LES EXPERIENCES DE NAPLES EN AVRIL
Ces expériences furent faites par le docteur Paolo Yisani-Scozzi, médecin spécialiste pour les maladies nerveuses à Florence. Il s'en servit comme base de son étude publiée sous le titre, La Médianita, étude fort intéressante qui remplit 300 pages in-lG.
Il y eut 4 séances auxquelles assistèrent d'une façon permanente le docteur Visani, la comtesse Hélène Mainardi et son mari le capitaine Georges Mainardi. — A la première séance, il y avait en outre le chevalier Chiaïa ; à la deuxième,M. RafaëleDardis, M. et M""' Singer ; enfin, à la dernière. M""" Visani et un avocat qui n'a laissé publier que l'initiale de son nom, parce qu'il occupait une haute position officielle.
Les trois premières eurent lieu chez M. Rafaële Dardis dans une grande chambre carrée de 6 mètres de côt('', sans rideaux ni meubles autres que ceux qui devaient servir aux manifestations. La quatrième eut lieu chez l'avocat dont il a été question.
Les précautions ordinaires ayant été prises avec le
plus grand soin pour éviter toute fraude, voici les phénomènes principaux qu'on observa.
1° En pleine lumière : mouvement d'objets sans contact et surtout craquements ; mouvement, lévitation et suspension d'une grande table en bois de sapin ; raps dans l'intérieur, au milieu de la même table, parfois extrêmement forts et répondant avec un, deux, ou plusieurs coups, suivantun alphabet convenu, aux demandes des assistants. Ces coups, étaient parfois rythmés selon des rythmes divers et compliqués, et frappés en même temps, sur la table et sur des chaises très éloignées de la table.
Il y eut encore un exemple frappant d'écriture directe : La lettre E paraissant écrite sur une feuille de papier sur lequel le docteur tenait la main (1).
2° Dayis Vobscurité non complète, c'est-à-dire avec une lumière suffisante pour reconnaître le contour des personnes, il y eut :
Des attouchements de mains invisibles solides et bien formées — mains froides nerveuses, énergiques et robustes qui frappaient les épaules des personnes présentes et leurs serraient amicalement la main. Le D' voulut quelques fois retenir dans la sienne une de ces mains, mais elle s'évanouissait avec autant de rapidité qu'elle s'était formée.
Des coups parfois très forts dans la table : des mouvements de la table qui allait d'un côté à l'autre de la pièce ; et des mouvements de chaises, qui s'éloignaient et retournaient seules à leur place.
Des baisers retentissant distinctement dans la chambre.
(1) On a déjà vu qu'Eusapia était complètement illettrée.
Exr. DE .naim.es.
Tous CCS phénomènes étaient souvent simultanés.
Une fois pendant que le D' sentait une main qui le prenait au menton, le capitaine Mainardi reçut des coups énergiques dans le dos et la comtesse ressentit de douces caresses sur la figure.
La simultanéité de ces actions en divers points paraissait spécialement voulue par l'agent invisible.
Une autre constatation curieuse est l'indépendance de l'agent ou des agents occultes et le contraste de leur volonté, avec celle du médium.
Il y eut aussi, toujours en obscurité non complète : Le tintement d'une clochette agitée par une personne invisible qui semblait tourner derrière les assistants avec une vitesse incroyable ;
Une ombre formée près du médium comme sortant de lui et s'élevant au point de prendre des proportions colossales. — Le médium, pendant ce phénomène se trouvait en transe profonde et complètement immobile.
3" En obscurité complète. Mouvements de table, de chaises, d'objets divers, que l'on retrouvait parfois renversés quand on refaisait la lumière.
Formation de mains qui touchaient les assistants.
Formation de tètes invisibles qui donnaient des baisers, frottaient avec leur barbe (une barbe soyeuse) le visage des assistants.
Formation d'une nuée globulaire émettant une lumière blanchâtre (comme un globe de brouillard) qui passa devant les yeux des assistants, avec une insistance qui démontrait l'intention de se faire nettement distinguer.
Formation d'un fantôme présentant, d'une façon assez grossière la forme d'un homme très grand ; cette forme
était nettement visible par la lumière rougeàtre qu'elle émettait et elle avait toutes les apparences de la vie.
La tête tenta de parler, mais elle n'émit que des sons indistincts comme s'ils sortaient d'un organe humain imparfait.
Coups et raps tellement forts qu'ils auraient sans doute fracturé le poignet d'un homme qui se serait avisé de les produire. De pareils coups auraient seulement pii être produits par le choc d'un puissant marteau en fer ; mais, dans ce cas, la table en aurait été complètement brisée.
Une trompette, un tambour de basque et une sonnette furent en même temps soulevés en l'air et se firent entendre en même temps. Le son s'éleva et parut s'éloigner en prenant l'allure d'une marche joyeuse. La marche commença alors pour tous les meubles. La table s'achemina vers l'entrée frappant de ses pieds le rythme des instruments qui jouaient, pendant que le médium endormi était traîné avec sa chaise même dans le sens que la table.
Dans l'obscurité, l'on obtint encore des lueurs verdâtres, des petits serpents de lumière sillonnant l'air en tout sens.
Un des caractères les plus extraordinaires des phénomènes obtenus dans l'obscurité, consiste dans la précision et la délicatesse de leur exécution ; l'auteur démontre que les explications que l'on en donne par la nyclalopie et Véméralopie, n'expliquent rien.
Le plus important des phénomènes obtenus dans ces séances, fut une empreinte sur un gâteau de terre glaise apportée et préparée par le capitaine Mainardi. Cette
empreinte fut obtonuo dans les niollleures conditions de contrôle et. (jnand le plâtre cpi'on y coula fut solidifié, on Inniva en bas-relief de |)rofil droit d'un visage humain bien distinct dans quelques parties, avec les proé- •ninences des orbites et des zigonies bien marquées ; avec la branche mandibulaire assez distincte et le pavillon de roreille bien dessiné ainsi que la moitié inférieure de la pyramide nasale.
Cette empreinte, formée en grande partie i)ar les os et les cartilages, reproduisait pourtant aussi l'action d'une certaine plasticité des tissus mous. La joue était
creusée comme chez les personnes extrêmement maigres.
Quelqu'un a cru distinguer aussi une esquisse de la convexité du globe oculaire.
Sur toute la surface, on voyait imprimée la trame d'un tissu comme celle d'une toile assez fine. Il en résultait des plis, surtout dans la partie creuse du bas-relief où l'inconsistance du corps qui s'était imprimé dans la glaise n'avait pu déterminer une pression suffisante.
On voit en outre bien distinctement dans le plâtre, audessus de la tète, le relief d'une main fermée en poignée poussée obliquement dans la glaise.
La figure de la page 199 donne le schéma du profil, qu'il n'est généralement pas facile de reconnaître à première ;vue.
Les noms qu'on lit sur le plâtre furent écrits par les assistants avant qu'il fut solidifié (1).
Pendant une de ces séances, le capitaine Mainardi pria mentalement l'entité qui se fait appeler John King, de lui ôter la bague qu'il porte au petit doigt et de la passer au doigt de sa femme. Aussitôt une main paraissant descendre du hautluiôta la bague d'un mouvement bien sûr. La comtesse en même temps sentit une main rapide et énergique prendre sa droite et en tirer un doigt... mais à ce moment la sonnette de l'appartement retentit... et la bague tomba par terre.
(1) Pour répondre aux doutes qui surgissaient dans son esprit, l'auteur voulut demander conseil à des personnes qui lui donnaient les meilleures garanties de compétence et de capacité. Un jeune et éminent artiste, M. George Kiewerk, peintre et sculpteur à Florence, fit inutilement, dans son atelier, une série d'expériences pour reproduire dans la glaise ces empreintes.
EXP. DR iNAPLBS. 1895.
Pendant d'autres séances plusieurs objets tels que des sous que le médium tenait dans sa poche, une boucle d'oreille qu'elle avait à son oreille, furent emportés parfois très loin et retournés après de longues réclamations du propriétaire, mais avec une intention qui semblait intelligente. Par exemple, une broche que M'"*^ Mainardi avait portée avec elle pour en faire cadeau à la Paladino, fut retrouvée au cou de la personne à laquelle elle était destinée.
InteUigente aussi, la force que réussissait à défaire en pleine obscurité, les nœuds parfois très compliqués avec
lesquels on assurait la ficelle qui liait le médium, toutes les fois que l'entité le désirait.
Après avoir scrupuleusement établi la réalité des phénomènes l'auteur a crû devoir en conclure l'existence d'individualités intellectuelles extérieures à l'homme et invisibles, qui ont la faculté de provoquer, par suggestion mentale, chez certains sujets prédisposés, des actions tout à fait analogues à celles que provoquent des opérateurs humains. Mais les agents occultes, bien plus i^uissants que ces opérateurs parce qu'ils sont en contact plus intime avec leurs sujets, arrivent à provoquer des radiations fluidique? capables de produire des effets mécaniques en dehors de leur enveloppe charnelle, et môme à former avec ces radiations des appendices temporaires qui ont l'apparence de corps complets et indépendants.
{Analyse par M. Charles Bonazza.]