II. — Expériences d'Auteuil
A. — Remarques générales j^ar le /)"" Dariex.
Eusapia a fait récemment en France un nouveau séjour, afin que ceux qui avaient déjà expérimenté avec elle, l'an dernier, pussent pousser plus loin l'étude des phénomènes qu'elle produit et se faire à leur égard une opinion mieux fondée.
Elle est arrivée à Paris le 16 septembre, après s'être arrêtée deux jours sur les bords du lac de Corne, chez nos amis Gh. Blecli, auxquels elle a donné une séance très intéressante. Son séjour en France a duré un mois et s'est divisé en deux périodes de quinze jours, passées la première à Paris, la seconde à Ghoisy-Yvrac, près de Bordeaux.
A Paris, elle est descendue à Auteuil, chez notre collaborateur et ami Marcel Mangin, dans une maison avec jardin, isolée de toute part, qui est sa propriété et qu'il habite lui-même avec un personnel sûr.
Nos séances avaient lieu au second étage, dans une grande pièce non meublée, formant une aile de la maison, accessible par une seule porte et pourvue de deux fenêtres se faisant vis-à-vis. Cette pièce, sans placard et sans autres meubles que ceux nécessaires pour les expériences, ne pouvait permettre à personne de s'y introduire subrepticement. D'une part, en effet, nous étions au second étage, avec, fenêtres et persiennes fermées ; d'autre part la porte unique située au bout de
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la pièce, opposé à celui où nous expérimentions, restait toujours fermée et ne pouvait s'ouvrir sans être entendue et vue, car, ou bien la lumière était allumée et éclairait suffisamment la pièce, ou bien elle était éteinte, et alors une clarté révélatrice serait venue lie la rue dès qu'on aurait ouvert cette porte qui donne sur un très large balcon formant galerie de passage, et se trouve peu éloignée de l'un des becs de gaz de la rue. D'ailleurs, les persiennes des deux fenêtres laissaient toujours filtrer assez de lumière pour qu'il fût possible de distinguer encore la silhouette des personnes présentes et de s'apercevoir aisément de la présence de tout intrus qui se serait aventuré parmi nous.
Enfin nous étions chez un ami intime et sûr et entre personnes se connaissant, sûres les unes des autres et n'ayant toutes pas d'autre préoccupation que la recherche impartiale de la vérité, quelle que puisse leur paraître cette vérité.
Personne n'accompagnait Eusapia, et pendant toute la séance nul autre que les expérimentateurs et le médium n'était admis dans la salle.
Le groupe des expérimentateurs se composait des personnes suivantes :
M"^ Boisseaux, très au courant des recherches psychi-
ques et apportant dans ces recherches beaucoup de sangfroid et de logique.
M. le docteur Xavier Dariex, chef de clinique ophtalmologique à l'hospice national des Quinze- Vingts, directeur des Annales des Sciences psycltiques.
M. Emile Desbeaux, rédacteur à Vllliistratioîi, auteur d'un important traité de physique.
M. AnthgniNy Guerronnan, rédacteur au Paris-P/iotographe.
M. Marcel Mangin, rédacteur aux Annales des Sciences psychiques.
M. Sully-Prudhomme, de l'Académie française.
En raison de l'époque de l'année, qui était encore la période des villégiatures, tous les expérimentateurs n'ont pas pu assister à toutes les séances. Sous ce rapport nous n'étions pas aussi bien organisés que l'année dernière à l'Agnélas oîu habitant tous sous le môme toit, nous vivions côte à côte et d'une commune vie, ayant pour principal objectif les expériences en vue desquelles nous nous étions réunis.
Les comptes rendus qu'on lira sur les expériences de Paris proviennent de notes prises immédiatement après les expériences ou dès le lendemain matin. Personnellement, je me bornerai à décrire les phénomènes pour lesquels je jouais un rôle important dans le contrôle, et qui m'ont paru réalisés dans des conditions satisfaisantes.
Avec le compte rendu de M. Desbeaux, celui de M. Mangin et le mien, l'on possédera un ensemble assez complet et très exact. Peut-être eùt-il mieux valu prendre les notes séance tenante et en extraire un compte rendu unique et collectif ; mais l'irrégularité des
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expérimentateurs aux séances a rendu la chose pratiquement irréalisable ; d'autre part le compte rendu paitioulier a l'avantage de mieux mettre en relief ropinion et l'impulsion du narrateur qui se trouve ainsi mieux à même d'insister sur les faits qui lui ont paru les plus dignes d'être remarqués.
M"'<= Boisseaux et M. Sully Prudhomme ont jugé inutile de tomber dans les redites en ajoutant un compte rendu personnel à ceux dont je viens de parler, mais ils n'en restent pas moins convaincus qu'Us ont incontestablement été témoins de phénomènes psychiques authentiques.
Je n'ai, pour ma part, relaté que les faits qui m'ont paru véridiques, et j'ai insisté tout particulièrement sur les conditions de contrOJe satisfaisantes et capables de leur donner un caractère d'authenticité ; mais il ne faudrait pas en conclure que je n'ai pas d'autre souci que celui de défendre une thèse favorable à la réalité des phénomènes. Ce qui me préoccupe avant tout, c'est de savoir si les phénomènes en cause sont vrais ou faux et si, oui on non, nous pouvons les accepter comme réels. Or, pour qu'ils soient vrais, il n'est pas nécessaire qu'ils le soient toujours et qu'ils restent à jamais exempts de tout mélange de truquage ; il suffit de pouvoir être quelquefois certain de leur authenticité.
Actuellement je suis, de par mon expérimentation, obligé d'admettre un mélange de vrai et de faux. Le faux ne mérite pas d'être rapporté avec détails : il est parfaitement inutile de décrire de nouveau et longuement tel phénomène truqué et la manière suivant laquelle il a été truqué.
Non seulement je fais abstraction de tous les phéno-
mènes simulés ou suspects, me bornant à dire qu'à toutes les séances, un certain nombre de ceux qui se produisaient n'étaient pas exempts de suspicion ; mais je repousse encore ceux qu'il est possible d'attribuer aux membres inférieurs, toutes les fois que les pieds ne sont pas tenus à pleine main par les expérimentateurs, car nous n'admettons comme contrôle efficace des pieds que celui qui est exercé avec les mains, comme nous le pratiquions souvent en 189."), aux expériences de l'Agnélas. Dans cet ordre de recherches, nous ne pouvons admettre que les phénomènes offrant toute garantie de contrôle et, sans aller Jusqu'à penser qu'il y a tricherie toutes les fois que le contrôle n'est pas irréprochable, nous sommes autorisés à dire qu'il y a maldonne et que cela ne compte pas. Or nous disons maldonne toutes les fois qn'Eusapia se borne à poser ses pieds sur les pieds de ses contrôleurs de droite et de gauche, parce que nous savons qu'un pied peut se substituer à l'autre, que le même pied peut parfois s'appuyer en même temps sur le pied des deux voisins du médium et donner à chacun d'eux l'impression de contact et par conséquent de contrôle du pied dont ils sont chargés, alors qu'en réalité ce contrôle est illusoire.
Assurément ces tours de passe-passe ne résistent pas à l'attention et à l'analyse du contrôle que l'on exerce ; mais à quoi bon nous embarrasser de ces petits côtés de la question i Ce que nous voulons savoir, ce qu'il importe de savoir au point de vue scientifique, c'est si, oui ou non, Eusapia est douée de faculté de déplacer des objets sans contact, sans action matérielle directe, et par conséquent si les mouvements à distance, sous l'influence d'une force qu'il restera à préciser, sont bien une
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réalité. Ce que nous voulons encore savoir, — et ceci est bien plus extraordinaire, — c'est si les mains dont on éprouve si souvent le contact et que l'on voit quelquefois, sont aussi une réalité ou rien qu'une supercherie. Tels étaient nos préoccupations, notre objectif.
Nous n'avons pas la prétention de considérer nos expériences comme devant entraîner la conviction de ceux qui n'ont pas vu eux-mêmes, et nous ne cherchons d'ailleurs pas à convaincre ; nous nous bornons à exposer, avec toute la sincérité et l'impartialité qui convient à une contribution scientifique, ce que nous avons vu et ce que nous pensons. Xous apportons des faits et laissons à chacun le soin de les apprécier et de méditer à son gré sur ces problèmes dont l'étude s'impose et qui reposent déjà sur des faits trop souvent et trop exactement constatés pour qu'il soit encore possible de ne les considérer que comme des chimères.
Quant à l'in'pothèse d'hallucination, nous la repoussons catégoriquemenl, car il n'est pas admissible que, dequis plus de douze ans, tous ceux qui, soit isolément soit en groupe, ont expérimenté avec Eusapia, aient tous eu les mêmes hallucinations, aient tous vu de la même manière. Ils sont peut-être plus de deux cents, ceux qui ont expérimenté avec Eusapia, — rien qu'en France j'en compterais plus de trente, — et parmi eux figurent des savants de premier ordre ayant une réputation universelle. D'ailleurs la photographie a quelquefois contrôlé et confirmé matériellement la réalité des faits observés ; elle a par conséquent prouvé que l'hallucination était huis de cause.
J'ai dit, plus haut, qu'il y avait dans les phénomènes
produits par Eusapia un mélange de vrai et de faux : elle semble avoir besoin de s'entraîner et surtout de se reposer par des intermèdes, tout au moins suspects, avec lesquels elle occupe les expérimentateurs. Elle me fait un peu l'effet d'un musicien s'entraînant préalablement par des exercices qui précèdent le concert et qui viennent souvent s'intercaler entre les vrais morceaux de musique. On pourrait dire qu'Eusapia a aussi ses gammes et ses exercices, mais comme elle ne prévient pas toujours et que ses exercices sont fort analogues à ses vrais morceaux, il en résulte qu'il faut être attentif et un peu habitué à son jeu pour pouvoir distinguer le vrai du faux. Cela est regrettable et gênant pour l'expérimentation rendue ainsi plus difficile et plus délicate ; mais ce n'est affaire que d'éducation et d'attention. Ne faut-il pas en toute chose faire son apprentissage 1 Les expériences avec Eusapia et, d'une manière plus générale, les expériences psychiques ne font pas exception à la règle, cela tombe sous le sens commun. Et pourtant que de gens qui n'ont aucune notion ni aucune pratique des recherches psychiques se permettent de trancher ces questions et d'émettre une opinion formelle !
B. — Compte rendu de M. Emile Desbeaur.
V séance, i(> septembre 1896. - Présents: D"" Dariex, Sully-Prudhomme, Marcel Mangin, M""* Boisseaux, Guerronnan, et moi. (Sardou, qui devait être des nôtres, s'est fait excuser pour cause de travail).
Très bonne séance d'ouverture. Contrôleurs : Sully Prudhomme et Mangin. Lourde chaise d'architecte apportée
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plusieurs fois sur la table. Tal)le soulevée, lîoîte à musique jouaut à distance et transportée sur la table. Sully-1'ru- (Ibomuie semble en butte aux espiègleries du médium : c'est contre lui que la lourde chaise se presse, c'est sa tète qu'elle franchit ; il re(.'oit des chocs, qui ne sont pas des caresses, et une formidable claque, au milieu du dos, entendue de nous tous. Il est inquiet, très inquiet, et son in- (juiétude m'amuse. « Mais ce sont des êtres hostiles ! » s'écrie-t-il à plusieurs reprises. Nous partons à 11 heures et demie, convaincus de la sincérité du médium et de la réalité des phénomènes obtenus. Sully-Prudhomme et Mangin ont contrôlé avec soin.
Impossible d'assister à la 2" séance.
3° séance, hindi 21 septembre. — Pluie battante, pendant toute la séance. Présents : Sully-Prudhomme, Mangin, Guerronnan et moi. Le D"" Dariex est malade.
Je suis l'un des contrôleurs et je prends place à la droite d'Eusapia. M. Mangin contrôle à sa gauche. Guerronnan a préparé ses appareils au magnésium.
Eusapia me fait mettre ma main gauche sur ses deux genoux pour me prouver qu'elle ne se servira pas de ses jambes : elle met son pied droit sur mon pied gauche ; elle pose sa main droite sur ma main gauche, que, souvent, elle serre avec force. Quelques mouvements de la table se produisent. Nous désirons une lévitation complète et assez longue pour qu'on puisse en prendre une photographie.
On est en demi-lumière et on distingue fort nettement les mains d'Eusapia ; ma main gauche contient toujours ses deux genoux petits et maigres. Sully-Prudhomme, Mangin et moi, nous sommes en ce moment fort bien placés pour voir ; Guerronnan est à ses appareils. Eu-
sapia demande qu'on fasse la chaîne, et voici que la table se soulève des quatre pieds. Guerronnan a le temps d'en prendre une photographie, mais il craint quelle ne soit pas bonne. Nous prions Eusapia de recommencer. Elle y consent de bonne grâce. De nouveau la table est soulevée des quatre pieds. Mangin en avertit Guerronnan qui, de son poste, n'avait pas vu, et ta table reste ainsi, en l'air, jusqu'à ce que Guerronnan ait eu le temps d'en prendre l'image (de 3 à 4 secondes au maximum il)).La lumière éclatante du magnésium nous a permis à tous les trois, Sully-Prudhomme, Mangin et moi, de constater la réalité du phénomène.
... Le rideau, établi dans l'angle de la pièce, vient subitement me couvrir la tête, puis je sens successivement trois pressions d'une main sur ma tète, pressions déplus en plus fortes, je sens les doigts qui appuient comme pourraient faire ceux de Sully-Prudhomme, mon voisin de droite, dont je tiens la main gauche en faisant la chaîne.
C'est une main, ce sont des doigts qui viennent de me presser ainsi, mais de qui '^ J'ai toujours eu la main droite d'Eusapia sur main gauche,,qu'elle a saisie et serrée au moment de la production du phénomène. Son pied droit est sur mon pied gauche. Mangin contrôle soigneusement de son côté. Nous faisions alors la chaîne je n'avais donc plus le contrôle des genoux.
... Je rejette le rideau resté sur ma tète, et nous attendons. aMeno hice», demande Eusapia. On baisse en-
(1) La figure inférieure de la planche IX montre avec quelle lenteui- la table est retombée sur ses pieds puisqu'elle a iuipressionné la plaque dans ses positions successives.
l'i . IX. V. 34>
AUTEUIL, I(Sq6
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LEVITATION DE TABLE
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corc la lampe et ou ou cache la lumière derrière un paravent.
En face de moi est une fenêtre aux persicnnes closes, mais d'où filtre la clarté de la rue.
Dans le sileuce, mon attention est surprise par l'apparilion d'une main, une petite main de femme, que je vois grâce à la faible clarté venant de la fenêtre. Ce n'est pas l'ombre d'une main c'est une main en chair (je n'ajoute pas « et en os», car j'ai l'impression qu'elle n'en a pas) ; cette main se ferme et se rouvre trois fois, et cela dans un temps suffisamment long pour me permettre de dire : « A qui est cette main ? à vous, monsieur Mangin "? — Non. — Alors, c'est une matérialisation ? — Sans doute, si vous tenez la main droite du médium, je tiens l'autre. »
J'avais alors la main droite d'Eusapia sur ma main gauche, et ses doigts entrelaçaient les miens.
Or, la main que j'ai vue était une jnain droite, étendue, présentée de profil. Elle est restée un instant immobile, dans l'espace à 60 ou 70 centimètres au-dessus de la table et à 90 centimètres environ d'Eusapia. Comme son immobilité (je suppose) ne me la faisait pas remarquer, elle s'est fermée et rouverte ; ce sont ces mouvements qui ont attiré mes regards.
Ma position favorable par rapport à la fenêtre n'a malheureusement permis qu'à moi seul de voir cette main mystérieuse, mais M. Mangin a vu, à deux reprises, non pas une main, mais l'ombre d'une main se profiler sur la fenêtre opposée.
Puis, toujours contrôlant (Mangin et moi) les mains du médium, nous sommes touchés simultanément, et cela àsept ou huit reprises, etla pression dure assez longtemps
pour que nous puissions le constater ensemble. Mangin était touché à la tète ou sur l'épaule, moi dans le dos du côté du médium, avec la sensation de la pression lente d'une main ouverte.
Cette siniulta7iéité semble devoir écarter toute idée de fraude. Il serait nécessaire, en effet, pour supposer la fraude, que nous eussions, Mangin et moi, perdu tous les deux et pendant un temps relativement long, le contrôle de l'une et de l'autre main, ce qui n'est guère admissible. On peut prétendre qu'Eu sapia s'est servie de ses pieds, les genoux n'étant pas contrôlés. Alors il faut qu'elle soit extraordinairement désarticulée pour que Mangin et moi, placés comme nous Tétions, presque serrés contre elle, nous n'ayons perçu aucune des contorsions qu'elle eût dû s'imposer.
... Le rideau me couvre de nouveau la tête, et la pesée d'une main sur ma nuque m'oblige doucement à m'incliner vers la table. Je me dégage du rideau (la lampe s'est éteinte), je sens sur l'occiput de légères tapes caressantes, et on me tire gentiment, on me caresse l'oreille gauche. Le contrôle est bon.
... La lampe est rallumée, on est (en demi-lumière. Eusapia tourne quelques instants la tête dans la direction du rideau derrière lequel se trouve un lourd fauteuil de cuir, et le lourd fauteuil vient, écartant le rideau, s'appuyer contre moi.
Eusapia me prend la main gauche, l'élève au-dessus de la table de toute la longueur de son bras droit et fait le simulacre de frapper trois fois : trois coups retentissent sur la table.
Une sonnette est mise devant Eusapia. Celle-ci étend ses deux mains à droite et à gauche de la sonnette, à
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une distance de 8 à 10 centimètres, puis elle ramène ses mains vers son corps, et voici la sonnette entraînée, glissant sur la table jusqu'à ce qu'elle butte et se renverse. Eusapia recommence l'expérience plusieurs fois. On croirait que ses mains ont des prolongements invisibles, et cela me semble justifier le nom de « force ecténique », que donna à cette énergie inconnue le professeur ïhiry. de Genève, en 1855.
Je me demande si, entre ses doigts, elle ne tient pas quelque fil invisible quand, soudain, une démangeaison irrésistible lui fait porter la main gauche à son nez ; la main droite est restée sur la table auprès de la sonnette, les deux mains sont éloignées en cet instant de GO centimètres environ. J'observe avec soin. Eusapia repose sa main gauche sur la table à quelques centimètres de la sonnette, et celle-ci est, de nouveau, mise en mouvement. Etant donné le geste d'Eusapia, il lui aurait fallu, pour exécuter ce tour, un merveilleux fil élastique, absolument invisible, car avec la lumiè-re suffisante, nos six yeux étaient pour ainsi dire, sur la sonnette ; les miens en étaient distants de 30 centimètres au plus.
C'est un phénomène sûr, indéniable^ et je ramène chez lui Sully-Prudhomme, parfaitement convaincu comme moi.
4" séance. — Impossible d'y assister.
5'' séance, 26 septembre 1896. — Présents : D'' Dariex, Mangin, Guerronnan et de Rochas (qui assiste extraordinairement à la séance).
Le D"^ Dariex est aujourd'hui le contrôleur de gauche. Je contrôle à la droite d'Eusapia, M. Mangin est à ma droite, M. de Rochas à la gauche de M. Dariex ; Guer-
ronnan, après avoir préparé ses appareils, vient s'asseoir entre MM. Mangin et de Rochas.
Nous sommes en demi-lmnière. La séance débute par des mouvements et une lévitation de la table. Puis, Eu sapia demande « Meno luce » , et bientôt le rideau vient me couvrir la tête et le bras gauche. Je suis touché, Dariex aussi. Je dégage ma tête et, simultanément, nous sommes touchés, Dariex et moi, de coups successifs assez nombreux pour que nous puissions compter ensemble, à haute voix : 1, 2, 3, 4, 0, 7, 8, 9, 10. C'est au côté gauche que je suis touché, M. Dariex l'est à l'épaule (gauche, je crois) ; puis, sur nous deux, les coups légers se multiplient simultanément et se succèdent avec une telle rapidité que nous renonçons à les compter.
« Moins de lumière encore », a demandé le médium. La lampe est placée derrière une tapisserie et baissée au dernier degré. Nous sommes alors dans l'obscurité à peu près complète, mais une certaine clarté ^ient des fenêtres de la rue.
Derrière Eusapia, dans l'ouverture du rideau un ^:)Oîn/ lumineux apparaît (deux autres points lumineux s'étaient montrés pendant que j'avais la tète sous le rideau). C'est un rond de la grandeur d'une pièce d'un franc, le centre est rouge, les bords sont auréolés de bleu. J'ai bien vu. Puis nous distinguons des formes imprécises, toutes de 25 à 30 centimètres, bleuaJreft, que nous supposons être des mains qui n'ont pu se former.
Mais voici une main, bien formée et juste au-dessusde la tête d'Eusapia ; elle est ouverte, la paume étant du côté de la tête. Cette main est blanchâtre. Gomment pouvons-nous la voir ainsi, si elle n'est pas douée d'une certaine luminosité'? M. Guerronuan fait cette remarque :
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«On dirait une main gantée de blanc. » Oui, un gant blanc empli d'air, c'est un peu cela, mais pas exactement. Le contrôle est bon.
Encore d'autres mains ; puis, le rideau se gonfle de mon côté de façon que Dariex, seul, puisse voir à l'intérieur, et, tout à coup, il dit: «Uli! qu'est-cela !.. qu'est cela ?... Je vois une forme blanche, une forme indécise... » Et comme il répète : « Qu'est cela*? >i Eusapia lui répond eîi français, d'un ton triste : « C'est ta femme ». Puis il sent sur sa main les caresses d'une main mignonne. Le contrôle est bon.
A plusieurs reprises j'ai demandé à pouvoir toucher une de ces mains mystérieuses (et mon intention secrète, depuis longtemps arrêtée, est d'essayer de retenir cette main dans la mienne). M. Mangin se décide à faire part de mou désir au médium.
Eusapia prend ma main gauche (qui contrôlait sa main droite), elle l'élève de la hauteur de son bras, l'approche de l'ouverture du rideau et l'abandonne. Immédiatement, brusquement, une main sort de dessous le rideau, à gauche, serre fortement mes doigts, et s'enfuit du côté d'où elle est venue.
Cette main était une main gauche (Dariex contrôlait la main gauche du médium) ; le pouce était en bas, du côté du sol, il était très nettement visible ; les quatre doigts ne se distinguaient pas les uns des autres, et le reste de la main était caché (si ce reste était formé) par le rideau. Cette sorte de pince s'est élancée de derrière le rideau avec la promptitude d'un oiseau fondant sur une proie, donnant un coup de Ijec et disparaissant.
Elle est arrivée entrouverte, s'est fermée sur mes
doigts, s'est rouverte et s'est enfuie, comme si elle devinait mon intention de m'en emparer.
Je n'ai pas eu la sensation de la pression d'une main corporelle. Ce n'était ni chaud ni froid (par suite, ce devait être à la température de ma main). Cela était blajic comme le moule de plâtre d'une main que le sculpteur n'aurait qu'ébauchée ; le pouce était mal modelé ; il n'avait pas d'ongle.
La blancheur de cette main dynamique devait être donnée par une luminosité propre puisque ma main, dans celte obscurité, restait invisible.
Quelques instants après, sur l'observation de MM. de Rochas et Guerronnan qui pensaient qu'en entr'ouvrant davantage le rideau on verrait mieux ce qui pourrait se passer là, je retirai ma main gauche de la table, oîi elle touchait celle d'Eusapia et je la portai au rideau ; ma main était alors à 60 centimètres du sol environ.
Au moment même oii je touchai le bord du rideau de gauche du bout de mes doigts, ces doigts furent viole^nwienZropoussés. Oui, les extrémités de mes quatre doigts furent repoussées par les extrémités û!aulres doigts (j'ai eu cette sensation), et avec une telle vigueur que je ressentais encore la pression sur le bout de mon index gauche deux ou trois minutes après. Il faut remarquer que je n'ai pas vu ces doigts (en exécutant la manœuvre qu'on me demandait, je ne regardais pas), et que j'avais forcément perdu le contrôle delà main droite d'Eusapia Quel intérêt aurait-elle eu à accomplir elle-même cet acte ? Elle pouvait se faire prendre en fraude aisément et bien inutilement.
Ensuite, toujours en obscurité, nous distinguons audessus de la table des mains, ou mieux des ombres de
EXPKRiENCKs d'auteuil. 189G. 349
mains ; elles n'ont pas l'éclat blanc ; puis, nous sommes touchés. Je reçois, pour ma part, sur la nuque cinq petites claques amicales, que tout le monde entend. Le contrôle est bon
Qu'est-ce que cela 1.. Un buste noir, i[\x\ s'avance sur la table, venant d^i la direction d'Eusapia ; puis un autre, puis un autre, puis un autre : « On dirait, remarque M. Mangin, des ombres chinoises », avec cette différence que, moi, très favorablement placé à cause de la clarté de la fenêtre, je peux constater les dimensions de ces singulières images, et surtout leur épaisseur. Tous ces bustes noirs sont des bustes de femmes, de grandeur nature, mais, quoique imprécis, ne ressemblant pas à Eusapia. Le dernier, mieux formé, est celui d'une femme paraissant jeune et jolie. Ils glissent entre nous, ces bustes qui semblent émaner du médium, et, parvenus au milieu ou au deux tiers de la table, il s'inclinent tout d'utie pièce, et s'évanouissent. Cette rigidité me fait penser à des ombres de buste, qui se seraient échappées de l'atelier d'un sculpteur, et je murmure : « On croirait voir des bustes moulés en carton ». Eusapia a entendu. « rson ! pas carton (sic) ! » dit-elle d'une voix indignée. Elle ne donne pas d'autre explication, mais elle ajoute, cette fois en italien : « Pour montrer que ce n'est pas le corps du médium, vous allez voir un homme avec de la barbe; attention! » Je ne vois rien, mais^LDariex se sent le visage caressé assez longuement par une barbe.
Deux, trois coups violents résonnent sur le milieu de la table. La boîte à musique voltige, en jouant au-dessus de nos tètes.
Eusapia se met debout en demandant qu'on n'interrompe
pas la chaîne, la calène, comme elle dit. Nous espérons assister à la lévitation du médium, mais c'est la lévitation de la table qui nous est donnée. Elle se lève si haut et si brusquement que je suis forcé de lâcher la main d'Eusapia (ou est-ce elle-même qui s'est dégagée ?) Je recherche cette main aussitôt, je la retrouve et je la sens qui appuie fortement sur VeTtrémité de Vanrjle de la table. La table était alors, d'après la position de mes bras, à l'",60 du sol, et elle y est restée quelques secondes.
Ce n'est pas le geste que j'ai surpris, qui a pu élever et soutenir la table (surtout si, comme je l'espère, le D'' Dariex n'a pas perdu, lui, le contrôle de la main gauche) ; mais il est certain que, par ce geste, Eusapia venait en aide, inconsciemment ou sciemment, à ses mains dynamiques.
Plusieurs faits remarqués au cours de ces séances appuieraient l'hypothèse de la formation et de l'utilisation de ces mains. Aussi, au début de la soirée, avant que le rideau de gauche ait recouvert ma tête, Eusapia non seulement regardait ce rideau, mais encore faisait avec son épaule droite les mêmes mouvements qu'elle eût faits si son bras droit et sa main droite avaient attiré le rideau. Cela me frappa tellement que je tins et serrai avec force sa main droite, — et le rideau vint tout de même sur ma tête.
Il y a dans ces expérience des faits extrêmement probants, et d'autres qui, à la réflexion, laissent un doute. Eusapia a truquerait » volontiers, comme tous les médiums.
Tous debout, après que la table vient de se retourner en l'air et de se reposer sur le parquet, nous faisons la
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chaîne. Je tiejis bien la main droite (VEusapia. M. Dariex lient la gauche, et nous sommes touchés ; on défait le dernier houton de mon gilet ; en môme temps, une main caresse ma main gauche que tient M. Mangin et M. Mangin perçoit cette caresse : voilà donc qui me paraît sûr. Mais l'.usapia rompt la chaîne et dit de regarder. Elle souffle et à la faveur de la clarté venant de la fenêtre, nous apercevons, chaque fois qu'elle souffle la silhouette d'une main qui se forme et s'évanouit : cela est moins sur. Enfin, elle prie M. de Rochas de lui tenir les mains, l'avertissant quelle va faire apparaître une main sur son épaule droite, à elle Eusapia. Mais tout à coup, de Rochas s'écrie : « Truc ! n En effet, elle a dégagé une de ses mains que de Rochas a rattrappée au vol. Eusapia se lamente, veut recommencer et n'obtient pas de résultat. Il est vrai qu'il est plus de minuit et qu'elle est tout à fait épuisée.
6'' séance. Lundi 28 septembre 1896. — Nous
désirons oljtenir l'empreinte d'une main ou d'un visage dans un bloc de terre à modeler.
Avant la séance, M. Mangin avait placé ce bloc, derrière le rideau, sur le lourd fauteuil de cuir, et on ne s'en était plus occupé.
Vers la fin de la soirée, alors que nous faisons la chaîne, les mains sur la table, nous entendons quelque chose tomber sur cette table. L'obscurité est presque complète. Serait-ce un apport? J'étends la main, et, à tâtons, je trouve un objet de la grosseur d'une noisette. C'est un petit morceau de terre à modeler. Je constate, tout haut, qu'il est tiède. On n'avait pas allumé de feu ce soir-là, mes mains étaient froides, la différence de température était facile à percevoir.
La séance terminée, nous examinons le bloc de terre. Tout au bord, perpendiculairement au dossier de la chaise du médium, nous voyons une trace creusée comme par un doigt. La portion de terre raclée, enlevée, est venue tomber sur la table sous forme d'une espèce de boulette où Ton remarque comme l'empreinte de l'extrémité d'un doigt (j'ai cette boulette chez moi). Aucun de nous n'attache d'importance à ce fait qui n'était pas contrôlable. En effet, dans l'obscurité, alors que la table se levait et que nous étions tous debout dans un désordre momentané, Eusapia aurait pu, de son doigt corporel, imprimer ce sillon dans la terre et cacher la boulette obtenue dans son corsage, près de sa peau, et cela même expliquerait la temféralure de ladite houlette. Toutefois, immédiatement après la tombée de l'objet, M. Dariex avait palpé les doigts du médium et n'y avait point senti de traces de terre à modeler. Et il faut admettre aussi que, puisqu'elle a pu — indéniablement — faire baisser, sans contact, le plateau d'une balance (1), elle a bien pu, sans fraude, produire le dernier phénomène. Et, dans ce cas. la lempératin'e de la boulette serait un fait particulièreme7ït intéressant à tioler. »
Voilà ce que j'écrivais au lendemain de la 0'' séance.
Or, le 15 octobre dernier, en relisant un compte rendu de la séance de l'Ile Roubaud du 4 août 1894, je remarque des apports ou mieux des transports de pièces de o francs. Dans les conditions du contrôle le plus rigoureux exercé par MM. Richet et Ochorowicz, seuls en présence d'Eusapia, une troisième pièce de 5
(1) Au commencv<;meat de cette séance on avait obtenu l'abaissement, à distance, du plateau d'une balance dont le plateau correspondant était chargé d'un poids de 30 grammes.
E.\pi-HiK,\CES d'auteuil. 189G. 3î)3
francs est transportrc de dorrièrc le rideau, et JM. Ocliorowicz écrit : « Cette piène était chaude ».
On pourrait, par ces deux constatations rapprocliées (les températures anormales de la boulette de terre et de la pièce de métal), supposer que le phénomène dont nous avons été témoins n'a pas été plus entaché de fraude que celui de l'île Roubaud ; en tout cas, les expérimentateurs seront avertis d'avoir à constater la température des objets si exlraordinairement apportés. 7° séa7ice. — Impossible d'y assister. Je n'ai pu assister à cette dernière séance, et voilà que disparaît l'occasion rare et difficile à trouver, dans d'aussi bonnes conditions, d'interroger l'Inconnu et d'essayer de voir dans l'Au-delà. Néanmoins, il résulte, pour moi, que nous avons été réellement mis en face d'une Energie aux lois non définies émanant de l'organisme d'Eusapia, d'une force ecténique, tv-v-c^ (extension), comme l'appelait M. Thury ; mais rien ne m'a prouvé la nécessité, pour la production de ces phénomènes, de l'intervention d'Etres invisibles, âmes de morts, élémentals, élémentaires, esprits supérieurs ou inférieurs. Rien, dans ces séances, ne m'a permis de croire, malgré le vif désir que j'en aie, à la présence de ceux qui vécurent avant nous.
Au point de vue psycho-physiologique, je dirai que je n'ai éprouvé aucune fatigue pendant ni après les séances. Aucun des phénomènes, pas même celui de mes doigts, saisis par la main, ne m'a donné la moindre émotion. J'ai constamment gardé tout mon sang-froid, et si j'ai éprouvé un sentiment quelconijue, ce ne fut c{ue celui d'une surprise amusée, d'une joie de voir réussir les expériences.
III. — Expériences de Choisy-Yvrac du 3 au 13 octobre 1896 (1).
A. — Programme des expériences.
A la suite des séances d'Auteuil je partis de Paris, le 1*'" octobre 1896, pour me rendre au château de Choisy- Yvrac, près de Bordeaux, où M. Maxwell nous attendait et où vinrent nous rejoindre, le lendemain, le comte Arnaud de Grainont et le baron Carlos de Watteville.
Les expériences de l'Agnélas nous avaient pleinement convaincus de la réalité des phénomènes de la production de mouvements sans contact : mais la formation de mains fluidiques était une chose si extraordinaire, si en dehors de tout ce que nous connaissions, que notre esprit avait peine à l'admettre et que nous voulions concentrer toute notre attention sur ce point pour nous faire une opinion définitive.
Nous nous proposions en outre de chercher à définir, dans une certaine mesure, la force qui émanait du médium pour agir sur les objets extérieurs et, à cet effet, nous avions apporté une machine électrique de Wimshurst, des aimants, un spectroscope, des tubes de Crookes, une lanterne au magnésium avec verre argenté pour ne laisser passer que les rayons ultra- violets, et quelques appareils enregistreurs.
Enfin nous tenions à savoir comment Eusapia se comporterait sous l'action du magnétisme animal et de
(1) Compte-rendu par le colonel de Rochas.
iîXPKRIKiNCBS DE CUOISV-VVRAC. 180G. 333
l'électricité ; nous espérions, en rextériorisaut par l'un de ces moyens, rendre visible à tous le double que perçoivent seulement les seusitifs quand on agit sur des sujets moins bien doués.
B. — Ei-I-ET DES ACTIONS MAGNÉTIQUES SUR KUSAPIA
La première de nos séances eut lieu le 3 octobre ; en voici les résultats tels qu'ils ont été consignés dans le procès-verbal de nos expériences dont nous ne donnerons ici que quelques extraits pour ne point répéter indéfiniment les mêmes constatations.
1" Eusapia est suggeslible dès qu'on détermine chez elle l'étcit de crédulité. Des actions, même très faibles, déterminent des hallucinations de la vue, de l'ouïe et de l'odorat ; elle présente alors le phénomène ordinaire de l'insensibilité cutanée.
2" Quelques passes sur l'une de ses mains déterminent l'extériorisation de la sensibilité, à 3 ou 4 centimètres de la peau ; mais, lorsque je prolonge les passes et éloigne ma main pour explorer la sensibilité à de plus grandes distances, cette main est suivie par celle d'Eusapia qui est attirée; si on empêche la main d'Eusapia de suivre la mienne, on peut constater l'existence d'une deuxième couche sensible à une dizaine de centimètres de la peau. Ainsi on peut dire que, dans le premier cas, la sensation s'est transformée en mouvement (^1)....
(1) J'ai retrouvé le même phénomène chez la jeune fille qui en 1.S96, produisait des déplacements d'objets à Agen.
J'ai magnétisé Eusapia pour voir comment se forme chez elle le corps fluidique dont j'ai constaté l'extériorisation avec d'autres sujets. Après 2 ou 3 minutes de passes sur la tête et sur le tronc, Eusapia endormie déclare voir apparaître sur sa droite une sorte de fantôme et c'est à l'emplacement de ce fantôme que sa sensibilité est localisée. Pareil fait s'était déjà présenté à l'Agnélas : quand j'avais demandé à Eusapia si ce fantôme était John, elle avait répondu que non, mais que c'était ce dont John se servait, et elle n'avait point voulu laisser continuer la magnétisation. Le môme refus se produisit à Choisy où nous espérions produire une extériorisation assez complète pour que le fantôme fût visible pour tous. Eusapia déclara que la pièce était trop grande, que le fluide s'y perdait et qu'il fallait construire un cabinet dans lequel elle pourrait condenser ce fluide à l'abri de la lumière et des agitations de l'air produites par les assistants. Elle demanda à être réveillée et on leva la séance.
On reconnut, dans les séances suivantes, que quelques passes longitudinales hâtaient très notablement la transe et je me servis souvent de ce moyen pour éviter des pertes de temps.
g. — mouvements sans contact. — lueurs. — effets de l'Électricité
Suivant le désir d'Eusapia, on établit un cabinet avec des rideaux dans une autre pièce beaucoup plus petite et c'est là qu'eurent lieu les cinq autres séances que put
EXPÉRIEiNCBS DE CllOISY-YVRAC 180G.
donner Eusapia jusqu'à lépoquo fixée pour son retour en Italie ( J'oir le croquis ci-dessous).
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