CONCLUSION
Ainsi donc, tous les phénomènes merveilleux que nous avons observés dans l'obscurité complète ou presque complète (chaises attirées fortement avec la personne assise, attouchements de mains, lumières, empreintes de doigts, etc.), nous les avons obtenus aussi sans perdre de vue le médium, môme pour un instant. En cela, la séance du 6 octobre fut pour nous la constatation évidente et absolue delà justesse de nos observations antérieures dans l'obscurité ; ce fut la preuve incontestable que,pour expliquer les phénomènes produits en complète obscurité, il n'est pas absolument nécessaire de supposer une supercherie du médium, ni une illusion de notre part ; ce fut pour nous la preuve que ces phénomènes peuvent résulter d'une cause identique à celle qui les produit quand le médium est visible, avec une lumière suffisante pour contrôler la position et les mouvements.
En publiant ce court et incomplet compte rendu de nos expériences, nous avons aussi le devoir de dire que nos convictions sont les suivantes :
1" Que, dans les circonstances données, aucun des phénomènes obtenus à la lumière plus ou moins intense n'aurait pu être produit à l'aide d'un artifice quelconque ;
2" Que la même opinion peut être affirmée en grande partie pour les phénomènes en obscurité complète.
EXP. DK MILAN. 1892. 77
Pour un certain nombre de ceux-ci, nous pouvons bien reconnaître, à l'ej'trrine rigueur, la i)ossibilité de les imiter au moyen de quelque adroit artifice du médium ; toutefois, d'après ce que nous avons dit, il est évident que cette bypothèse serait, non seulement improbable, mais encore imilile dans le cas actuel, puisque, même ne l'admettant, l'ensemble des faits nettement prouvés ne s'en trouverait nullement atteint.
Nous reconnaissons d'ailleurs que, au point de vue de la science exacte, nos expériences laissent encore à désirer ; elles ont été entreprises sans que nous puissions savoir ce dont nous avions besoin, et les divers appareils que nous avons employés ont dû être préparés et improvisés par les soins de MM. Finzi, Gerosa et Ermacora.
Toutefois, ce que nous avons vu et constaté suffit à nos yeux pour prouver que ces phénomènes sont bien dignes de l'attention des savants.
Nous considérons comme notre devoir d'exprimer publiquement notre estime et notre reconnaissance pour M. D. Ercole Cliiaïa, qui a poursuivi pendant de longues années avec tant de zèle et de patience, en dépit des clameurs et des dénigrements, le développement de la faculté médianimique de ce sujet remarquable, en appelant sur lui l'attention des hommes d'étude, -- et n'ayant en vue qu'un seul but : le triomphe d'une vérité impopulaire.
Alexandre Aksakof, directeur du journal les htndes psychiques, à Leipzig; conseiller d'Etat de S. M. l'Empereur de Russie.
GiovAKM ScHiAPARELLi, directeur de l'Obscrvatoire astronomiquedc Milan.
Carl Du Prel, docteur en philosophie de Munich. Angelo Brofferio, professeur de philosophie. Giuseppe Gerosa, professeur de physique à l'Ecole royale supérieure d'agriculture de Portici. G.-B. Ermacora, docteur en physique.
A une partie de nos séances ont assisté quelques autres personnes, parmi lesquelles nous mentionnerons MM. :
Charles Richet, professeur à la Faculté de médecine de Paris, directeur de la Revue scientifique (5 séances).
Césare Lombroso, professeur à la Faculté de médecine de Turin (2 séances).