III. — Les séances de Montfort L'Amaury 25 — 28 juillet
Pendant son séjour à Paris Eusapia voulut aller revoir à Montfort L'Amaury où elle était en villégiature, la famille Blech qui l'avait si bien reçue l'année précédente à Tremezzo. Elle y passa 3 jours, du 2o au 28 juillet, pendant lesquels on obtint des phénomènes fort intéressants, qui ont été décrits en détail par M. G. de Fontenay dans un excellent livre intitulé : A propos d' Eusapia Paladi?io (1) auquel nous empruntons les clichés ci-joints qui ont été obtenus par lui-même.
La séance la plus remarquable eût lieu le 27 juillet, en plein jour, et nous en reproduisons ici la relation, qu'en a publiée Flammarion dans les Aimales politiques et littéraires, de préférence à celle de M. de Fontenay que chacun pourra facilement trouver dans son ouvrage.
Eusapia Paladino m'est présentée. C'est une femme d'aspect fort ordinaire, brune, de taille un peu au-dessous de la moyenne, âgée d'une quarantaine d'années, pas névrosée du tout, plutôt un peu lourde de chair. Elle habite Naples, tient un petit négoce, est illettrée, ne sait ni lire ni écrire, comprend à peine le français. Je cause avec elle et ne tarde pas à m'apercevoir qu'elle n'a pas d'opinion et ne se charge pas d'expliquer les phénomènes produits sous son influence.
Le salon dans lequel nous allons expérimenter est une pièce au rez-de-chaussée, rectangulaire, mesurant 6",8S de long sur 6 mètres de large ; 4 fenêtres, une porte d'entrée sur le dehors et une autre sur le vestibule.
Avant la séance, je m'assure que la grande porte et les
(1) Paris, Société d'éditions scientifiques, 4 rue Antoine Dubois, 1898, in 8» de 280 pages.