révélera bien des ciioses. La nature est infini*' et nous la connaissons à peine.
A ce point de vue Tétude des phénomènes de la Coustantinie présente un intérêt considérable. Il m'a par m utile de vous les décrire : il me paraît non moins utile d'en discuter la réalité. Cette discussion peut se réduire à l'examen de deux hypothèses : y a-t-il eu fraude 1 y a-t-il eu des erreurs d'observation chez les témoins ?
Cette seconde hypothèse est inadmis^le.
Les constatations matérielles sont irréfutables. Dt^ objets mobiliers en grand nombre ont été brisés sous les yeux des témoins. Le bruit de la chute de ces objets, l'existence des débris, ramassés à l'endroit même où les objets avaient paru se briser, apportent aux tc'»moignages une confirmation objective irréfutable. Ces circonstances ne permettent pas davantage de supposer que les témoins ont été hallucinés.
Reste l'hypothèse d'une fraude. Elle se présente naturellement à l'esprit ; elle peut expliquer certains des phénomènes constatés, mais il me semble qu'il faul l'assortir de bien d'autres hypotiièses accessoires improbables pour lui faire expliquer tous les faits ci-dessus résumés.
Si une fraude a été commise, à qui peut ou l'attribuer? Trois personnes seulement peuvent être soupçonnées. Les dames Faure et leur domestique Marie .PascareL En effet, la plupart des phénomènes ont (îu „ lieu en présence de ces trois personnes. On a constaté les mouvements d'objets sans contact dans un grand .nombre de cas où les autres habitants de la Conslau-
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LES MAISONS HAXTÉES 405
Elle est toujours à la Constantiuie lorsqu'il se produit un phénomène inexplicable ;
Son caractère laisse à désirer ; elle n'est pas toujours i^olie avec M"''' Faure ; elle est intelligente et hardie et se mêle volontiers de ce qui ne la regarde pas ; cependant sa probité n'est pas suspecte.
(C'est elle qui annonce Fincendie.
Si ces faits ont la fraude pour cause on peut conclure que c'est elle qui a imaginé tous ces événements et qui a réussi adroitement h tromper les témoins ; cependant les circonstances qui tendent à faire écarter la fraude sont plus nombreuses et plus sérieuses que celles qui portent à la supposer. En effet :
1** Absence de mobile intelligible. Marie Pascarel était dans une bonne place: étant données les habitudes de la campagne en Limousin, c^lle ne pouvait pas facilement trouver à se placer ailleurs à ((^tte époque de Tannée. Elle n'avait donc aucun intérêt à s'exposer à un renvoi ou à quitter volontairement ses maîtres. Il faut remarquer qu'à son âge, dans sa situation, elle ne peut avoir d'autre profession que celle de servante. Son métier esçt de se « gager. »
Ces considérations rendent Thypothèse d'une fraude inspirée par la malveillance bien improbable. Je reconnais cependant <[u'elle n'est pas impossible. Mais il faut alors admettre une singulière hardiesse chez Marie Pascarel. Cetb^ jeune fille aurait adroitement brisé la vaisselle de ses maîtresses et tout bouleversé pour leur nuire et les effrayer. Rien cependant ne révèle ces mauvais sentiments chez elle, et il aurait fallu que ces sentiments fussent bien puissants pour que Marie Pascarel s'exposât à tous les dangers d'une découverte ;
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d'un autre côté, rincendie devient inexplicable par ce mobile. Si elle a voulu nuire, pourquoi donner Talanne *? Enfin, il faut encore supposer une té&érité bien grande chez cette jeune fille, pour croire qu'elle aurait mis le feu au lit de M"* Faure à un moment ou Fattention de tout le monde était excitée, et ou sa participation directe ou indirecte aux phénomènes commençait à être soupçonnée. . !
Ajoutez à cette considération que les phénomènes^ n'ont lieu qu'en plein jour. Une personne animée d'ialentions malveillantes, ou simplement mystificatrices, aurait, il me semble, plutôt choisi la nuit pour agir. Elle aurait trouvé plus de sécurité d'abord, et aurait ensuite plus sûrement effrayé ses victimes, car la nuit et les ténèbres prédisposent à la peur et à la crédulité. Au contraire, Marie Pascarel, si elle a frauduleusement agi, a eu soin de choisir le grand jour et la présence de nombreux témoins pour réaUser ses projets de mystification.
Est-ce cependant le désir de mystifier qui Fa dirigée ? A-t-elle voulu faire croire qu'elle avait une puissance surnaturelle? Je ne le pense pas.
Dans le premier cas ses mystifications avaient pour résultat immédiat d'augmenter sensiblement son travail, mr elle était obligée de ramener les débris et de les jeter ; elle devait refaire les lits défaits et réparer le désordre des apppartements. Elle s'exposait à être découverte et chassée dans des conditions qui auraient entaché ..sa réputation et rendu difficile son engagement chez xi'autres maîtres.
Dans le second cas, elle se faisait passer pour sorcière. 11 suffit de connaître l'opinion des paysans limousins
sur ks sorcières pour compreadre combien cette réputation est peu ilésirable pour une jeune fille. La malheu* reuse Marie Pascarel n'y a pas d'ailleurs échappé, et j'ai pu me rendre compte de la répulsion tout à ieût imméritée qu'elle inspirait.
2** Nécessité d'une adresse peu commune.
Cette circonstance est indispensable pour rendre la fraude admissible ; car pendant plusieurs jours, h chaque instant, des mouvements d'objets sans contact apparent se produisaient devant de nombreux témoins. Une fraude grossière eut été iminédi£d;ement découverte, alors surtout que certains témoins avaient leur attention éveiUée (*t soupçonnaient de la malveillance, le maire par exemple.
Le témoignage de ce magistrat^ celui des dames Faure, de M'^^'Madrias et du domestique Bosche sont probants.
Le maire a placé des objets sur la table : auprès d'eux est un balai de foyer. Ce balai est lancé avec force dans la cheminée. Marie Pascarel a-t-elle pu le lancer diemême alors qu'elle était surveillée? A-t-elle pu lancer le verre qui était sur une étagère du placard qu'elle ouvre, alors (|ue le maire surveille tous ses mouvements ? Comment a-t-elle i)u lancer le soufflet qui quitte un des bancs de la cheminée pour s'abattre au milieu de la tîuisine. Pour ce dernier fait le maire est placé entre elle et le soufflet, dont elle est éloignée de plusieurs mètres. A-t-elle pu le tirer avec une ficelle ? On aurait vu cette ficelle. Comment suj^Kxser que cette jeune fille ait pu disposer tous ces fils sans que personne s'en aperçut 1 Ne faut-il pas, pour cela, supposer une véritable compUcité de la part de tous les gens honorables qui ont raconté leurs impressions. Il est bien
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invraisemblable (|u'une jeune paysanne de seize ans accomplisse ainsi en plein jour, dans une cuisine que fréquente un nombreux personnel, en présence de plusieui's personnes, des tours de prestidigitation qu'un professionnel habile ne saurait recommencer trois fois sans faire décou^Tir son procédé.
L'examen des circonstances dans lesquelles se sont produits les phénomènes rapportés par M*"' Madrias, confirme cette manière de voir.
Au repas du soir pris en commun dans la cuisine le 30 mai, une série de phénomènes extraordinaires se sont produits. Marie Pascarel tenait à la main une assiette de soupe : au moment où elle se disposait à manger, cette assiette lui fut brusquement arrachée des mains et lancée au milieu de la cuisine. Tout ce qui se trouvait sur la lourde table autour de laquelle les dames Faure et leurs domestiques étaient réunis fut renversé. Un panier plein de copeaux de bois, placé dans Tangle de la cheminée, est bouleversé : les morceaux de bois voltigent dans rappartement, tombent sur les dames Faui*e et sur leurs domestiques , blessant légèrement à la tète le sieur Bosche. Y a-t-il un « truc » possible pour celaf
Sans entrer dans de plus grands détails, il faut reconnaître que les témoins ont bien vu ce qu'ils racontent, que l'hypothèse d'une fraude est inadmissible, et que si le témoignage humain mérite quelque créance, il faut considérer comme certains les phénomènes constatés h la Gonstantinie. Les déclarations de témoins aussi nombreux, aussi sincères, aussi honorables,' pour la plupart, n'hésiteraient i)as à entraîner, en matière capitale, la conviction du jury et des magistrats d'une Cour d'assises.
LES MAISONS HAKTÉES 469
Ou est donc amené à conclure à la réalité de ces phénomènes înexplicubles, ou à déclarer qu'étant a priœy impossibles, il a dû y avoir une fraude dont les témoins n ont pas pu s'apercevoir. Je crois avoir donné des raisons qui rendent cette fraude bien improbable.
Si le ca{< <le la ( lonstantinie était isolé, je serais le premier à le considérer comme indigne d'arrêter l'attention. Mais, des faits du même genre ont été quelquefois signalés. Aucun d'eux ne m'a paru présenter cependant des phénomènes aussi variés et aussi complexes que le cas de la Constantinie.
Vos lecteurs feront eux-mêmes la distinction entre les faits assortis de témoignages sérieux comme celui du maire, de M™° Madrias, des dames Faure, et ceux qui se sont produits hors la présence des témoins et n'ont été constatés qu'après coup comme les taches de sang et l'incendie. Je ne veux dans cette seconde partie de mes observations m'occu^Kir que de la comparaison générale des faits de la Constantinie avec les faits du même genre dont l'observation a été notée.
Les phénomènes constatés dans cette propriété ont été les suivants :
1** Coups fra{)[)és ; . 2° Désordre des lits et du mobilier ;
3" Déplacement d'objets mobiliers ;
4" Mouvements d'objets mobiliers sans contact apparent ;
5" Bris de ces objets ;
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(jf* Taches (ie sang;
7* Incendie.
le ne oomiais pas assez Yàea la Ettératore spécial è ees sujets ponr faire un historique oou^ikt des cas analogues à celui de la Coastantime aatérieuremâit eoustatés. J'indiquerai cependant les observations suivantes.
Une première remarque est à faire. C'est qu'aucun des caractères classiques de la maison hantée ne se trouve à, la Constantinie. Par une exception assez rare je crois, les manifestations ne se produisent que dans la journée. Los nmt« ont toujours été patMbles.
En second lieu aucun bruit de pas, de serrure, de porte s'ouvrant ou se fermant, aucune plainte, aucun son lïe voix humaine n'est entendu. Il n'y a que des manifestations purement physiques. On retrouve cependant ces caractères dans le cas observé en 1880 par le professeur Boutlerow, membre de l'Académie des Sciences do Saint-Pétersbourg (1).
1** Coups frappés. — On entend dans la diambre de M"" Faure, la plus âgée, un bruit semblable à celui que fesait le lit en frappant la cloison. Des coups sont frappés aux volets. Des coups retentissants sont frappés à la porto du grenier.
Ce phénomène est le plus fréquemment observé.
I^s recueils spéciaux abondent en anecdotes de ce genre. (Voy. notamment, dans les Psychische Studien do 1889, les Notes au sujet du cas de Resau.
2" Désordre du lit et du mobilier. — C est un phénomène déjà plus rare : M. d'AssiER, dans ^Gaffiimani té posthume en cite plusieurs cas récents, qui lui ont
(i) Psychische Studien, 1881, p. 1.
été racontés par des personnes dignes de foi. Voyez notamipent le cas de la Bastide de Sérou. (Chap. I, p. 30) : ce cas se rattache cependant phts spécialement aux maisons hantées. Voyez anssi te rédt des phénomène:* <»mstatés au cfaâtean de T. (Annales des sciences psy- <^iques, 1892 et 1893.)
^ Déplacement d'objets mobiliers. — Ce phénomène a été quelquefois rapporté. On en trouve un exeni- "çke cité par le D"^ Dariex, Annales des sciences psychi^ qués, 1893, p. 32 et 1892, p. 192.
Des phénomènes du même genre auraient été également constatés au château de T.'{Annaies des sciences psychiques, 1892 et 1893).
4^ Mouvements d'objets sans contact apparent. — Je distingue ce cas du précédent en ce sens que le déplacement des objets mobiliers a lieu scwis les yeux des témoins.
Des faits de ce genre ont été constatés encoreau château <te T. (Annales des sciences psychiques, 1892 et 1893). On trouvera dans les Proceedings de la Société des Recherches psychiques de Londres (vol. Vil, p. 384J, le n*eit de mouvements de copeaux de bois qui se sont produit^ dans Tatelier d'un menuisier sous les yeux des ouvrier^i. Les copeaux et des débris de bois marchaient tout seuls.. 5* Bris d'objets mobiliers. — On a quelques exem^ pies de ces faits. ,Voyez notamment les phénomènes du château de T. déjà indiqués.
6* Taches de sang. — Ce phénomène n'a pas été fréquemment signalé. D'Assier (Humanilé posthume, ch. P") raconte qu'il aurait été constaté vers 1830 à la Bastide de Sérou. Voir encore : Comte de Larmandie, Eoraka, p. 137 ; BoDisco, Traits de Lumière, p. 40.
472 SECO^tDK PARTIE
7* Incendie spontané. — O phénomène est également rare. J'ai vu dans les Psychische Studicn une observation de ce genre faite en Hollande dans ces dernières années : malgré mes recherches il ne m'a pas été jK)8sible de retrouver Farlicle où ces incendies étaient mentionnés. M. Aksakof {Animisme et spiriUsmey^.l^S), cite d'après le Modem spiritualism de M. Gapron, le cas d'une combustion sponlmiée d'écrits, qui s'est jkoduite en 1850 à Stratfort (Etals-Unis). Un eas tout à fait semblable a eu lieu dans le tinnir, fermé à clef, (hi direct tenr des études d'un des grands établissements d'instruction de Paris (1).
(l) On a vu dans le chapUre précétlent quelques cas de pradiiction spontanée de flammes ou de lumières. M Aksakof {Animisme et Spiritisme) en rapporte plusieurs autres avec des détails fort intéressants. Je me borne à y renvoyer le lecteur en lui signalant spécialement le cas de la ferme du district d'Ouralsk ou les manifestations, avec coups frappés, déplacements d'objets etc., durèrent près de tî mois en 1870 et 1871, et où Ton vit à plusieurs reprises apparaître des globes lumineux (p. 301, 301\ 310; et se produire des commencements d*incendie (p. 309, 310).
Un autre incendie éclata à la suite de manifestations analogues, le 25 juiUet 1853, dans le village de Lipzy, près de Karkov, et donna lieu a une enquAle administrative et judiciaire dont les documents authentiques sont en la possession de M. Aksakov.
Je n'ai pas besoin d'insisler sur l'intérêt que présente la connaissance de ses faits au point de vue des recherches de la justice.
LES, MJdSOiVS HANTÉES 473
Les phénoinciios constatés à Objat, no sont donc pas uniques en leur ^enre ; on trouve de nombreux exemples lie faits semblables.
( Quelle conclusion en tirer ?
U ne m'apparlient évidemment pas de formuler une oi>ànion sur des faits qui existent peut-être mais qui peuvent avoir été nud observés, soit à cause de l'effroi des témoins, soit à cause de leur inexpérience. Cependant les coïKlitions d'observation à Objat oïd été bonnes. Et Ton peut, il me seudde, déduire des observations faites les circonstances suivantes.
l** Liaison entre les phénomènes et la jeune fille.
2" Les objets se dirigent fréquemment dans sa direction, mais pas toujours cependant.
3" Leur mouvement est extrêmement rapide. « Electricfue » disent les observateurs.
V' Le bruit qu'ils font en tombant est en général hors de proportion avec leur masse. C'est même un phénomène, qui a inq)ressionné M. le maire d'Objat.
D'un autre coté, aucune inteUigence n'a paru diriger ces mouvements. Us ont eu un caractère d'espièglerie plutôt que de méchanceté, sauf Fincendie, mais ils n'ont paru avoir aucun but, aucun objet en vue (Voy. à ce sujet dans le Sphynx, un article de Kikse^netter, intitulé Der SpukimMunche^ihof).
On pourrait enfin supposer qu'il y a quelque» lien entre les mouvements de la jeune fille et les phénomènes ; quand elle dort tout s'apaise [)our recommencer à son réveil.
i74 SECO!^DE PARTIE
J*ajouterai, en terminant, que je me suis rendu à la Constantinie avec Marie Pascarel. Je me suis fait indiquer avec soin les endroits où s'étaient produites les différentes manifestations. Pour ne laisser aucun moyen d'investigation de côté, j'ai essayé de tenir une séance dans la chambre où les phénomènes les plus saillants ont été constatés. (Pièce A : taches de sang, incendie). J'étais avec M. le maire d'Objat, M. le juge de paix de D., Marie Pascarel et une autre personne. Nous n'avons rien ou de certain : de légers craquements ont été entendus, et de petits coups frappés dans la table. Cette table était un vieux guéridon à trois pieds, haut de O^SO environ : le plateau circulaire avait environ 0"*^ 4le diamètre. Les bruits entendus sont parfaitement explicables par la pression des doigts sur les bois disjoints du meuble dont j'ai indiqué l'état de vétusté.
Nous avons dû interrompre nos expériences parce que le frère de Marie Pascarel a voulu se joindre à nous et a bientôt tout troublé. Reprises dans la chambre D, les expériences n'ont i)as eu plus de succès.
Avec l'autorisation du frère et tuteur de Marie Pascarel, j'ai essayé d'endormir cette jeune fille. J'ai dû cesser mes expériences au bout d'un cjuart d'heure. M. Pascarel était venu se mettre derrière moi et détournait l'attention de sa S(i5ur. Ni l'un ni l'autre n'ont consenti à me laisser employer la méthode de Braid. J'avais dû me borner au procédé de la fixation des regards et du contact des mains. Marie Pascal el m'a i)aru facilement hypnolisablo et j'aurais, je crois, réussi dès laiJremière fois si j'avais pu fixer son attention et obtenir le concours de sa volonté : mais elle se prêtait de mam^se grâce aux expériences.