‹ L'extériorisation de la motricitéChapitre 48 sur 108 · EXPÉRIENCES DE CHOISY-YVRAC · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES DE CHOISY-YVRAC

table ; M, do (^ramont enroule une des chaînes autour dun pied du guéridon placé derrière le rideau près du général qui prend, de sa main droite, la main gauche d'Eusapia. Le colonel prend l'autre main d'p]usapia avec sa main gauche et l'autre chaîne avec sa main droite. M. de Gramont reste debout entre Eusapia et le rideau.

« La lumière est encore un peu diminuée ; les deux contrôleurs n'aperçoivent i)lus ([ue le profil de la machine se détachant sur le mur opposé qu'éclaire la lanterne.

« Quelques tours mettent la machine en train ; de petites aigrettes l'illuminent sur tout le pourtour des plateaux, et le pied du guéridon frappe cinq ou six fois sur le par([uet avec une violence extrême. On entend en même temps, à deux reprises différentes, des bruits analogues à celui d'une grosse main frappant à plat et avec force sur la tablette supérieure du guéridon, suivant le rythme de la batterie « Aux champs ».

« On cesse l'électrisation sur la demande d'Eusapia, qui veut essayer de produire des empreintes sur l'argile. M Maxwell se lève pour aller la chercher dans la chambre voisine. Au moment où il ouvre la porte, un jet de lumière partant de cette chambre tombe brusquement sur la 'figure d'Eusapia, qui prend une crise de nerfs et appuie sa tète sur le bras de M. de Rochas en sanglotant.

« Elle se calme et demande un peu plus de lumière...

« On entend le guéridon qui essaie de se soulever et M. de Gramont, qui a la main sur l'épaule d'Eusapia, sent les mouvements synchrones de cette épaule. Bientôt le guéridon apparaît sur la tète du médium et se dirige seul, d'un mouvement lent, vers la table.

M. de Gramont le saisit au vol pour l'empêcher de tomber sur la machine électrique qu'on emporte de peur d'accident.

« Eusapia toujours en transe, se lève ; elle dégage ses mains, va au fond du cabinet et frotte vigoureusement le mur avec ses doigts ; on entend le bruit caractéristique de ces frictions. Elle revient se rassied, donne de nouveau ses mains aux contrôleurs, puis elle contracte les épaules; on entend alors la reproduction du bruit des frictions sur le mur...

« Peu après, la table s'él-ève lentement en restant horizontale. Eusapia elles assistants se dressent poursuivre son mouvement. La table s'arrête à la hauteur de leur menton, puis s'abat lourdement. Pendant toute la durée du phénomène, les deux mains d'Eusapia étaient tenues sur la table par le général et le colonel, qui contrôlaient également avec leurs pieds et leurs jambes la la position de ses pieds et de ses jambes. »

.le ne crois pas nécessaire de donner d'autres exemples de ces mouvements à distance qui se sont reproduits, avec des variantes, plusieurs fois pendant les six séances que nous avons eues avec Eusapia. Mais je relèverai ici quelquespoints qui me paraissent utiles à noter pour apporter un peu de clarté dans cet ordre de phénomènes.

D'abord on voit, à Choisy commeàFAgnélas, Eusapia aller souvent toucher l'objet qu'elle veut déplacer, comme pour établir entre elle et lui un lien invisible. — Instruite par l'expérience, elle prévient maintenant toujours de ce qu'elle va faire, mais on comprend que, pour des observateurs novices, ce geste ait pu passer pour une tentative de tromperie.

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On pourrait ('izalomont prendre pour une précaution destinée ù faciliter un escamotage la recommandation quelle fait de ne point fixer trop assidûment le point où doit s'opérer le phénomène. Cependant, rien ne prouve que son observation sur l'action désagrégeante de l'attention et des regards ne soit pas fondée. Presque partout, les médiums demandent (lu'on cause tranquillement ou qu'on fasse de la musique pour faciliter les créations fluidi({ues.

La crise de nerfs d'Eusapia n'était certes pas simulée ; ollc souffrait réellement beaucoup ; et cette souffrance vient confirmer ce que nous savons de l'action désorganisatrice de la lumière.

On a vu, par ce qui précède, que l'électricité semblait augmenter les forces du médium et nous en avons eu deux autres exemples dont le plus intéressant est celui de la cinquième séance (11 octobre) dont on trouvera le récit plus loin (p. 372).

Notons encore que nous n'avons jamais vu s'illuminer les tubes de Geissler que nous avions suspendus au mur de fond du cabinet et que nous avions vérifié avec soin l'absence de toute substance phosphorescente pouvant servir au médium pour produire des lueurs.

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