L. Lanterne posée sur une étajrére
M. Place du médium.
O. Porte donnant dans un salon.
P. Porte fermée à clef, donnant <lan8 un vestibule.
Q. Tige de fer à laquelle on accrochait le tambourin.
R. R'. Rideaux.
T. Table d'expériences.
Dès la suivante (4 octobre) nous dûmes constater avec regret que nous ne pouvions diriger les phénomènes, qu'il fallait laisser agir Eusapia comme elle en avait riiabitude, sous peine de nous heurter à ses résistances et de n'obtenir que des effets peu marqués ; ce qui nous aurait été désagréable parce que, malgré nos résolutions et le soin que nous avions pris de nous isoler à la campagne, nous avions été conduits à admettre à quelquesunes de nos séances des personnes fort désireuses d'assister à ces manifestations extraordinaires et que des observations, théoriquement plus importantes, auraient peu intéressées, faute d'une connaissance suffisamment approfondie de la question (1).
(1) On ne doit pas oublier qu'Eusapia n'est point un mécanisme inerte ; c'est un être vivant, pensant, ayant des sympathies et
IÎS8 PREMIÈRE PARTIE
De plus, les phénomènes se produisant à l'improviste et ne se répétant pas à volonté, soit parce que le méJiura était épuisé par une sorte de décharge électrique, soit parce qu'ils obéissaient à une intelligence capricieuse, nous n'eûmes point l'occasion de faire usage de nos instruments.
C'est ainsi qu'à la fin de la première séance Eusapia, non en transe, posa la main à plat sur une table légère, et l'enleva horizontalement jusqu'à une vingtaine de centimètres du sol ; puis la table se détacha de la main, descendit très lentement jusqu'à trois ou quatre centimètres au-dessous de cette main et enfin s'abattit lourdement sur le parquet. Il eût fallu voir, en plaçant le
des antipathies. Pour qu'elle s'abandonne à des expériences qui l'cpuiseut et peuvent devenir dangereuses, il faut qu'elle connaisse les expérimentateurs, qu'elle ait confiance en eux et envie de leur faire plaisir. 11 est bon, en outre, pour qu'elle jouisse de la plénitude de ses facultés, qu'elle continue à mener, pendant la période des séances, une vie indépendante où elle puisse faire de l'exercice et raconter ses petites affaires à des personnes de son niveau social susceptibles de s'y intéresser.
C'est faute de se rendre compte des conditions toutes spéciales nécessitées par ce genre d'études que beaucoup de savants très distingués, dont nous serions heureux d'avoir le concours, se plaignent des difficultés qu'ils éprouvent à vérifier les résultats obtenus par nous.
Il est bon d'ajouter que le prix des voyages d'Ensapia, l'indemnité qu'on lui donne pour abandonner sa famille et son petit commerce à Naples pendant un temps assez long pour lui permettre de reprendre ses forces entre les séances, les frais de déplacement des expérimentateurs se réunissant en petit nombre et s'isolant pour les motifs que nous avons indiqués plus haut, représentent une dépense assez considérable ; aussi la plupart de ceux qui auraient désiré qu'on leur servît un phénomène comme on rougit un papier de tournesol en le trempant dans un acide, ont-ils reculé quand ils ont connu les sacrifices de temps et d'argent auxquels ils devaient se résoudre.
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médium sur uno balaucc. oommeut se modifiait sod poids quand elle soulevait la table, soit en contact direct soit à distance. Mais nous n'avions pas, ce soir-là, de balance.
Le jeudi 8 octobre (4" séance), en présence du général Tliomassiu arrivé la veille pour assister à cette unique séance, Eusapia, non encore entransée. se place debout devant le petit cùté de la table et présente ses poings fermés, les ongles en l'air, à environ quinze centimètres de la table, complètement isolée de sa personne. La table recule en glissant sur le parquet. A ce moment je porte vivement ma main entre la table et les poings d'Eusapia et je pince l'air avec force. Eusapia pousse un cri de douleur et me frappe avec colère en me disant que je lui ai fait mal. Il y avait donc entre elle et l'objet mù un lien invisible qui correspondait avec son cerveau, et la force se décelait à nu, pour ainsi dire, entre son point d'émission et son point d'application. — Si nous avions prévu ce phénomène, qui se produisait pour la première fois, nous aurions pu interposer sur le trajet une plaque photographique pour essayer de l'enregistrer ; malheureusement le médium ne put le répéter.
Le dimanche 4 octobre (2' séance), on plaça au milieu de la table d'expérience une boîte à cigares en bois, dans le couvercle de laquelle on avait découpé une ouverture rectangulaire fermée ensuite par du canevas à gros trous. Dans cette boîte on avait placé une feuille de carton recouverte de noir de fumée et, après avoir bien constaté, tous, que le noir était intact, on avait ficelé et scellé la boîte. Nous espérions obtenir des empreintes de doigts dans des conditions irréprochables. Les deux mains d'Eusapia étant bien tenues, les assistants fixèrent leurs
regards sur la boîte qu'on voyait distinctement. On attendit en vain plusieurs minutes. Eusapia dit que la concentration des regards et de l'attention sur le point où le phénomène devait se produire y déterminait des vibrations qui, comme celles de la lumière, gênaient l'agrégation de fluide (1). On causa alors de choses et d'autres sans cesser de maintenir séparées les deux mains du médium, et, au bout de quelque temps, le rideau placé derrière Eusapia fut projeté sur la table de manière à couvrir la boîte. Après avoir entendu celle-ci glisser à plusieurs reprises nous l'ouvrîmes, mais le noir de fumée était intact. Le mardi 13 octobre, à la 6® séance où se trouvaient trois personnes étrangères au groupe des quatre expérimentateurs permanents, on voulut recommencer l'expérience, mais sans la boîte. M. de Gramont
(1) L'obscurité à laquelle on est presque toujours forcé d'avoir recours dans les séances pour avoir des phénomènes intenses est une des choses qui choquent le plus les personnes étrangères à ce genre d'études. Voici ce que leur répond M. Erny dans le Psychisme expérimental (p. 125) :
« Quant aux lois qui gouvernent ces phénomènes, elles sont aussi ignorées que celles de la vie. On ne connaît qu'un côté du problème, c'est que l'obscurité est nécessaire à la matérialisation, comine à toute chose 2')rena7it vie.
« Le germe ou le grain de blé dans la terre, le poussin dans l'œuf, l'enfant dans le sein do sa mère, chacune de ces formations ne peuA'ent se faire à la lumière.
« De même que la plaque sensible a besoin de la chambre noire du photographe, la forme se matérialisant a besoin de l'obscurité pour se former ; mais, une fois cette condensation terminée, l'image matérialisée peut se montrer à la lumière ou demi lumière comme le cliché après son développement. 11 en est de même pour bien des manipulations chimiques.
« Cependant la forme matérialisée n'étant qu'un simulacre de corps, la lumière la dissout comme le feu fait fondre une statue de cire ou de glace. »
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apporta sur la table deux cartous recouverts de noir de fumée après avoir préalablement reconnu ([u'ils étaient intacts. Il les posa sur un guéridon placé derrière le rideau du cabinet en prenant les plus grandes précautions pour ne point y laisser de traces avec ses doigts. Eusapia, dont je tenais la main droite avec ma main gaucbe, saisit alors ma main droite au poignet avec sa main gauche, me dit d'étendre les doigts et les porta dans la direction dos cartons dont ils restaient éloignés de plus d'un mètre Puis elle me serra le poignet et dit ; « E faiio. » (C'est fait.) M. de Gramont alla reprendre les cartons avec les mêmes précautions et les jDorta au jour où on constata les empreintes de cinq bouts de doigts avec les marques des papilles. Un nouvel essai donna le même résultat — Eh bien ! cette double expérience n'a point ap[)orté dans nos esprits une conviction absolue. Nous étions trop nombreux ; sans mettre en doute la bonne foi d'aucune des personnes présentes, nous nous sommes demandé si un mouvement ({ui nous aurait échappé dans l'obscurité n'aurait pas, par hasard, produit ces traces; et, de nouveau, nous avons reconnu coml)ien il était nécessaire de restreindre le nombre des spectateurs à quatre ou cinq au plus, de telle sorte que chacun pût voir, sentir et vérifier par soi-même. Quand ces conditions ne sont pas remplies, nous ne sommes pas plus crédules que les gens qui ne veulent pas se fier à nos affirmations (1 ).
(1) Il ne s'agit pas, dans des recherches de celle iialure, de savoir si tout, est vrai. M. Ociiorowicz a cxcellerament monlré qu'Eusapia pouvait frauder inconsciemment, soit pour s'éviter la douleur de l'effort, soit même sous l'influence suggestive des spectateurs qui pensent à la fraude. Peu nous chaut du reste de la vertu d'Eusapia, ce qu'il nous importe de constater c'est
C'est avec la même réserve que nous avons accueilli l'empreinte d'un doigt entouré d'un fin tissu, qui, le 11 octobre (ii'' séance), s'est produite sur une couche d'argile plastique renfermée dans un plat posé au milieu de la table, et l'apport d'une fleur qui est venue se placer entre les doigts de ma main qui tenait celle d'Eusapia. — Dans le premier cas. l'argile présentait sur les bords quelques marques de doigts produites quand on avait essayé sa plasticité, et nous avons poussé le scrupule jusqu'à supposer que peut-être il fallait classer parmi ces marques celles que nous croyons bien cependant ne pas y être quand on a apporté le plat sur la table. — Dans le second cas nous n'avions pas fouillé Eusapia avant la séance et, comme sa main tenue par moi s'était déplacée sur la table avant le phénomène, on pouvait supposer qu'elle avait profité de ce mouvement pour saisir la fleur dissimulée par elle, nous ne savons où.
Mais il y a d'autres faits qui ne laissent place à aucun doute.
Le mardi 6 octobre (3" séance), M. de Watteville, placé debout à l'une des extrémités de la table, réclame sa chaise qui, dans le cours d'une expérience précédente, a été placée dans le cabinet derrière Eusapia. Celle-ci, assise, les deux viams tenues séparément sur la table, d'un côté par M. Maxwell, de l'autre par moi, répond : (( La voilà »,et la chaise apparaît sur la tète du médium, dans la fente du rideau, flotte doucement par-dessus la table et va s'offrir à M. de Watteville qui la prend. A la 5'' séance (11 octobre), dans une obscurité à peu près
qu'elle produit quelquefois des phénomènes que noire science actuelle est impuissante à expliquer.
BXPÉBIENCES DE CtlOISY-YVRAC. ISOfi. 0(ili
complèlo, le guéridon, placé derrière le rideau, s'enlève pur-dessus la tète du médium dont on tient les doux mains, et se dirige lentement en Tair, vers M. Brincard lieutenant d'artillerie, qui assiste à cette séance, assis devant le cc»té delà table opposé au médium. M. Brincard, qui craint de recevoir le guéridon sur la tète, veut le prendre pour le poser à terre à côté de lui. 11 le saisit, mais il sent parfaitement qu'il ne le dirige pas et que ce meuble est mû par une force assez intense pour le maintenir en l'air pen-lant une à deux secondes malgré ses
efforts pour le faire descendre.
M , Au cours de la 4- séances nous
avons été témoins des fa'ts suivants dont j'emprunte l'exposé à notre procès-verbal.
Les spectateurs sont disposés ^ ainsi que l'indique le croquis ci- E joint.
MM. le général Thomassin et Maxwell à gauche d'Eusapia, MM. de Gramont et de Rochas à droite, M. de Watteville en face. Eusapia tourne le dos au rideau du cabinet.
« Eusapia annonce qu'elle va toucher le tambourin accroché à un clou sur le mur de fond du cabinet ; elle dégage, à cet effet, sa main droite de l'étreinte du colonel, l'enfonce dans le cabinet par l'ouverture du rideau, touche le tambourin, puis remet sa main dans celle du colonel qui la saisit et la voit. La main gauche continue à être tenue et vue par le général. Au bout de quelques instants, le tambourin apparaît dans l'ouverture des rideaux, flotte au-dessus de la tète d'Eusapia, puis descend lentement en oscillant sur la table. Tout le
monde voit ses mouvements mais on ne voit aucune main le tenant.
« Peu après le tambourin vient se placer sur la tête de M. de Rochas, son cercle de bois posé comme une couronne, et le frappe vigoureusement en cadence avec la peau tendue.
(( Sur la demande du médium on diminue la lumière en tournant la face éclairante de la lanterne vers le mur placé derrière M. de Watteville. — La boîte à musique, placée derrière le rideau sur le guéridon, arrive sur la table devant Eusapia. On y voit assez pour reconnaître la nature de Tobjet ainsi apporté, en s'approcliant de lui ; on demande de la musique et, presque aussitôt, on entend un des airs de la boîte produit par la rotation de la manivelle. La musique dure environ une demi-minute, puis la boîte est portée sous le nez de M. de Rochas et ensuite reposée sur la table.
« Le général Thomassin et le colonel de Rochas sont absolument sûrs d'avoir tenu pendant tout ce temps, l'un la main gauche, l'autre la main droite d'Eusapia. Ces deux mains étaient séparées, mais l'obscurité était trop grande pour les voir distinctement. Personne n'a pu voir non plus ce qui faisait tourner la manivelle...
« Le guéridon exécute de violents mouvements derrière le rideau. M. de Gramont quitte sa place autour de la table et vient se placer debout entre le rideau et Eusapia : il appuie sa main gauche sur l'épaule de celle-ci et constate que ces mouvements coïncident avec des contractions de cette épaule, comme s'ils étaient dus à un troisième bras qui en partirait.
« Eusapia demande la machine électrique u pour se donner de la force » . M. de Watteville rajiporle sur la